Tartuffe
Un goût d'apocalypse joyeuse

« Le style du suisse allemand Luc Bondy, c'est l'élégance mélancolique, la légèreté tragique, la profondeur romanesque désenchantée : on ne sait quel parfum viennois d'entre les deux guerres, un goût d'apocalypse joyeuse façon Schnitzler mâtiné de Freud. Il aime raconter des histoires avec des comédiens, faire théâtre avec des présences et des corps qu'il resculpte selon les intrigues. Ce n'est pas un théoricien, mais un charnel qui fait goûter la force de l'instant scénique, le métamorphose en espèce de fête. En costumes modernes, dans un appartement digne des meilleures revues de design, le Tartuffe de Luc Bondy devient le portrait d'une grande famille bourgeoise d'aujourd'hui, suffisamment déglinguée et tourmentée pour que puisse s'y immiscer un aventurier arriviste, éperdument amoureux de la maîtresse de maison et deuxième épouse d'Orgon, qui boit trop de whisky, prend trop de cachets....
À coup de détails visuels, Bondy épaissit le mystère du récit, devenu saga bunuellienne sur la famille et la bourgeoisie.»
Fabienne Pascaud / Télérama, avril 2014

La fervente dévotion de Tartuffe au texte

«De lourds rideaux de velours ouvrent et ferment les grands dégagements de cet espace élégant. De beaux sièges, des tables, des chaises. Un crucifix, une vierge de céramique dans sa niche. On est dans la demeure bourgeoise et cossue sans ostentation d'Orgon. La scénographie forte et harmonieuse de Richard Peduzzi installe immédiatement une atmosphère et correspond parfaitement à l'esprit de Tartuffe. (…)
On ne joue que le texte, strictement le texte de cette pièce puissante et grave. Et c'est au texte que s'en tient d'abord scrupuleusement Luc Bondy. Mais que d'imagination dans les gestes, les humeurs, les mouvements ! (…)
Tout sonne juste, tout est juste. Les interprètes redonnent aux répliques toute leur pertinence. C'est un homme de plateau qui a écrit Le Tartuffe ou l'imposteur. Chaque mot correspond à une action, chaque action est naturelle. On en oublierait les vers et les rimes pourtant suivis avec rigueur. Jamais, et pourtant on en a vu, des Tartuffe, jamais le sentiment de la réalité, de la vérité n'avait été aussi saisissant.»
Armelle Héliot / Le Figaro, mars 2014

Luc Bondy électrise l’Odéon

«Luc Bondy électrise l'Odéon dans sa version glacée/enfiévrée d'un classique de la littérature française. Son Tartuffe s'inscrit avec une justesse confondante dans notre société minée par le pouvoir trompeur des postures et de la parole. L'aspect artificiel des sentiments orchestrés par Tartuffe trouve un écho pertinent dans la scénographie inhospitalière de Richard Peduzzi. Micha Lescot s'impose avec une classe machiavélique dans le rôle titre.»
Thomas Ngo-Hong / hierautheatre blog, mars 2014

 

Berthier 17e

France

Berthier 17e

28 january – 25 march 2016 / Length 1h55

Tartuffe

by Molière

directed by Luc Bondy

with Christiane Cohendy, Victoire Du Bois, Audrey Fleurot, Laurent Grévill, Nathalie Kousnetzoff, Samuel Labarthe, Yannik Landrein, Micha Lescot, Sylvain Levitte, Yasmine Nadifi, Chantal Neuwirth, Fred Ulysse, Pierre Yvon

Length 1h55

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Berthier 17e
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de 8€ à €
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Ouverture à la location le 5 janvier 2016.

  • Tartuffe | photo de répétition, janvier 2016 © Thierry Depagne
    photo de répétition, janvier 2016 © Thierry Depagne
  • Tartuffe | photo de répétition, janvier 2016 © Thierry Depagne
    photo de répétition, janvier 2016 © Thierry Depagne
  • Tartuffe | photo de répétition, janvier 2016 © Thierry Depagne
    photo de répétition, janvier 2016 © Thierry Depagne
  • Tartuffe | photo de répétition, janvier 2016 © Thierry Depagne
    photo de répétition, janvier 2016 © Thierry Depagne
  • Tartuffe | Yasmine Nadifi, Micha Lescot, photo de répétition, 2014 © Thierry Depagne
    Yasmine Nadifi, Micha Lescot, photo de répétition, 2014 © Thierry Depagne
  • Tartuffe | photo de répétition, janvier 2016 © Thierry Depagne
    photo de répétition, janvier 2016 © Thierry Depagne
  • Tartuffe | Victoire Du Bois, Yannik Landrein, photo de répétition, 2014 © Thierry Depagne
    Victoire Du Bois, Yannik Landrein, photo de répétition, 2014 © Thierry Depagne
Pièces jointes
Un goût d'apocalypse joyeuse

