20 novembre-1er décembre 2013 / Odéon 6e
en espagnol, mandarin, norvégien, surtitré

Todo el cielo sobre la tierra (El síndrome de Wendy)

Tout le ciel au-dessus de la terre (Le syndrome de Wendy) texte et mise en scène Angélica Liddell

avec Xue Ying Dong Wu, Xie Guinü, Fabián Augusto Gómez Bohórquez, Lola Jiménez, Jenny Kaatz, Angélica Liddell, Sindo Puche, Maxime Trousset, Zhang Qiwen, Saite Ye, et l'ensemble musical PHACE

Durée

2h15

Lieu

Odéon 6e

  • Accès

    Théâtre de l'Odéon et salon Roger Blin

    Entrée du public : Place de l'Odéon, Paris 6e

  • Détails

Tarifs

de 6€ à 36€

Ouverture à la location le 23/10/2013 par internet, et le 30/10/2013 aux guichets et téléphone

Me gusta la gente a la que puedo
distinguir entre la multitud
Me gusta la excepción
Como tú.

J'aime les gens que je peux distinguer dans la multitude
J'aime l'exception
Comme toi.

Comme un sixième sens
Wendy chante pour Yohei la Valse de toutes les choses que je ferais pour toi, «pour que tu ne me quittes pas»... Après La Casa de la fuerza, révélation du Festival d'Avignon 2010, revoici Angélica Liddell avec une nouvelle mise en scène/mise à nu de l'abandon, de la peur et de la douleur d'une femme de notre siècle. Liddell s'expose, et beaucoup d'autres avec elle, en portant au théâtre son angoisse, sa rage furieuse, son horreur devant la déréliction au sein de l'abondance moderne, une souffrance qui est chez cette écorchée vive comme un sixième sens perçant à jour les masques du monde. Le syndrome de Peter Pan est déjà célèbre. Aux yeux des psychologues, le héros de J. M. Barrie symbolise un ensemble d'attitudes qui ne cesse de gagner du terrain dans les sociétés occidentales. Il consiste, chez les individus qui en sont affectés (souvent des hommes), à éviter ou retarder l'entrée dans l'âge adulte en prolongeant indéfiniment les comportements et les incertitudes de l'adolescence.
Dans le syndrome de Wendy, qui est le pendant du syndrome de Peter Pan, le sujet (généralement féminin) lutte contre sa crainte de la solitude en maternant jusqu'à l'étouffer son partenaire : pris au piège du confort, incapable de s'assumer, celui-ci n'a plus l'autonomie nécessaire pour provoquer une rupture. Qu'estce donc que l'amour, que deviennent le dialogue et le sens de l'autre, sur quelle île peut espérer échouer une existence ainsi ballottée entre l'excès et le défaut de toute responsabilité ? Autour de ces questions et de ses intuitions d'artiste, Angélica Liddell a tenu un journal, observé, voyagé. Au cours de ses promenades à travers Shanghaï, elle est tombée sous le charme de couples de valseurs chinois. à Séoul, elle est allée rencontrer le plus grand compositeur de tous les temps de valses pour le cinéma. à Utøya, en la personne d'Anders Behring Breivik*, elle a situé le Peter Pan le plus nihiliste qu'on puisse concevoir, débordant de haine jalouse envers tout ce qui est plus jeune que lui. Et pour conclure, elle a trouvé à Vienne les musiciens et l'atmosphère qu'il lui fallait pour tirer de ces matériaux une œuvre d'art – pleine de valses, d'amour et d'armes à feu. 

* Le 22 juillet 2012, Anders Behring Breivik, terroriste d’extrême-droite, commet un attentat à la bombe à Oslo avant de massacrer sur l'île d'Utøya soixante-neuf personnes, adolescents pour la plupart, membres de la ligue des jeunes du parti travailliste de Norvège.

