En janvier 2011

Traversée philosophique (4/6)
Pourquoi et comment limiter les pouvoirs ?
Jeudi 13 janvier à 18h
todorov_john_foley-opaleavec Tzvetan Todorov (philosophe et historien),
animé par Jean-Marie Durand
La démocratie est un régime politique fragile parce qu’il n’use pas de la contrainte, à la manière d’une dictature . Mais il ne suffit pas que le pouvoir soit placé entre les mains du peuple plutôt que du monarque absolu : pour être légitime, tout pouvoir doit être limité. La séparation des pouvoirs , la pluralité des partis et des sources d’information est nécessaire pour que les divers rouages du politique se freinent mutuellement (ou s’équilibrent). Ce qui importe c’est que nous puissions préserver le propre de notre espèce, notre «signature humaine» : avoir la capacité comme le disait Rousseau «d’acquiescer ou résister».
Avec des lectures de textes de Montesquieu, Benjamin Constant, François Flahault.
Tzvetan Todorov est historien et essayiste, directeur de recherche honoraire au CNRS. Cofondateur de la revue Poétique, il s’est progressivement détaché de la théorie de la littérature pour s’intéresser à l’histoire des idées.
Ses travaux portent sur les questions de l’exil, de l’altérité, de la barbarie, de la démocratie, de la vie commune : Le Jardin imparfait (1998), Devoirs et délices (2002), La Peur des barbares (2008), La Signature humaine : essais 1983-2008 (2009).
En partenariat avec les Éditions du Seuil et les Inrockuptibles. Photo © John Foley / Opale

> Théâtre de l’Odéon – Salon Roger Blin / Tarif unique 5€

Atelier de la pensée
La république des traducteurs
Samedi 15 janvier de 11h à 16h30

En présence de Valère Novarina.
Amani Ayoub (Égypte), Guy Bennett (États-Unis), Gioia Costa (Italie), Elena Flaskova (Slovaquie), Angela Leite Lopes (Brésil), Louisa Mitsacou Grèce), Natalia Mavlévitch (Russie), Zsofia Rideg (Hongrie), Léopold von Verschuer (Allemagne) et Llana Zinguer (Israël), animent un Atelier de la pensée dédié à la traduction de trois textes de Valère Novarina : Pendant la matière, L’Opérette imaginaire et Lumières du corps.

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Atelier de la pensée dirigé par David Arar (Grèce), Marco Baschera (Université de Zurich), Constantin Bobas (Université Lille 3). Conception et coordination Jacques Le Ny (Atelier Européen de la Traduction).

Traduisant  A VUE – (leurs traductions s’affichent en direct sur un écran géant) et DE VIVE VOIX – (leurs échanges sont captés par des micros et diffusés dans la salle du théâtre), les traducteurs tissent et dévoilent «un foyer de reconnaissance et de découverte» vivant par les langues qui le sédimentent et l’inspirent.
Pour franchir le seuil de ce foyer, nul besoin d'être polyglotte ou de manifester une expérience particulière dans le domaine des langues : la production des huit traducteurs et des trois modérateurs qui les accompagnent de leurs commentaires et questionnements favorisent la participation du public. Le travail se développe «entre ouverts».

Pour l’Atelier de la pensée, l’esprit de la traduction se déplie comme une onde. Il traverse les langues et les écritures, il soulève et entraine hors d’elles mêmes les signes émus de leurs retrouvailles et les élans créateurs de leurs rencontre.

«Une fois pour toutes et une fois pour rien»* des écritures se lient, se relient, se délient dans le profond mouvement de leur histoire et de leur imaginaire. L’espace culturel public qui se met en place au cœur du Théâtre de l’Odéon est à la fois rigoureux (tous les traducteurs rassemblés et les trois membres du collège éditorial sont dans leurs pays des personnalités reconnues pour leurs compétences) et jubilatoire (traduire est une aventure simplement «humaine»). À l’ère de la traduction,
cet atelier de la pensée formule une proposition originale favorable au dialogue des cultures.
* Jacques Derrida

• 11h – 11h30 :  conférence inaugurale par Georges-Arthur Goldschmidt
Éditorial de Marco Baschera (vous pouvez télécharger le texte)
• 11h30 – 12h30 : atelier n°1
Pendant la matière (hébreu, grec, arabe, allemand et russe)
• 13h30 – 14h45 : atelier n°2
L’Opérette imaginaire (allemand, hongrois, brésilien, russe et américain)
• 15h – 16h15 : atelier n°3
Lumières du corps (hébreu, grec, arabe, allemand, américain)

Retrouvez les enregistrements audio de cet Atelier dans la rubrique Documentations/Médias de notre site (tapez "traducteurs" dans le moteur de recherche). Attention, il y a 3 fichiers audio.

En partenariat avec l’Atelier Européen de la Traduction.

> Théâtre de Odéon - Grande salle (entrée libre sur réservation : present.compose@theatre-odeon.fr / 01 44 85 40 44)

Grande rencontre destinée aux élèves
Valère Novarina et «La Surprise du théâtre»
Lundi 17 janvier de 14h à 17h
Entrez dans l’univers de Novarina ! Conversations, ponctuations, projections, avec l’auteur et ses invités, Daniel Loayza (conseiller littéraire de l’Odéon) et Marion Ferry (professeur de lettres).
> Théâtre de l’Odéon – Grande salle / Réservation obligatoire enseignements@theatre-odeon.fr / 01 44 85 40 39

