Grande Salle

19 mai – 20h00

Romain Gary

En présence de Joann Sfar. Rencontre littéraire animée par Paula Jacques, à l'occasion du Centenaire de sa naissance. Textes lus par Bruno Abraham-Kremer

  • Romain Gary | Romain Gary et son chien, dessin de Joann Sfar. © Futuropolis
    Romain Gary et son chien, dessin de Joann Sfar. © Futuropolis

Aniela, la tête penchée, était en train de coudre une étiquette «Paul Poiret, Paris» sur le dernier chapeau de la journée. Le visage de ma mère était à présent heureux et apaisé, sans trace de souci. Les marques de fatigue avaient elles-mêmes disparu; son regard errait dans un pays merveilleux et, malgré moi, je tournais la tête dans sa direction pour chercher à apercevoir cette terre de la justice rendue et des mères récompensées. Ma mère me parlait de la France comme d'autres mères parlent de Blanche-Neige et du Chat Botté et, malgré tous mes efforts, je n'ai jamais pu me débarrasser entièrement de cette image féerique d'une France de héros et de vertus exemplaires. Je suis probablement un des rares hommes au monde restés fidèles à un conte de nourrice.

Romain Gary, La promesse de l’aube, 1960, éd. Gallimard

 

 

Romain Gary, né Roman Kacew à Vilnius en 1914, est élevé par sa mère qui place en lui de grandes espérances, comme il le racontera dans La promesse de l’aube. À l'âge de quatorze ans, il s'installe à Nice avec sa mère. Puis il monte à Paris pour y « faire son droit » tout en suivant une formation militaire. En 1935, il est naturalisé français. Il est incorporé dans l'aviation en 1938 et rejoint le général de Gaulle en 1940. C'est à cette exacte période qu'il choisit de s'appeler « Gary », qui signifie « brûle » en russe.  Son premier roman, Éducation européenne, paraît avec succès en 1945. Après la guerre, Romain Gary devient diplomate. Cela l'amène à beaucoup voyager, en Bulgarie, en Suisse, à New-York, en Bolivie puis à Los Angeles. En 1956, Romain il obtient le Prix Goncourt pour Les Racines du Ciel. Il quitte la diplomatie en 1960, écrit Les oiseaux vont mourir au Pérou et épouse l’actrice Jean Seberg en 1963. En décembre 1980, Romain Gary se suicide à Paris. Ce n'est qu'après sa mort que l'on découvre que Romain Gary avait écrit plusieurs autres romans sous le pseudonyme d'Emile Ajar, dont La vie devant soi, prix Goncourt 1975. Il est donc le seul écrivain à avoir reçu deux prix Goncourt.

France Inter consacrera une journée d’antenne autour de Romain Gary à l’occasion du centenaire de sa naissance.
Diffusion sur France Inter le dimanche 25 mai à 14h dans Cosmopolitaine
 

Consultez une exceptionnelle frise chronologique sur la vie et l'œuvre de Romain Gary, réalisée par blog.feedbooks.com :
http://blog.feedbooks.com/fr/2014/03/04/frise-chronologique-sur-la-vie-et-loeuvre-de-romain-gary/