Les Frères Karamazov

Après l'accueil que le public de l'Odéon a réservé à sa mise en scène des Somnambules lors de sa première venue en France, Krystian Lupa a accepté de remonter spécialement, avec la troupe du Stary Teatr, un spectacle légendaire créé en 1990 et qui n'était plus au répertoire. Le dernier roman de Dostoïevsky s'accorde admirablement à l'univers de Lupa. L'histoire des quatre frères - Mitia, aveuglé par la sensualité; Ivan, tourmenté par le scepticisme et le néant des valeurs ; Aliocha, le cadet qui aspire à la sainteté ; Smerdiakov, le bâtard méprisé, manipulé, cynique et parricide - se développe en effet dans un climat trouble et vénéneux, dans les abîmes d'un temps vertigineux, presque hypnotique, où l'angoisse morale des âmes devient aussi visible et palpable que les ombres qui rôdent autour du père détesté. Lupa en avait tiré une vision longue et grave comme une nuit traversée d'accents mystiques, qui fut unanimement saluée comme l'un de ses chefs-d'oeuvre. C'est cette vision qu'il recrée aujourd'hui, à l'initiative de l'Odéon.

Saint-Pétersbourg, 1849. Le 16 novembre, pour non-dénonciation d'une "lettre criminelle envers la religion et l'Etat", le tribunal militaire condamne Dostoïevsky, Grigoriev, et leurs camarades à la peine capitale. Cinq jours plus tard, le peloton d'exécution les met en joue. Au dernier moment, note Herzen dans ses Mémoires, "le général Rostovtsev déclare aux condamnés que le tsar leur fait don de la vie. L'idée s'impose que ce général-là fut choisi entre tous parce qu'il était bègue". Dostoïevsky fit quatre ans de bagne. Quant à Grigoriev, il perdit la raison.

à lire...

S. Zweig : Trois maîtres, Paris, Belfond, 1988.
D. Arban : Dostoïevsky, Paris, Le Seuil, 1995.
M. Bakhtine : La poétique de Dostoïevsky, Paris, Le Seuil, 1970.



 

Théâtre de l'Odéon

France

Théâtre de l'Odéon

du 19 janvier 2000 au 29 janvier 2000

Les Frères Karamazov

de FEDOR DOSTOÏEVSKI

mise en scène KRYSTIAN LUPA

avec la troupe du Stary Teatr de Cracovie

en polonais surtitré, spectacle en deux parties

Votre venue

Théâtre de l'Odéon
Accès
  • Les Frères Karamazov | © D.R.
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  • Les Frères Karamazov | © Max Hureau
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  • Les Frères Karamazov | © Marek Gardulski
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Pièces jointes

Après l'accueil que le public de l'Odéon a réservé à sa mise en scène des Somnambules lors de sa première venue en France, Krystian Lupa a accepté de remonter spécialement, avec la troupe du Stary Teatr, un spectacle légendaire créé en 1990 et qui n'était plus au répertoire. Le dernier roman de Dostoïevsky s'accorde admirablement à l'univers de Lupa. L'histoire des quatre frères - Mitia, aveuglé par la sensualité; Ivan, tourmenté par le scepticisme et le néant des valeurs ; Aliocha, le cadet qui aspire à la sainteté ; Smerdiakov, le bâtard méprisé, manipulé, cynique et parricide - se développe en effet dans un climat trouble et vénéneux, dans les abîmes d'un temps vertigineux, presque hypnotique, où l'angoisse morale des âmes devient aussi visible et palpable que les ombres qui rôdent autour du père détesté. Lupa en avait tiré une vision longue et grave comme une nuit traversée d'accents mystiques, qui fut unanimement saluée comme l'un de ses chefs-d'oeuvre. C'est cette vision qu'il recrée aujourd'hui, à l'initiative de l'Odéon.