« Le style du suisse allemand Luc Bondy, c'est l'élégance mélancolique, la légèreté tragique, la profondeur romanesque désenchantée : on ne sait quel parfum viennois d'entre les deux guerres, un goût d'apocalypse joyeuse façon Schnitzler mâtiné de Freud. Il aime raconter des histoires avec des comédiens, faire théâtre avec des présences et des corps qu'il resculpte selon les intrigues. Ce n'est pas un théoricien, mais un charnel qui fait goûter la force de l'instant scénique, le métamorphose en espèce de fête. En costumes modernes, dans un appartement digne des meilleures revues de design, le Tartuffe de Luc Bondy devient le portrait d'une grande famille bourgeoise d'aujourd'hui, suffisamment déglinguée et tourmentée pour que puisse s'y immiscer un aventurier arriviste, éperdument amoureux de la maîtresse de maison et deuxième épouse d'Orgon, qui boit trop de whisky, prend trop de cachets....
À coup de détails visuels, Bondy épaissit le mystère du récit, devenu saga bunuellienne sur la famille et la bourgeoisie.»
Fabienne Pascaud / Télérama, avril 2014

La fervente dévotion de Tartuffe au texte

«De lourds rideaux de velours ouvrent et ferment les grands dégagements de cet espace élégant. De beaux sièges, des tables, des chaises. Un crucifix, une vierge de céramique dans sa niche. On est dans la demeure bourgeoise et cossue sans ostentation d'Orgon. La scénographie forte et harmonieuse de Richard Peduzzi installe immédiatement une atmosphère et correspond parfaitement à l'esprit de Tartuffe. (…)
On ne joue que le texte, strictement le texte de cette pièce puissante et grave. Et c'est au texte que s'en tient d'abord scrupuleusement Luc Bondy. Mais que d'imagination dans les gestes, les humeurs, les mouvements ! (…)
Tout sonne juste, tout est juste. Les interprètes redonnent aux répliques toute leur pertinence. C'est un homme de plateau qui a écrit Le Tartuffe ou l'imposteur. Chaque mot correspond à une action, chaque action est naturelle. On en oublierait les vers et les rimes pourtant suivis avec rigueur. Jamais, et pourtant on en a vu, des Tartuffe, jamais le sentiment de la réalité, de la vérité n'avait été aussi saisissant.»
Armelle Héliot / Le Figaro, mars 2014

Luc Bondy électrise l’Odéon

«Luc Bondy électrise l'Odéon dans sa version glacée/enfiévrée d'un classique de la littérature française. Son Tartuffe s'inscrit avec une justesse confondante dans notre société minée par le pouvoir trompeur des postures et de la parole. L'aspect artificiel des sentiments orchestrés par Tartuffe trouve un écho pertinent dans la scénographie inhospitalière de Richard Peduzzi. Micha Lescot s'impose avec une classe machiavélique dans le rôle titre.»
Thomas Ngo-Hong / hierautheatre blog, mars 2014

 

Autour du spectacle

Pièces jointes

Credits

décor Richard Peduzzi
costumes Eva Dessecker
lumière Dominique Bruguière
maquillages/coiffures Cécile Kretschmar

 

production Odéon-Théâtre de l'Europe


 avec le soutien du Cercle de l'Odéon

 

Director

Luc Bondy

Né en 1948 à Zurich, il entame dès la fin des années 1960 une carrière de metteur en scène qui l’amène à signer plus de soixante-dix spectacles, d’abord à travers toute l’Allemagne puis dans le monde entier.

Luc Bondy, qui a entre autres succédé à Peter Stein à la Schaubühne et dirigé les Wiener Festwochen de 2001 à 2013, a abordé les auteurs les plus variés : Beckett, Bond, Büchner, Crimp, Euripide, Fassbinder, Genet, Gœthe, Gombrowicz, Handke, Ibsen, Ionesco (Les Chaises, Nanterre, 2010), Marivaux, Molière, Pinter, Racine, Reza, Schnitzler (Terre étrangère, Nanterre, 1984), Shakespeare, Botho Strauss, Tchekhov, Witkiewicz...

À l’opéra, du Wozzeck de Berg (Hambourg 1976) à Charlotte Salomon de Marc-André Dalbavie (création mondiale au Festival de Salzbourg 2014), il a monté Bœsmans, Britten, Haendel, Mozart, Puccini, Strauss ou Verdi à Paris, Salzbourg, Florence, Milan, Londres, Vienne, Bruxelles...

Au cinéma, il a réalisé trois films : Die Ortliebschen Frauen (1979) ; Terre étrangère, avec Michel Piccoli, Bulle Ogier, Alain Cuny (1988) ; Ne fais pas ça avec Nicole Garcia, Natacha Régnier, Dominique Reymond (2004).

Il a écrit plusieurs livres, publiés chez Grasset ou Christian Bourgois. Dernière parution : Toronto (Zsolnay, Vienne 2012).  

Luc Bondy, qui dirigeait l'Odéon depuis 2012, est décédé le 28 novembre 2015, à la suite d'une pneumonie.

 

Ivanov, photo de répétition. 2015 © Thierry Depagne

 

A l'Odéon-Théâtre de l'Europe :
John Gabriel Borkman, Henrik Ibsen, 1993
Phèdre, Racine, 1998
En attendant Godot, Samuel Beckett, 1999
La Mouette, Anton Tchekhov, 2002
Viol, Botho Strauss, 2006
Die schönen Tage von Aranjuez, Peter Handke, 2012
Le Retour, Harold Pinter, 2012
Les Fausses Confidences, Marivaux, 2014 (reprise en mai 2015)
Tartuffe, Molière, 2014 (reprise en janvier 2016)
Ivanov, Anton Tchekhov, 2015