22 mars-05 mai 2013 / Odéon 6e

Le Prix Martin

d'Eugène Labiche mise en scène Peter Stein

avec Jean-Damien Barbin, Rosa Bursztein, Julien Campani, Pedro Casablanc, Christine Citti, Manon Combes, Dimitri Radochevitch, Laurent Stocker, Jacques Weber

Durée

2h30 dont un entracte

Lieu

Odéon 6e

  • Accès

    Théâtre de l'Odéon et salon Roger Blin

    Entrée du public : Place de l'Odéon, Paris 6e

  • Détails

Tarifs

de 6€ à 34€

Ouverture à la location le jeudi 28 février 2013

Réserver

Une pièce est une bête à mille pattes qui doit toujours être en route. Si elle se ralentit, le public bâille ; si elle s’arrête, il siffle. Pour faire une pièce gaie, il faut avoir un bon estomac. La gaieté est dans l’estomac.

Eugène Labiche

Ferdinand Martin et Agénor Montgommier jouent au bésigue, paisiblement, comme à leur habitude : « nous tuons agréablement trois heures par jour, l’un dans l’autre ». Les deux vieux amis sont des complices aussi inséparables que Bouvard et Pécuchet (d’ailleurs Flaubert, qui fut l’un des premiers spectateurs de cette pièce, l’admirait beaucoup). Ils s’entendent à merveille malgré leurs différences : Martin n’aime pas son nom, et admire celui d’Agénor (« en déplaçant une lettre ça fait Montgommeri ! grande maison !... ») ; Martin, au fond, s’ennuie un peu dans sa vie bourgeoise, alors qu’Agénor jouit du prestige de l’uniforme. Et bien entendu, parmi leurs différences, il y a un hic : l’un des amis est marié, l’autre non. Et le second, non sans un reste de mauvaise conscience, trompe le premier. Ou plutôt il l’a trompé. Car à vrai dire, Agénor se débarrasserait volontiers de Madame Martin, qui est une maîtresse un peu trop enthousiaste à son goût et qui commence à le fatiguer.

La donnée paraît banale. Mais Labiche, en deux surprises et trois comparses, ne tarde pas à mettre le feu aux poudres, et nos héros, arrachés au confort feutré de leur salon parisien, vont se retrouver engagés dans une sourde lutte à mort qui les conduira jusque dans « la sublime horreur » des Alpes suisses, avant que Loïsa la pécheresse ne prenne enfin la tangente pour fuir… dans les jungles du Nouveau Monde ! Une fois encore, le génie singulier de Labiche, inventeur du vaudeville de mouvement, parvient à concilier la critique sociale et une théâtralité toute en vitesse, coqs-à-l’âne et têtes-à-queue, qui finira via Feydeau par inspirer un certain théâtre de l’absurde. Peter Stein est l’un de ses grands admirateurs : il y a quarante ans, ce fut lui qui créa La Cagnotte en langue allemande.

à lire Le Prix Martin d'Eugène Labiche, Imprimerie Nationale, « Comédie-Française Répertoire », 1993.

création

mise en scène Peter Stein
collaboration artistique Jean-Romain Vesperini
conseiller dramaturgique Jean Jourdheuil
décor Ferdinand Woegerbauer
costumes Anna Maria Heinreich
lumière Joachim Barth
maquillages et coiffures Cécile Kretschmar
effets spéciaux de maquillage Emmanuel Pitois
assistante à la mise en scène Sara Abbasi

Production Odéon-Théâtre de l'Europe.

Labiche Eugène

(1815 - 1888)

Issu d'une famille appartenant à la bourgeoisie parisienne, Eugène Labiche en fut un observateur attentif, exposant avec justesse des types psychologiques de ce milieu ainsi que le rôle de l'argent dans la société française sous le Second Empire et les débuts de la Troisième République.
En 1839 paraît son unique roman, La Clef des champs. Il s'essaie également à la critique dramatique, livrant ses articles à la Revue du Théâtre, avant de se consacrer à l'écriture pour le théâtre.

