Die schönen Tage von Aranjuez

in German, with overhead French titles

scenography Amina Handke
costumes Eva Desseker
lights Dominique Bruguière
sound David Müllner
dramaturgy Klaus Missbach

with Dörte Lyssewski, Jens Harzer

production Wiener Festwochen et Burgtheater (Vienne).


A man and a woman are sitting nestled amongst the murmuring cacophony of nature. It is as if at first, they had to remain silent in order to become one with the elements of the landscape around them. Moving, animated like the wind, spangled with cries from the four corners of the sky, this silence is like a connect-the-dots bridge, “from one time to another” – this time, which is so free and which is one of the musical keystones of the play. Lost time or time regained, the time it is, all intertwine with historical time (it is in Aranjuez that Schiller sets the story of Don Carlos). Under the lighthearted surface of vacation time, the depths of a truce or perhaps a solemn feast, is dug: chronology and meteorology, memory and sensations, are like pulsations that slowly meld together and beat in one, fundamental rhythm, together, in unison, until the last words are spoken, just before the darkness: “O, who knows what lurks in the depths of time.”

créé au Wiener Festwochen le 15 mai 2012.
à lire Les Beaux Jours d'Aranjuez de Peter Handke, version originale française de l'auteur, Le Bruit du temps, 2012.

Odéon 6e

Place de l'Odéon Paris 75006 France

Odéon 6e

12 september – 15 september 2012 / Length 1:45

Die schönen Tage von Aranjuez
The Beautiful Days of Aranjuez

by Peter Handke

directed by Bondy Luc

with Dörte Lyssewski, Jens Harzer

in German, with overhead French titles

Length 1:45

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Odéon 6e
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6€ up to 34€
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in German, with overhead French titles

scenography Amina Handke
costumes Eva Desseker
lights Dominique Bruguière
sound David Müllner
dramaturgy Klaus Missbach

with Dörte Lyssewski, Jens Harzer

production Wiener Festwochen et Burgtheater (Vienne).

A man and a woman are sitting nestled amongst the murmuring cacophony of nature. It is as if at first, they had to remain silent in order to become one with the elements of the landscape around them. Moving, animated like the wind, spangled with cries from the four corners of the sky, this silence is like a connect-the-dots bridge, “from one time to another” – this time, which is so free and which is one of the musical keystones of the play. Lost time or time regained, the time it is, all intertwine with historical time (it is in Aranjuez that Schiller sets the story of Don Carlos). Under the lighthearted surface of vacation time, the depths of a truce or perhaps a solemn feast, is dug: chronology and meteorology, memory and sensations, are like pulsations that slowly meld together and beat in one, fundamental rhythm, together, in unison, until the last words are spoken, just before the darkness: “O, who knows what lurks in the depths of time.”

créé au Wiener Festwochen le 15 mai 2012.
à lire Les Beaux Jours d'Aranjuez de Peter Handke, version originale française de l'auteur, Le Bruit du temps, 2012.

Director

Luc Bondy Luc

Né à Zurich en 1948, le metteur en scène Luc Bondy a passé une partie de son enfance en France. Pendant ses études de théâtre à l'école Jacques Lecoq, il fait ses débuts au Théâtre Universitaire International de Paris en montant avec succès une nouvelle de Gombrowicz.
En 1969 il devient assistant au Thalia Theater de Hambourg.
A partir de 1971 il met en scène plusieurs pièces importantes : Les Bonnes de Genet à Hambourg, Les Chaises de Ionesco à Nuremberg, Comme il vous plaira de Shakespeare, Stella de Goethe. En 1972 sa mise en scène de The Sea de Edward Bond est distinguée par la critique et invitée au festival de Berlin. De 1974 à 1976 il travaille à la Städtische Bühne de Francfort puis il réalise plusieurs mises en scène à la Schaubühne de Berlin, dirigée par Peter Stein.
En 1984 Patrice Chéreau l'invite à réaliser sa première mise en scène en France avec Terre Etrangère de Schnitzler au Théâtre des Amandiers à Nanterre. Pour ce spectacle il obtient le Grand Trophée du théâtre de l'association des critiques allemands. En 1985 il succède à Peter Stein à la direction artistique de la Schaubühne à Berlin.
Parmi ses nombreuses mises en scène, il convient de citer Le Temps et la chambre de Botho Strauss (Berlin 1989), John Gabriel Borkman d’Ibsen (Lausanne et Vienne 1993), En attendant Godot de Beckett (Lausanne et Vienne 1999), La Mouette de Tchekhov (Vienne 2000), Drei Mal Leben de Yasmina Reza (Vienne 2000), Auf dem Land de Martin Crimp (Zurich et Berlin 2001), Unerwartete Rückkehr de Botho Strauss (Berlin 2002), Anatol de Schnitzler (Vienne 2002), Une pièce espagnole de Yasmina Reza (Paris 2004), Cruel and Tender de Martin Crimp (Vienne et Londres 2004), Die eine und die andere de Botho Strauss (Berlin 2005), La Seconde surprise de l'amour de Marivaux (théâtre Vidy-Lausanne 2007 et théâtre Nanterre-Amandiers 2008).

