Jeux de cartes 1 : PIQUE

textes de Ex Machina : Sylvio Arriola, Carole Faisant, Nuria Garcia, Tony Guilfoyle, Martin Haberstroh, Robert Lepage, Sophie Martin, Roberto Mori
mise en scène Robert Lepage
 



2h40 sans entracte

du 19 mars au 14 avril 20103

Berthier 17e

Certaines scènes de ce spectacle sont susceptibles de heurter la sensibilité des jeunes spectateurs.

Depuis l’époque où La Trilogie des dragons valut à Robert Lepage, quasiment du jour au lendemain, une renommée internationale qui ne s’est jamais démentie, son exploration théâtrale n’a rien perdu de son ampleur ni de son ambition, et si besoin était, la création en cours de Jeux de cartes, un projet sur lequel il travaille avec ses collaborateurs depuis 2010, tombe à point pour le confirmer.
Jeux de cartes, imaginé pour une scénographie circulaire ou quadrifrontale, a imposé dès sa conception des contraintes très fortes, de celles où le metteur en scène canadien aime à puiser d’étonnantes ressources d’invention. Les récits de Lepage et de ses compagnons s’épanouissent au sein d’étranges milieux hybrides où ce sont tantôt les objets qui passent, sans solution de continuité, d’une identité à l’autre sous les yeux émerveillés du public, tantôt les rapports d’échelle du monde ordinaire qui vacillent, tantôt les trois dimensions qui se fondent l’une en l’autre au nom d’une magie supérieure. Tous les métiers de la scène, du cirque au music-hall, sont ici confrontés aux savoir-faire de demain : jeux de miroirs, doubles fonds, lumières noires, filins invisibles et autres secrets d’accessoiriste s’y associent aux techniques vidéo les plus pointues pour produire un espace poétique dont les transformations, fluides et lumineuses, suffiraient à elles seules à alimenter la rêverie. Le projet Cartes est jusque dans sa forme un hommage rendu à la fécondité combinatoire : règles, couleurs, familles, figures concourent à suggérer, en fonction des tirages, une infinité d’histoires possibles. En ouverture, PIQUE invente une confrontation entre Las Vegas et Bagdad – entre la capitale par excellence du jeu, caricature des valeurs de l’Occident, et une cité « bombardée par l’administration Bush au nom de la promotion de la démocratie ».