DERNIÈRE MINUTE : Rencontre publique
Avec la Tunisie, liberté en mouvement
Mercredi 19 janvier de 15 h à 17 h
La révolution tunisienne, qui a mis fin à 23 ans d’une «autocratie kleptomane», nous concerne tous.
Comme le dit le philosophe Youssef Seddik, «la Tunisie est en train de devenir un phare pour tout le monde arabe».
Parce que la peur du «chaos», pas davantage que celle de «l’intégrisme», ne doivent faire obstacle à l’espoir et à la démocratie, dont le peuple tunisien commence à écrire l’avenir, propageant une «onde de choc» aux pays voisins et bien au-delà, une solidarité active doit se mettre en œuvre aujourd’hui.
Dans cette «nouvelle indépendance» qui chasse les peurs et réveille le sentiment de dignité, les artistes, écrivains et intellectuels ont un rôle particulier à assumer.
Autour de Fadhel Jaïbi et Jalila Baccar, la revue Mouvement a pris l’initiative d’une rencontre publique, «Avec la Tunisie, liberté en mouvement», avec artistes, écrivains et intellectuels du monde arabe, (dont Tahar Ben Jelloun, Mohamed Kacimi, Selma Ouissi, Youssef Seddik, etc.).
 
Cette rencontre est co-organisée par la revue Mouvement, l’Odéon–Théâtre de l’Europe, avec les premiers soutiens du SYNDEAC et du Festival Francophonies en Limousin.

Entrée libre dans la limite des places disponibles. Pour confirmer votre présence : redaction@mouvement.net

Rencontre
D’un accès à la philosophie : une saison au Collège International de Philosophie
Mercredi 19 janvier à 18h30
coordonnée par Mathieu Potte-Bonneville
Qu’est-ce qu’accéder à la philosophie – et comment la philosophie peut-elle éclairer la question même de l’accès qui travaille les sociétés contemporaines (de «l’économie de l’accès» diagnostiquée par Jeremy Rifkin à la mise à disposition, par Wikileaks, de milliers de documents autrefois réservés, mais aussi aux revendications d’accès aux soins, aux droits, à l’expérience du handicap ou aux transformations de l’accès au savoir) ?
Institution libre d’accès depuis sa fondation, et ouverte à tous les publics, le Collège International de Philosophie prendra ce motif pour fil conducteur pour présenter ses activités de la saison 2011 : l’aperçu des séminaires, conférences, débats, colloques et journées d’étude, sera ponctué de lectures de textes classiques et contemporains, ainsi que d’échanges – car le dialogue, aussi, est accès au sens.

> Théâtre de Odéon – Salon Roger Blin (entrée libre sur réservation : present.compose@theatre-odeon.fr / 01 44 85 40 44)

Soirée exceptionnelle
Le Babil des classes dangereuses, de Valère Novarina
Lundi 24 janvier à 20h
podalydesdrLecture dirigée par et avec Denis Podalydès, de la Comédie-Française,
assisté de Adélaïde Pralon.

Sont attendus : Suliane Brahim, Cécile Brune, Loïc Corbery, Marie-Sophie Ferdane, Pierre Louis-Calixte, Catherine Hiegel, Catherine Samie, Laurent Stocker de la Comédie-Française & Éric Berger, Jacques Bonnaffé, Cécile Bouillot, Marcel Bozonnet, Christophe Brault, Judith Chemla, Olivier Cruveiller, Yaël Elhadad, Jérôme Kircher, Manuel Le Lièvre, Dominique Parent, Gilles Privat, Thibault Vinçon.

Musique et bruitages : Blaise Merlin
avec la participation de Christian Paccoud et le «Gros Choeur»

«Boucan amical, concert des tuyaux. Bal, poussée des chars, tout le monde qui roule, monte au poteau. À ceux qui creusent, qui poussent sans fin, brandissent l'outil, Bouche et Oreille répètent toujours : Le babil des classes dangereuses, faut qu'il cesse ! Muséum des nourritures, des maladies dans la parole et des repas desanimaux. Gendrée du perpétuel des morts, dialogue des matières, musée des mixtures. Les langues luttent dans les postures. Bouche et Oreille reviennent toujours faire le refrain, remettre au pas, conduire au point et asphyxier. À reculons, dans la représentation continue, le numéro le plus difficile du monde, des mots horribles, sonoribus, l'homme portant rythmus, le cœur son métronon.»

En coproduction avec France Culture f-culture
> Théâtre de Odéon – Grande salle (tarifs de 10€ à 32€)

Atelier de la pensée
La joie est-elle sans raison ?
Jeudi 27 janvier à 18h
dialogue entre Jean-Luc Marion, membre de l’Académie française, Olivier Dubouclez et Valère Novarina.

«Connaître signifie connaître avec certitudes des objets, donc suivant les sciences : il n’y aurait de certitude qu’affirmative et scientifique. Le reste, ce qui se dit ailleurs, en philosophie ou littérature, n’apporterait aucune certitude. Voilà ce que nous tenons tous, spontanément, pour allant de soi (...) Car précisément une question, à condition qu’elle ait un sens, peut aboutir à une certitude, pourvu que nous comprenions pourquoi et comment elle doit rester  sans réponse. Les questions  sans réponses donnent aussi des certitudes, mais des certitudes négatives. Il se pourrait que ces certitudes négatives, qu’aucune théorie ou expérience à venir ne viendront corriger ou invalider, nous offrent infiniment plus de certitude que toute autre.» Jean-Luc Marion

Jean-Luc Marion, philosophe français, disciple du théologien Hans Urs von Balthasar, ancien élève entre autres de Jacques Derrida, est spécialiste de Descartes et de phénoménologie.
Olivier Dubouclez est agrégé de philosophie, il a notamment publié Valère Novarina, la physique du drame (les Presses du réel, 2005).
> Théâtre de Odéon – Salon Roger Blin (entrée libre sur réservation : present.compose@theatre-odeon.fr / 01 44 85 40 44)