Dans le domaine de l'opéra, il a réalisé de nombreux spectacles : Lulu (1978), Wozzeck (1981), Cosí fan tutte (1984), Le Couronnement de Poppée (1989), Reigen de Philippe Boesmans (1993), dont il signe le livret, Don Giovanni (1990), Salomé (1992), Les Noces de Figaro (1995), Don Carlos (1996). En 2009, il met en scène Yvonne, princesse de Bourgogne de philippe Boesmans d'après Gombrowicz.

En 1988 son film Terre étrangère est présenté au festival de Cannes dans la sélection « Un certain regard ».
En 2004 son film Ne fais pas ça, avec Nicole Garcia, sort au cinéma.

Il a publié La Fête de l'instant (1996) chez Actes Sud, Dites-moi qui je suis pour vous (1999) chez Grasset, Mes Dibbouks (2006) et À ma fenêtre (2009) chez Bourgois.

Luc Bondy dirige depuis 2001 le festival de Vienne (Wiener Festwochen).
En décembre 2009 il a reçu à Paris le prix de la Fondation culturelle Cythère de Düsseldorf, qui récompense des personnalités engagées dans les échanges culturels entre l'Allemagne et les pays de langue romane.

A l'Odéon-Théâtre de l'Europe il présente :
- John Gabriel Borkman
de Ibsen en 1993
- Phèdre de Racine en 1998
- En attendant Godot de Beckett en 1999
- Die Möwe / La Mouette de Tchekov en 2002
- Viol de Botho Strauss d'après le Titus Andronicus de William Shakespeare, créé aux Ateliers Berthier en 2005.

Excerpt

Ist es überhaupt eine Geschichte ?

DER MANN – Es war ein Falke. Die Bussarde und die Milane kreisen hoch über den Bäumen. Es sind die Falken, die durch die Wälder schießen wie Pfeile, einmal oben zwischen den Kronen, einmal unten zwischen den Stämmen. Nicht bloß einmal bin ich auf einen toten Falken gestoßen, der in einen Baum geknallt war. Ein kranker? Zu alt? Zu jung? – Deine erste Nacht mit einem Mann?

DIE FRAU – Es war keine Nacht. Und er, das war kein Mann. Und ich, ich bin keine Frau geworden. Und doch war’s ein Liebesakt. Er oder es ist über mich gekommen, und ich habe mich ihm hingegeben, ganz und gar, mit mehr als bloß Haut und Haar. Es war das Einswerden zweier Körper, und was für eines!

DER MANN – Erzähl.

DIE FRAU – Ich habe oft solch eine Lust, zu erzählen, vor allem diese Erfahrung – diese  Geschichte. Aber sowie ich bedrängt werde mit »Erzähl!« : Vorbei der Schwung.

DER MANN – Heute ist das was anderes. Heute ist ein anderer Tag. Es ist Sommer, wie vielleicht noch nie einer. Vielleicht der letzte Sommer überhaupt. Und außerdem bedränge ich dich nicht.

DIE FRAU – Ja, es ist Sommer, vielleicht der letzte hier. Und es war auch Sommer, damals an meinem ersten Liebestag, der mit keiner der späteren Liebesnächte sich vergleichen läßt. Ein Obstgarten. Hühnerdreck, grau, weiß, gesprenkelt, im frischgemähten Gras.

DER MANN – Eine hölzerne Leiter in einem Apfelbaum.

DIE FRAU – Erraten.

DER MANN –Und du hattest gerade deine achtzehn Jahre gefeiert.