Cet auteur dramatique et comique s'illustra surtout dans le genre du vaudeville, qu'il décrit lui-même comme « l'art d'être bête avec des couplets ». Ses premières œuvres constituent des variations sur des scènes de la vie conjugale et de ses affres.
Ses personnages sont en majorité des figures archétypales du monde bourgeois. Il passe ainsi pour l'inventeur d'une figure emblématique de la société du XIXe siècle : le bourgeois crédule et philistin. Nombreuses sont les figures de beaux-pères irascibles, dans cette production gaie-satirique.

Ses productions théâtrales évolueront des vaudevilles en un acte aux grandes comédies de mœurs et de caractères : il laissera finalement plus de 173 pièces.
Parmi celles-ci, on représente souvent Un Chapeau de paille d'Italie (créée en 1852), considérée comme la plus réussie. Cette pièce, composée après le coup d'État de Louis-Napoléon Bonaparte et le rétablissement de l'Empire, renouvelle le genre du vaudeville, dont la tradition est marquée par l'œuvre de Scribe, grâce à l'apport d'un thème nouveau : la recherche d'un objet égaré, sous la forme d'une course-poursuite qui engendre nombre d'événements imprévus.
Si ses comédies sont le plus souvent fondées sur des rebondissements successifs et des situations cocasses, l'humour léger vire parfois au cauchemar, en témoigne L'Affaire de la rue de Lourcine (1857). Parmi les mises en scène remarquables de cette pièce, on relève celle de Patrice Chéreau, en 1966, etcelle  de Klaus Michael Grüber, en 1989. Avec Le Voyage de Monsieur Perrichon (1860), Labiche propose une satire de la bourgeoisie du second Empire, nouvellement enrichie et ambitieuse.

Autre apport important, dans le champ de l'écriture pour la scène : le comique fondé sur l'absurde. Certes, Eugène Labiche n'est pas l'inventeur du théâtre de l'absurde, l'expression désignant surtout, dans la période de l'après seconde Guerre mondiale, les productions de Ionesco, d'Adamov, etc. Il a néanmoins initié une situation comique dépassant le « simple » quiproquo et sa propre tradition comique fondée sur une succession rythmée d'événements produisant les situations les plus extravagantes. Le critique Philippe Soupault [cf. Eugène Labiche, sa vie, son œuvre, Mercure de France, 1964] note que le théâtre d'Eugène Labiche comprend alors une certaine part de « cruauté », soit une manière plus grinçante de rire.

Labiche à l'Odéon :

- Doit-on le dire ?, ms Jean-Laurent Cochet (1977)
- L'Affaire de la rue de Lourcine, ms Jérome Deschamps et Macha Makeïeff (2007)

Stein Peter

Né à Berlin en 1937, Peter Stein est l’un des plus importants metteurs en scène européens. Il a forgé sa réputation au cours des années 70 en prenant la direction artistique de la Schaubühne am Lehninerplatz, à Berlin.

Cofondateur de la Schaubühne am Halleschen Ufer en 1970, il y travaille notamment avec Jutta Lampe, Edith Clever, Bruno Ganz et met en scène Peer Gynt d’Ibsen (1971), Prinz Friedrich von Homburg de Kleist (1972), Die Unvernünftigen Sterben Aus (Les gens déraisonnables sont en voie de disparition) par Peter Handke (1974), ainsi que son adaptation de l’Orestie d’Eschyle, que beaucoup considèrent comme son chef-d’oeuvre (1980).

En 1985, Stein reprend sa liberté. Il commence dès lors à mettre en scène des opéras et des oeuvres dramatiques dans différents théâtres. Il s’intéresse particulièrement à Tchekhov, dont il monte Les Trois soeurs (1984, toujours à la Schaubühne), La Cerisaie (1989 et 1996), Oncle Vania (1996). De 1992 à 1997, il est responsible de la programmation théâtrale des Salzburger Festspiele. A Hanovre, pour l’Expo 2000, il met en scène un Faust en version intégrale : les représentations se répartissent sur deux journées. En 2007, sa création de Wallenstein, de Schiller, dure 10 heures ; Klaus-Maria Brandauer joue le rôle principal.

