• Kateb Yacine | couverture de Kateb Yacine, éditions Nathan, 1983

    couverture de Kateb Yacine, éditions Nathan, 1983

Kateb Yacine

Exils. En présence de Mohamed Kacimi. Textes lus par Jean-Damien Barbin

Lundi 9 Février 2015 / 20h00

Odéon 6e / Grande Salle

Mon père pris soudain la décision irrévocable de me fourrer sans plus tarder dans «la gueule du loup», c’est-à-dire à l’école française. Il le faisait le cœur serré : – Laisse l’arabe pour l’instant. Je ne veux pas que comme moi tu sois assis entre deux chaises. [...] La langue française domine. Il te faudra la dominer, et laisser en arrière tout ce que nous t’avons inculqué dans ta plus tendre enfance. Mais une fois passé maître dans la langue française, tu pourras sans danger revenir avec nous à ton point de départ. [...]
Jamais je n’ai cessé, même aux jours de succès près de l’institutrice, de ressentir au fond de moi cette seconde rupture du lien ombilical, cet exil intérieur qui ne rapprochait plus l’écolier de sa mère que pour les arracher, chaque fois un peu plus, au murmure du sang, aux frémissements réprobateurs d’une langue bannie, secrètement, d’un même accord, aussitôt brisé que conclu... Ainsi avais-je perdu tout à la fois ma mère et son langage, les seuls trésors inaliénables – et pourtant aliénés !

Kateb Yacine, Le Polygone étoilé, Le Seuil, 1966

 

Rencontre littéraire animée par Paula Jacques

 

«J’écris en français pour dire aux français que je ne suis pas français» déclarera Kateb Yacine.
Son père avait une double culture, française et musulmane. Né le 2 août 1929 à Constantine (Algérie), il entre à l’école du lycée français, après l’école coranique. Il participe, à Sétif, en 1945, à la grande manifestation des musulmans algériens contre la situation qui leur est imposée par le pouvoir colonial français. Il est alors arrêté et emprisonné quatre mois durant. Il ne peut pas reprendre ses études et se rend à Annaba, puis en France. De retour en Algérie, en 1948, il entre au quotidien Alger Républicain et y reste jusqu’en 1951. Puis il s’installe à Paris jusqu’en 1959, où il se lie avec Armand Gatti et, en 1954, s’entretient longuement avec Bertolt Brecht. En 1954 la revue Esprit publie Le cadavre encerclé qui est mis en scène par Jean-Marie Serreau mais interdit en France. Nedjma paraît en 1956 puis part à l’étranger (Italie, Tunisie, Belgique, Allemagne...). S’établissant plus durablement en Algérie, il commence à travailler à l’élaboration d’un théâtre populaire, épique et satirique, joué en arabe dialectal. Son œuvre traduit la quête d’identité d’un pays aux multiples cultures. Il meurt le 28 octobre 1989 à Grenoble.

Réserver

En coproduction avec France Inter.

Diffusion sur France Inter le dimanche 22 février à 14h dans Cosmopolitaine

Née au Caire dans une famille juive, obligée de quitter l’égypte en 1957, Paula Jacques passe son enfance en Israël dans un kibboutz, avant de venir s’installer en France. à Paris, elle exerce toutes sortes de «petits métiers», puis elle fait de l’animation culturelle à la Comédie de Saint-Étienne. Depuis 1975, elle est journaliste dans la presse écrite et productrice à Radio France. Elle anime depuis 1999 le magazine culturel Cosmopolitaine sur France Inter. Elle est aussi romancière publiée au Mercure de France et membre du prix Femina.

Littérature

Voix de femmes

Une deuxième saison de ces lectures et rencontres dédiées aux écritures féminines, qui convoquent sur le plateau les voix des femmes qui écrivent et celles de femmes qui interprètent.
Présenté par Jean Birnbaum, réalisé par Blandine Masson et Marguerite Gateau, lectures préparées par Caroline Ouazana.
En coproduction avec France Culture et en partenariat avec Le Monde des livres.

Exils

Une troisième saison pour explorer la vie et l’œuvre d'écrivains marqués par le déracinement. Exils se tourne cette fois vers le sud, par delà Méditerranée et Atlantique. Chaque soirée convoque sur le plateau un écrivain dont le travail témoigne d'affinités électives avec l'auteur abordé ainsi qu'un comédien pour lui prêter sa voix.
Animé par Paula Jacques, assistée de Christophe Mager, réalisation Fabrice Laigle. En coproduction avec France Inter.

Les inattendus

«Un bonheur inconnu puisé à même l’inépuisable inattendu.» Maurice Maeterlinck, La Mort, éd. Fasquelle, 1913
En partenariat avec France Culture

Voyages en littérature

Le voyage hante la littérature, qu'il soit entendu comme la plus modeste où la plus vertigineuse des traversées : du village aux confins de l'univers, de la chambre au centre de la terre. Comme la saison passée, les lectures nées au salon Roger Blin s'inviteront dans les Monuments Nationaux, dessinant ainsi une géographie de la littérature.
En partenariat avec le Centre des Monuments Nationaux.

Ma bibliothèque idéale

La GF-Flammarion est la bibliothèque idéale où se côtoient tous les classiques – d’Homère à Stefan Zweig, des Mille et Une Nuits à la Divine Comédie, de Platon à Bergson. À l’occasion des 50 ans de la collection, nous avons demandé à cinq écrivains de puiser dans le catalogue de la GF et de constituer leur bibliothèque idéale. Animé par Daniel Loayza.
En partenariat avec Flammarion.

Peter Handke. Que ferais-je sans les mots ?

«Les mots portent jusqu’à l’horizon. Que ferais-je sans eux ? Qu’en serait-il de moi sans les mots ? Dehors, que les mots (les mots lus) deviennent féconds.» Peter Handke, Hier en chemin, éd. Verdier, 2011, traduit de l’allemand par Olivier Le Lay.
Lecture par Sophie Semin.

 

 

Renseignements
Marylène Bouland les.bibliotheques@theatre-odeon.fr
01 44 85 40 68

@BIBLIODEON

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