 

Certaines scènes de ce spectacle peuvent heurter la sensibilité des plus jeunes, il est donc déconseillé aux moins de 16 ans.

scénographie et costumes Angélica Liddell
musique Cho Young Wuk
collaboration à la musique et orchestration Hong Dae Sung, Jung Hyung Soo, Sok Seung Hui, Lee Ji Yoen
costumes masculins González
lumière Carlos Marquerie
son Antonio Navarro
professeur de danse de salon Sergio Cardozo
masque chinois Lidia G le petit paquebot
traduction du mandarin, interprétation chinois-espagnol Saite Ye
traduction des surtitrages Christilla Vasserot
surtitrages Victoria Mariani
et l’équipe technique de l’Odéon–Théâtre de l’Europe

 

production Atra Bilis Teatro – Iaquinandi, S.L.
coproduction Festival d'Avignon, Wiener Festwochen (Vienne), Odéon-Théâtre de l'Europe (Paris), Festival d'Automne à Paris, deSingel Internationale Kunstcampus (Anvers), Le Parvis Scène nationale Tarbes Pyrénées
avec l'aide de Teatros Del Canal (Madrid), Tanzquartier (Vienne)
avec le soutien de la Comunidad de Madrid, du Ministère espagnol de l'Éducation, de la Culture et du Sport – l'INAEM
remerciements au Centro Cultural Coreano en España, Biblioteca Miguel de Cervantes – Consulado de España en Shanghai, Mariano Arias, Inocencio Arias et Manuela Burns


avec le Festival d’Automne à Paris


créé le 9 mai 2013 aux Wiener Festwochen
 

Liddell Angélica

Angélica Liddell est née à Figueres (Espagne) en 1966. Après des études de psychologie et d’art dramatique, elle fonde au début des années 1990 la compagnie Atra Bilis (la «bile noire» en latin, considérée par la médecine antique comme étant la source du génie et de la mélancolie). Auteure, metteure en scène, performeuse, elle a signé depuis une vingtaine de pièces.
C’est en 2010 que le public de théâtre francophone découvre Angélica Liddell au Festival d’Avignon : elle y présente deux pièces coups de poing, El año de Ricardo et La Casa de la fuerza, spectacle présenté à l’Odéon-Théâtre de l’Europe en mars 2012, un an avant Todo el cielo sobre la tierra (El síndrome de Wendy). Elle est entrée dernièrement dans une série de pièces intitulée «Le cycle de la résurrection», dont font partie You Are My Destiny (Lo stupro di Lucrezia) présenté à l’Odéon-Théâtre
de l’Europe en décembre 2014, Tandy et Primera carta de San Pablo a los Corintios.
Angélica Liddell a reçu le Lion d’argent Théâtre lors de la Biennale de Venise 2013. En France, ses œuvres sont publiées chez Théâtrales ou aux Solitaires Intempestifs, dans des traductions de Christilla Vasserot.

 

Je regarde les lieux du haut desquels je sauterais dans le vide et cela fait que mon corps ait l’odeur du sang. Ton Image fait que mon corps ait l’odeur du sang. L’origine de la tragédie est l’origine même de la vie : l’énigme. Ta vie est une énigme, dit Tirésias à Œdipe, l’énigme est ce qui nous fait marcher de manière irréversible vers la mort. Le désir de connaissance donne forme à l’angoisse, et l’énigme se sert de l’amour pour nous emporter jusqu’aux rives du massacre, l’amour est cette violence inexplicable, le pouvoir par le biais duquel sont transgressés l’ordre social et la loi, c’est lui qui trace la route de notre destin, l’amour est ce qui nous met en contact avec le prérationnel, avec quelque chose de plus profond que les sentiments, il nous met en contact avec la vibration primitive de l’esprit, avec ce qui ne peut encore être nommé. Le Christ, Charles Manson ou Toi, l’amour ne distingue entre aucun des trois, car l’amour est la folie de Dieu, et la faiblesse de Dieu, et la soumission se transforme en offrande, et il n’y a pas de jugement moral possible. À la fin du jour tes enfants viennent, une faucille à la main, et l’un après l’autre ils me coupent le cou. Ils ne savent pasque j’ai dans mon corps ton sexe mutilé, et je ressens plus de plaisir avec la mort que celui qu’on peut recueillir dans tous les bordels du monde.  

