En attendant Godot
Un virage à peine amorcé au sommet d'une colline, la pente douce d'une route qui redescend lentement vers nous : juste ce qu'il faut pour esquisser une ligne d'horizon. Au fond, un ciel d'hiver. Une silhouette squelettique y dresse ses deux bras noirs - ni croix ni gibet, ni mort ni vivant, ce n'est qu'un arbre. Cette lande, âpre, vide et poignante dans son insistante simplicité, suffit à composer depuis 1953 l'un des décors les plus célèbres de l'histoire du théâtre. C'est là, dans la désolation de ce paysage mental ouvert à une attente sans fin et sans objet, que s'est tracée pour l'art et la conscience de notre siècle comme une ligne de partage des eaux. Luc Bondy a demandé à Gilles Aillaud, peintre et scénographe, de lui imprimer sa marque. Puis il a invité quatre acteurs d'exception à incarner ensemble la première pièce qu'écrivait, il y a tout juste cinquante ans, un auteur encore à peu près inconnu. François Chattot, Gérard Desarthe, Serge Merlin et Roger Jendly rendent à la voix de Beckett, sans rien perdre de son humour sec ou baroque, l'éclat de sa tendresse désespérée.

à lire...

J. Knowlson : Beckett, Arles, Solin / Actes Sud, 1999.
L. Janvier : Beckett par lui-même, Paris, Le Seuil, 1969.
A. Bernold : L'amitié de Beckett. 1979-1989, Paris, Hermann, 1992.

Théâtre de l'Odéon

France

Théâtre de l'Odéon

September 16 1999 to October 24 1999

En attendant Godot

Beckett Samuel

Bondy Luc

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  • En attendant Godot | © D.R.
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  • En attendant Godot | © Laurence Mullenders DR
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Pièces jointes

Un virage à peine amorcé au sommet d'une colline, la pente douce d'une route qui redescend lentement vers nous : juste ce qu'il faut pour esquisser une ligne d'horizon. Au fond, un ciel d'hiver. Une silhouette squelettique y dresse ses deux bras noirs - ni croix ni gibet, ni mort ni vivant, ce n'est qu'un arbre. Cette lande, âpre, vide et poignante dans son insistante simplicité, suffit à composer depuis 1953 l'un des décors les plus célèbres de l'histoire du théâtre. C'est là, dans la désolation de ce paysage mental ouvert à une attente sans fin et sans objet, que s'est tracée pour l'art et la conscience de notre siècle comme une ligne de partage des eaux. Luc Bondy a demandé à Gilles Aillaud, peintre et scénographe, de lui imprimer sa marque. Puis il a invité quatre acteurs d'exception à incarner ensemble la première pièce qu'écrivait, il y a tout juste cinquante ans, un auteur encore à peu près inconnu. François Chattot, Gérard Desarthe, Serge Merlin et Roger Jendly rendent à la voix de Beckett, sans rien perdre de son humour sec ou baroque, l'éclat de sa tendresse désespérée.

à lire...

J. Knowlson : Beckett, Arles, Solin / Actes Sud, 1999.
L. Janvier : Beckett par lui-même, Paris, Le Seuil, 1969.
A. Bernold : L'amitié de Beckett. 1979-1989, Paris, Hermann, 1992.

Autour du spectacle

Pièces jointes

Credits

de Samuel Beckett / mise en scène Luc Bondy

décor : Gilles Aillaud
costumes : Marianne Glittenberg
collaboration artistique : Geoffrey Layton
lumière : Alexander Koppelmann
son : Philippe Cachia
remerciements à Lucinda Childs

avec François Chattot, Gérard Desarthe,
Roger Jendly, Serge Merlin et Xavier Loira

coproduction : Théâtre Vidy-Lausanne E.T.E., Weimar 1999-Kulturstadt,
Europas GmbH, Wiener Festwochen
réalisation : Odéon-Théâtre de l'Europe
spectacle créé le 18 mars 1999 à Lausanne

Director

Luc Bondy Luc

Né à Zurich en 1948, le metteur en scène Luc Bondy a passé une partie de son enfance en France. Pendant ses études de théâtre à l'école Jacques Lecoq, il fait ses débuts au Théâtre Universitaire International de Paris en montant avec succès une nouvelle de Gombrowicz.
En 1969 il devient assistant au Thalia Theater de Hambourg.
A partir de 1971 il met en scène plusieurs pièces importantes : Les Bonnes de Genet à Hambourg, Les Chaises de Ionesco à Nuremberg, Comme il vous plaira de Shakespeare, Stella de Goethe. En 1972 sa mise en scène de The Sea de Edward Bond est distinguée par la critique et invitée au festival de Berlin. De 1974 à 1976 il travaille à la Städtische Bühne de Francfort puis il réalise plusieurs mises en scène à la Schaubühne de Berlin, dirigée par Peter Stein.
En 1984 Patrice Chéreau l'invite à réaliser sa première mise en scène en France avec Terre Etrangère de Schnitzler au Théâtre des Amandiers à Nanterre. Pour ce spectacle il obtient le Grand Trophée du théâtre de l'association des critiques allemands. En 1985 il succède à Peter Stein à la direction artistique de la Schaubühne à Berlin.
Parmi ses nombreuses mises en scène, il convient de citer Le Temps et la chambre de Botho Strauss (Berlin 1989), John Gabriel Borkman d’Ibsen (Lausanne et Vienne 1993), En attendant Godot de Beckett (Lausanne et Vienne 1999), La Mouette de Tchekhov (Vienne 2000), Drei Mal Leben de Yasmina Reza (Vienne 2000), Auf dem Land de Martin Crimp (Zurich et Berlin 2001), Unerwartete Rückkehr de Botho Strauss (Berlin 2002), Anatol de Schnitzler (Vienne 2002), Une pièce espagnole de Yasmina Reza (Paris 2004), Cruel and Tender de Martin Crimp (Vienne et Londres 2004), Die eine und die andere de Botho Strauss (Berlin 2005), La Seconde surprise de l'amour de Marivaux (théâtre Vidy-Lausanne 2007 et théâtre Nanterre-Amandiers 2008).