Saint-Pétersbourg, 1849. Le 16 novembre, pour non-dénonciation d'une "lettre criminelle envers la religion et l'Etat", le tribunal militaire condamne Dostoïevsky, Grigoriev, et leurs camarades à la peine capitale. Cinq jours plus tard, le peloton d'exécution les met en joue. Au dernier moment, note Herzen dans ses Mémoires, "le général Rostovtsev déclare aux condamnés que le tsar leur fait don de la vie. L'idée s'impose que ce général-là fut choisi entre tous parce qu'il était bègue". Dostoïevsky fit quatre ans de bagne. Quant à Grigoriev, il perdit la raison.

à lire...

S. Zweig : Trois maîtres, Paris, Belfond, 1988.
D. Arban : Dostoïevsky, Paris, Le Seuil, 1995.
M. Bakhtine : La poétique de Dostoïevsky, Paris, Le Seuil, 1970.

 

Autour du spectacle

Pièces jointes

Générique

musique : Stanislaw Radwan

avec la troupe du Stary Teatr de Cracovie

coproduction : Stary Teatr, Odéon-Théâtre de l'Europe, de Singel à Anvers, Wiener Festwochen

spectacle créé le 10 avril 1990 à Cracovie

surtitrage Agnieszka Zgieb

Metteur en scène

Krystian Lupa

Krystian Lupa est né en 1943 à Jastrzebie Zdroj en Pologne. De 1963 à 1969, il suit des cours de peinture, puis d'art graphique à l'Académie des Beaux-Arts de Cracovie, dont il sort avec un diplôme en arts graphiques. Après des études de cinéma qu'il n'achève pas, il se forme pendant quatre ans à la mise en scène au Conservatoire d'Art Dramatique de Cracovie, où il obtient son diplôme en 1978.
Il commence alors sa carrière au Teatr Norwida de Jelenia Gora, tout en dirigeant quelques productions au Stary Teatr de Cracovie (notamment Yvonne, Princesse de Bourgogne, de Gombrowicz, en 1978). Son travail à Jelenia Gora présente un caractère expérimental très marqué. Dans un texte intitulé «Le théâtre de la révélation» Krystian Lupa expose sa conception du théâtre comme instrument d'exploration et de transgression des frontières de l'individualité. En 1986 il quitte définitivement Jelenia Gora pour le Stary Teatr de Cracovie dont il devient le metteur en scène attitré. Son arrivée à Cracovie coïncide avec un tournant de sa recherche. Il s'intéresse davantage aux questions éthiques, et la plupart de ses mises en scène puisent leur matière dans la littérature russe ou autrichienne.

Il a monté ou adapté pour la scène des auteurs tels que Musil (Esquisses de l'homme sans qualité, 1990), Dostoïevski (Les Frères Karamazov, 1990, reprise à l'Odéon en janvier 2000), Rilke (Malte ou le triptyque de l'enfant prodigue, 1991), Thomas Bernhard (La Plâtrière,1992 et Extinction), Tchekhov (Platonov; 1996), Hermann Broch (Les Somnambules), Werner Schwab (Les Présidentes, au Teatr Polski à Wroclaw en 1999). Depuis 1983, Krystian Lupa enseigne au Conservatoire d'Art Dramatique de Cracovie, où il est doyen de la faculté de mise en scène. De nombreux prix ont distingué son travail. Pour les Somnambules, il a obtenu le XXXVIème Grand Prix de la Critique dramatique et musicale pour le meilleur spectacle étranger.
Il a créé Le Maître et Marguerite d'après M. Boulgakov à Cracovie en 2002. En 2006, il crée Zaratustra d'après Friedrich Nietzsche et Einar Schleef.

A l'Odéon :
- Les Somnambules d'après Hermann Broch, 1998
- Les Frères Karamazov de Dostoïevski, 2000
- Auslöschung / Extinction d'après Thomas Bernhard, 2002
- Mistrz i Malgorzata (Le Maître et Marguerite), de Boulgakov, 2003
- Rodzenstwo : Ritter, Dene, Voss (Déjeuner chez Wittgenstein) de Thomas Bernhard, 2004
- Zaratustra, d'après Nietzsche et Einar Schleef, 2007