 


Peter y Wendy
Wendy. – ¿ Por qué lloras ?
Peter. – ¿ Cómo te llamas ?
Wendy. – ¡ Soy Wendy ! Y tú ¿ cómo te llamas ?
Peter. – Peter.
Wendy. – ¿ Y dónde vives ?
Peter. – Segunda a la derecha y luego todo recto hasta la mañana.
Wendy. – ¿ Eso es lo que ponen en las cartas ?
Peter. – Yo no recibo cartas.
Wendy. – Pero tu madre recibirá cartas.
Peter. – No sólo no tengo madre sino que no siento el menor deseo de tener una. Son unas personas a las que se le ha dado una importancia exagerada.
Wendy. – ¿ Por eso llorabas ?
Peter. – Yo no lloro.
Wendy. – ¿ Ya te has olvidado que me debes la felicidad ?
Peter. – Nunca doy las gracias.
Wendy. – Me marcho.
Peter. – No te marches... Una mujer vale más que veinte hombres.
Wendy. – ¿ De verdad crees eso ?
Peter. – Sí.
Wendy. – Puedo darte un beso si quieres.
Peter. – No sé lo que es un puto beso.
Wendy. – ¿ Cuántos años tienes ?
Peter. – No sé, pero soy muy joven.
Wendy. – ¿ Con quién vives ?
Peter. – Con otros chicos perdidos.
Wendy. – Debe ser divertido.
Peter. – Pero nos sentimos bastante solos sin mujeres por allí.
Wendy. – ¿ No hay chicas ?
Peter. – Las chicas son demasiado listas para matarse.

Angélica Liddell : Todo el cielo sobre la tierra. (El síndrome de Wendy)

 


Peter et Wendy
Wendy. – Pourquoi tu pleures ?
Peter. – Comment tu t'appelles ?
Wendy. – Moi, c'est Wendy ! Et toi, comment tu t'appelles ?
Peter. – Peter.
Wendy. – Et tu habites où ?
Peter. – La deuxième à droite et puis tout droit jusqu'au matin.
Wendy. – C'est ça qui est écrit sur ton courrier ?
Peter. – Moi, je ne reçois pas de courrier.
Wendy. – Mais ta mère doit recevoir du courrier.
Peter. – Non seulement je n'ai pas de mère mais je ne ressens pas le moindre désir d'en avoir une. Ce sont des personnes dont on a exagéré l'importance.
Wendy. – C'est pour ça que tu pleurais ?
Peter. – Moi, je ne pleure pas.
Wendy. – Tu as déjà oublié que tu me dois ton bonheur ?
Peter. – Je ne dis jamais merci.
Wendy. – Je m'en vais.
Peter. – Ne t'en va pas... Une femme vaut plus que vingt hommes.
Wendy. – Tu crois vraiment ?
Peter. – Oui.
Wendy. – Je peux te donner un baiser si tu veux.
Peter. – Je ne sais pas ce que c'est qu'un putain de baiser.
Wendy. – Tu as quel âge ?
Peter. – Je ne sais pas, mais je suis très jeune.
Wendy. – Tu vis avec qui ?
Peter. – Avec d'autres enfants perdus.
Wendy. – ça doit être amusant.
Peter. – Mais on se sent plutôt seuls sans femmes dans le coin.
Wendy. – Il n'y a pas de filles ?
Peter. – Les filles sont trop malines pour se tuer.

Angélica Liddell : Tout le ciel au-dessus de la terre. (Le syndrome de Wendy)
 

Festival de Otoño a Primavera, Madrid

Vendredi 4 Octobre 2013 / 20h00
Samedi 5 Octobre 2013 / 20h00
Dimanche 6 Octobre 2013 / 20h00
Site du théâtre

Stadsschouwburg, Amsterdam

Vendredi 15 Novembre 2013 / 20h00
Samedi 16 Novembre 2013 / 20h00
Site du théâtre

Parvis, Scène Nationale Tarbes-Pyrénées, Tarbes

Vendredi 6 Décembre 2013 / 20h30
Samedi 7 Décembre 2013 / 20h30
Site du théâtre

De Singel, Anvers

Vendredi 13 Décembre 2013 / 20h00
Samedi 14 Décembre 2013 / 20h00
Site du théâtre

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  • Todo el cielo sobre la tierra (El síndrome de Wendy) | photo  © Nurith Wagner-Strauss

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  • texte et mise en scène Angélica Liddell