Peter Stein vit aujourd’hui en Italie. Parmi ses dernières mises en scène : Médée, d’Euripide (Syracuse et Epidaure) ; Electre, de Sophocle (Epidaure) ; La Cruche cassée, de Kleist (Berlin) ; I Demoni, d’après Dostoïevski (Ateliers Berthier, 2010) ; Ödipus am Kolonos (Oedipe à Colone), de Sophocle. A l’opéra : Mazeppa (2006), Eugène Onéguine (2007) et La Dame de Pique (2008), de Tchaïkovski, à l’Opéra de Lyon ; Le Château de Barbe-Bleue, de Bartok, à la Scala de Milan (2008) ; Lulu, de Berg (Vienne, Lyon et Milan).

Stein, qui est Commandeur de l'Ordre des Arts et Lettres et Chevalier de la Légion D'Honneur, est docteur honoris causa des universités d’Edimbourg, Valenciennes, Salzbourg, Rome et Iéna.

À l'Odéon :
- Le Prince de Hombourg, de Heinrich von Kleist, 1972
- Gross und Klein
, de Botho Strauss, 1980
- Tito Andronico, de Shakespeare, 1990
- I Demoni, d’après Dostoïevski, Ateliers Berthier, 2010

 

« Quant à la nourriture… »

 
LOÏSA, se retournant. – Qu’est-ce que c’est que ça ? Don Hernandez ?...

HERNANDEZ. – Loïsa !

LOÏSA, riant. – Pourquoi ce costume ? Vous avez l’air d’un buisson.

HERNANDEZ, déposant sa carabine et son chapeau à droite. – Le buisson qui marche. C’est ce qu’il faut.

LOÏSA. – Et cette carabine ? Vous allez à la chasse ?

HERNANDEZ. – A la chasse à l’homme ! Votre mari sait tout...

LOÏSA, étonnée. – Tout... quoi ?

HERNANDEZ. – Eh bien... Agénor !

LOÏSA. – C’est faux !... c’est une calomnie !

HERNANDEZ. – Pas de marivaudage ! il a des preuves !

LOÏSA. – Certaines ?

HERNANDEZ. – Certaines !

LOÏSA, effrayée, passant à droite. – Mais alors, je suis perdue !

HERNANDEZ. – Ça m’en a l’air... Il est furieux... il rumine une vengeance dans la manière des Borgia.

LOÏSA. – Ah ! mon Dieu !

Hernandez, à part. – Ça prend ! (Haut.) Si vous m’en croyez, vous ne mangerez rien tant que vous serez en Europe.

LOÏSA. – Merci bien !

HERNANDEZ. – Excepté des œufs à la coque, parce qu’on ne peut rien fourrer dedans.

LOÏSA, éperdue, passant à gauche. – Mais que faire ? que devenir ? Je ne peux pas rester ici !

Elle s’assied près de la table.

HERNANDEZ. – Je vous offre un asile ! Venez dans mes Etats.

LOÏSA. – Ah ! non, c’est trop loin !

HERNANDEZ, s’approchant d’elle. – Une promenade... toujours sur l’eau... Vous ne connaissez pas mon pays... Quelle nature ! le ciel est bleu, la mer est bleue, la terre est bleue... Vous serez continuellement en palanquin... et, la nuit, je vous donnerai quatre Indiens dans leur costume national, pour écarter les mouches de votre gracieux visage... Quant à la nourriture...

LOÏSA. – Oh ! ne parlons pas de ça !

HERNANDEZ, se jetant à ses genoux. – Dites un mot, señora, et je dépose mon trône à vos pieds.

LOÏSA. – Ah ! Hernandez... ne me tentez pas ! (Languissamment.) Vous êtes donc veuf ?

HERNANDEZ, se relevant. – Hélas non !

LOÏSA, se levant. – Vous m’offrez votre trône... Et votre femme ?