DIE FRAU – Danebengeraten, einerseits. Ich war noch ein Kind, kaum zehn. Andrerseits: richtig geraten: Es war mein Geburtstag. – Oder irre ich mich, und es war nur ein Sonntag? Irgendein Sonntag im Sommer? Sicher ist: Ich war festtäglich gekleidet, weiß, ein langes weißes Kleid, weiße Socken, weiße Schuhe, mit flachen Absätzen. – Ich habe diese Geschichte noch niemandem erzählt, nicht einmal mir selber. – Ist es überhaupt eine Geschichte?

DER MANN – Erzähl. Wir werden sehen.

DIE FRAU – Es war Nachmittag. Ich auf einer Schaukel irgendwo tief in dem Obstgarten. Ein Apfel-, kein Kirschgarten, keine roten Flecken auf meinem Kleid, nicht vorher, und nicht danach. Keinerlei Erinnerung von Leuten um mich herum. Gleichwohl die spürbare Gegenwart der Meinigen, Mutter, Vater, Brüder, Schwestern. Und ich dort auf der Schaukel, mit einem immer größeren Schwung – wieder »Schwung« –, freier und freier von der Gegenwart der Meinen, für eine andere Gegenwart.

DER MANN – Nicht so schnell. – Schau doch. Was für ein Weiß, die Blütenblätter der Sommerwinden. Wie sie flattern und flittern im Wind. Und wie tief dunkel die Kelche sind.

Die schönen Tage von Aranjuez, Suhrkamp, 2012, pp. 8-11

Est-ce une histoire ?

L’HOMME – C’était un faucon. Les buses et les milans tournoient au-dessus des arbres. Ce sont les faucons qui traversent la forêt, tantôt les feuillages en haut, tantôt les troncs en bas, comme des flèches. Plus d’une fois j’ai trouvé un faucon mort qui est entré en collision avec un arbre. Etait-il malade ? Trop vieux ? Trop jeune ? – Ta première nuit avec un homme ?

LA FEMME – Ce n’était pas une nuit. Et lui, il n’était pas un homme. Et moi, je ne suis pas devenue une femme. Mais c’était quand même un acte d’amour, j’ai fait l’amour avec lui, et il a fait l’amour avec moi. C’était l’union physique, corporelle, physique. – C’était l’union de deux corps en un, et quelle union !

L’HOMME – Raconte.

LA FEMME – J’ai souvent envie de raconter, surtout cette expérience-là. Mais dès qu’on me demande : Raconte ! – élan coupé.

L’HOMME – Aujourd’hui, c’est différent. Aujourd’hui est un autre jour. C’est l’été, comme jamais. Peut-être le dernier après tout. Et ce n’était pas une demande.

LA FEMME – Oui, c’est l’été, comme pour la dernière fois ici. Et c’était un été aussi, ce jour-là. Non pas ma première nuit – mon premier jour d’amour. Un verger. Crottes des poulets, grises, blanches, dans l’herbe fraîchement coupée.

L’HOMME – Une échelle de bois dans un pommier.

LA FEMME – Devine.

L’HOMME – Et tu venais de fêter tes dix-huit ans.

LA FEMME – Mal deviné. D’une part j’étais encore enfant. J’avais juste dix ans. Mais bien deviné, d’autre part : c’était le jour de mon anniversaire. – Ou je me trompe, et c’était seulement un dimanche ? N’importe quel dimanche d’été ? Ce qui est sûr : j’étais habillée en vêtements de fête, clairs, une longue robe blanche, des chaussettes blanches, même des chaussures blanches, sans talon. – Je n’ai raconté l’histoire à personne, et même pas à moi seule. – Est-ce une histoire ?

L’HOMME – Raconte. On verra bien.

LA FEMME – C’était l’après-midi. Moi sur une balançoire quelque part dans le verger. Oui, une pommeraie, pas une cerisaie, pas de taches rouges sur ma robe, ni avant, ni après. Aucun souvenir des gens près de moi. Quand même la présence invisible des miens, mère, père, frères, soeurs. Et moi, sur cette balançoire, avec des élans – encore “élan” – de plus en plus libre, de plus en plus libérée de la présence des miens pour une autre présence.

L’HOMME – Pas si vite. Regarde. Quel blanc, les pétales des fleurs de liseron. Comme elles ondulent en flottant au vent. Et comme la corolle est d’un sombre profond.

Extrait de Les Beaux jours d’Aranjuez, Le Bruit du Temps, 2012, pp. 13-17