Dans le domaine de l'opéra, il a réalisé de nombreux spectacles : Lulu (1978), Wozzeck (1981), Cosí fan tutte (1984), Le Couronnement de Poppée (1989), Reigen de Philippe Boesmans (1993), dont il signe le livret, Don Giovanni (1990), Salomé (1992), Les Noces de Figaro (1995), Don Carlos (1996). En 2009, il met en scène Yvonne, princesse de Bourgogne de philippe Boesmans d'après Gombrowicz.

En 1988 son film Terre étrangère est présenté au festival de Cannes dans la sélection « Un certain regard ».
En 2004 son film Ne fais pas ça, avec Nicole Garcia, sort au cinéma.

Il a publié La Fête de l'instant (1996) chez Actes Sud, Dites-moi qui je suis pour vous (1999) chez Grasset, Mes Dibbouks (2006) et À ma fenêtre (2009) chez Bourgois.

Luc Bondy dirige depuis 2001 le festival de Vienne (Wiener Festwochen).
En décembre 2009 il a reçu à Paris le prix de la Fondation culturelle Cythère de Düsseldorf, qui récompense des personnalités engagées dans les échanges culturels entre l'Allemagne et les pays de langue romane.

A l'Odéon-Théâtre de l'Europe il présente :
- John Gabriel Borkman
de Ibsen en 1993
- Phèdre de Racine en 1998
- En attendant Godot de Beckett en 1999
- Die Möwe / La Mouette de Tchekov en 2002
- Viol de Botho Strauss d'après le Titus Andronicus de William Shakespeare, créé aux Ateliers Berthier en 2005.

Author

Samuel Beckett Samuel

(1906-1989)

D'origine irlandaise, Samuel Beckett a rapidement opté pour la France, où il séjourne comme lecteur à l'Ecole Normale Supérieure, de 1928 à 1930, et où il s'installe définitivement en 1937, engagé comme secrétaire par James Joyce.

Il écrit son premier roman, Murphy, en 1935, en anglais. Par la suite, il écrira la majeure partie de son oeuvre en français, choisissant ainsi volontairement de travailler avec et sur une langue qui n'est pas la sienne. Beckett est bien plus connu pour ses pièces de théâtre que pour ses romans, pourtant souvent plus travaillés et inventifs que son théâtre.

En attendant Godot (1953, créé par Roger Blin) met en scène l'attente et la dépossession des corps immobilisés par le temps et l'espace. Dans Oh les beaux jours! (1961) le personnage qu'incarnera si magnifiquement Madeleine Renaud a le corps à demi enterré au début de la pièce, et qui s'enfonce lentement au gré de la perte de sa mémoire.
Les héros du théâtre de Beckett sont dépossédés de l'action, de la mobilité, et même de leur corps. Il ne leur reste que la parole. La forme théâtrale est réduite à son extrème expression.
Cette fois (1974) manipule le temps : des voix " off " font entendre la voix du personnage à trois époques différentes de sa vie.

Beckett s'intéresse aussi à un théâtre qui n'est que parole : le théâtre radiophonique. En 1970 il écrit Souffle, pièce pour souffle et lumière.
Beckett s'est aussi essayé au cinéma, à la télévision, explorant là aussi les rapports et tensions entre la narration et l'incarnation.
Beckett a souvent monté lui-même ses oeuvres (ex : Fin de partie au Schiller Theater de Berlin en 1961), montrant ses préoccupations d'espace, de lumière, d'une physique de la scène plus que d'une métaphysique, terme dont on a fréquemment qualifié son oeuvre.

Représentations à l'Odéon :
- Oh ! Les beaux jours dans une mise en scène de Roger Blin (1963-64 ; 1964-65 ; 1967-68)
- En attendant Godot dans une mise en scène de Roger Blin (1977-78 ; 1980-81)
- Compagnie mis en scène par Joël Jouanneau (1994-95)
- En attendant Godot mis en scène par Luc Bondy dans la Grande salle de l'Odéon (1999-2000)
- Fragments de théâtre I & II dans une mise en scène d'Annie Perret au Petit Odéon (2001-2002)
- Lecture de Le Dépeupleur par Serge Merlin aux Ateliers Berthier (2003-2004)
- Oh ! Les beaux jours dans une mise en scène d'Arthur Nauzyciel aux Ateliers Berthier (2003-2004)

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