HERNANDEZ. – La reine ? J’ai pensé à elle... je lui donnerai une place dans ma lingerie... rien à faire !... Abandonnez-vous à moi, c’est le ciel que je vous ouvre.

LOÏSA. – Et mes devoirs ?

HERNANDEZ. – Lesquels ?

LOÏSA. – Je ne sais pas ce que je dis... vous me grisez, vous me charmez... et puisque mon mari a oublié sa mission, qui est de me protéger... don Hernandez, ramenez-moi chez ma mère !

HERNANDEZ, la serrant dans ses bras et l’embrassant. – Ta mère ! c’est moi qui serai ta mère ! c’est moi qui serai ta mère !

 
Labiche : Le Prix Martin, Acte III, scène XIII

Comment faire une pièce de théâtre

C’est à la portée de tout le monde. Je prends une main de papier blanc, du papier de fil, je ne trouve rien sur un autre, et j’écris sur la première page : Plan. J’entends par plan la succession développée, scène par scène, de toute la pièce, depuis son commencement jusqu’à sa fin. Tant qu’on n’a pas la fin de sa pièce, on n’en a ni le commencement ni le milieu. Ce travail est évidemment le plus laborieux ; c’est la création, l’accouchement. Une fois mon plan fini, je le reprends et je demande à chaque scène à quoi elle sert, si elle prépare ou développe un caractère, une situation, enfin si elle fait marcher l’action. Une pièce est une bête à mille pattes qui doit toujours être en route. Si elle se ralentit, le public bâille ; si elle s’arrête, il siffle.

Pour faire une pièce gaie, il faut avoir un bon estomac.

La gaieté est dans l’estomac.

Eugène Labiche (cité par Philippe Soupault : Labiche, Mercure de France, 1964, pp. 141-142)

«Il ne reste plus qu'à chanter»

Les opinions politico-sociales de Labiche entre 20 et 60 ans

À vingt ans, Labiche est un «fan» des romantiques : Hugo et Vigny.
À noter que Labiche a assisté plusieurs fois à la représentation de Chatterton d’Alfred de Vigny (première le 12 février 1835).
Labiche : après cette représentation, «mon sommeil sera un sublime cauchemar» (lettre à A. Leveaux).
La critique du «bourgeois» (chez le jeune Labiche) a d’abord été «romantique». Mais la vie parisienne avec ses amis, apprentis écrivains comme lui, l’a très vite conduit à tourner le romantisme en dérision. Il se moquera des grands sentiments, sera volontiers cynique, amateur de «bons mots».
Sous la monarchie de Juillet (1830-48) la censure est active. Dans les années de la République (1848-52), la censure sera supprimée. Elle sera rétablie par Napoléon III. Et de nouveau supprimée sous la IIIe République (peut-être pas tout de suite, j’ai l’impression qu’elle s’éteint d’elle-même – à vérifier). Il n’y a pas de rapport de censeur conservé sur Le Prix Martin.
En 1848 Labiche est dans la Garde Nationale. Il est alors plutôt républicain ou de facto républicain (il n’était pas royaliste sous Louis-Philippe – 1830-1848 – qui d’ailleurs se fait nommer «roi des Français» et non pas «roi de France»). [...] La Garde Nationale (qui prendra des couleurs politico-sociales variées – qui sera, par exemple, une sorte de milice bourgeoise sous Louis-Philippe) est, je crois, très importante. Louis-Philippe dira qu’être acclamé par la Garde Nationale était plus important que le rituel du sacre.
La suppression de la Garde Nationale après la Commune marque la fin d’une institution politico-militaire qui a traversé tout le siècle. Qu’Agénor ait été membre de l’État-Major me paraît une chose importante.
Labiche deviendra très vite un partisan de Napoléon III. Et il adhèrera à la politique de croissance économique et industrielle de Napoléon III ainsi qu’à la politique urbaine (urbanistique) du Baron Haussmann, et aussi à la politique sociale de l’Empire.
Il adhérera aussi aux succès militaires de Napoléon III (notamment la guerre de Crimée) et probablement à la politique coloniale de Napoléon III. L’expédition au Mexique n’est pas une réussite mais dénote une ambition géopolitique (mondiale). Napoléon III a momentanément sorti la France de l’ostracisme qu’elle subissait (en Europe) depuis la chute de Napoléon I.
Tout ceci s’effondre avec la défaite de Sedan en 1871 (guerre franco-prussienne : Napoléon III versus Bismarck), c’est-à-dire avec la fin de l’Empire.
Cette défaite sera suivie de la Commune de Paris puis de la IIIe République. Le Prix Martin (1876) est une pièce d’après la Commune et d’après la défaite.
Le ministre des Affaires étrangères de Napoléon III avait été le plus farouche partisan de la guerre : le duc Agénor de Grammont, politicien vaniteux et renfermé, considéré par Bismarck comme «l’un des hommes les plus bêtes de l’Europe». Agénor Montgommier (l’Agénor de Labiche) n’est plus membre de la Garde Nationale. Retour à la vie privée.
Quand on est dans la merde jusqu’au cou il ne reste plus qu’à chanter – a dit Beckett.
Quand la France (et Paris) sont déprimés – peut-être ne reste-t-il plus que l’adultère et le parfum des pays lointains : Hernandez Martinez, les Chichimèques, Chamonix, le Mont-Blanc, les Gorges de l’Aar, la Handeck, le meurtre et le bésigue.
Extrait de notes de Jean Jourdheuil adressées à Peter Stein, août 2012

DÉBAT
Lundi 18 mars /// 19h

 

 

UNE SOIRÉE AVEC PETER STEIN

En coopération avec l’Odéon Théâtre de l’Europe

Intervenants : Peter Stein, Nicole Colin, Jean-Louis Besson et Jean Jourdheuil

Peter Stein (Berlin, 1937), l’un des plus importants metteurs en scène européens, de ceux qui marquent leur temps, a révolutionné le théâtre allemand. Il a dirigé la Schaubühne de Berlin de 1970 à 1985, où il a su mettre en œuvre un théâtre véritablement collectif en mettant en scène Peer Gynt d’Ibsen (1971), Prinz Friedrich von Homburg de Kleist (1972), Die Unvernünftigen sterben aus de Peter Handke (1974), ainsi que son adaptation de L’Orestie d’Eschyle, que beaucoup considèrent comme son chef-d’œuvre (1980). En 1985, il reprend sa liberté et commence à mettre en scène des opéras et des œuvres dramatiques dans différents théâtres.
Après avoir présenté I Demoni à l’Odéon en 2010, monument théâtral de douze heures adapté du roman visionnaire de Dostoïevski, Peter Stein y revient en mars 2013, à la demande de son ami Luc Bondy, pour mettre en scène Le Prix Martin (1876) d’Eugène Labiche.

L’œuvre de Peter Stein, sa confrontation à Labiche, son travail de coopération avec la France et l’échange théâtral franco-allemand seront au centre de la discussion.

17 avenue d'Iéna, Paris 16e Entrée libre – Réservation conseillée au 01 44 43 92 30
En français

 

Retrouvez Peter Stein en ouverture des programmes qui accompagnent l’exposition « De l’Allemagne » à l’auditorium du Louvre :

GOETHE, LA VITESSE ET LE DIABLE

Jeudi 28 mars à 19h

Conférence par Peter Stein

En 1825, Goethe s’inquiète de l’accélération du monde. Dans une lettre à son petit neveu il invente le concept de « veloziferish » à partir des mots « Velocitas » (vitesse) et Lucifer. La vitesse serait-elle une invention du diable ? Ce qui est sûr c’est que la pensée a besoin de temps pour s’élaborer, qu’on pense mieux en marchant qu’en courant et que le monde de ce premier quart du 19ème  semble s’emballer. On sait ce qu’il en adviendra de cette accélération constatée qui ne fait que commencer. Peut-on interpréter les grandes catastrophes de la fin du 19ème et du 20ème à la lumière de cette prédiction faustienne de Goethe ?
Réservation : 01 40 20 55 00

www.louvre.fr

  • photo © Pascal Victor

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