Une année sans été

Fragilité violente de la jeunesse
Une année sans été, cela laisse trois saisons, une par acte, en commençant par l’automne – temps des rentrées, donc des départs et des migrations. Gérard veut écrire, il va partir de chez lui, loin de sa ville natale et des bureaux de son père. Gérard a dix-neuf ans, il est bien jeune pour être prudent : une fois à Paris, il avisera. En attendant, tout à son exaltation, il est aussi lyrique que décidé – mais pour peu qu’on l’écoute vraiment et qu’on prenne garde à son projet, le voilà déjà moins sûr d’avoir fait le bon choix. Celle qui l’écoute si profondément, qui l’interroge et l’encourage dans son français maladroit d’Allemande, est à peine plus âgée que lui. Elle aussi voudrait écrire ; elle non plus ne va pas tarder à s’en aller, mais plutôt du côté de l’Angleterre. Avant de traverser la Manche, Anna viendra cependant rendre visite à Gérard. Dans une rue froide de Paris, il lui raconte sa solitude et lui demande en vain de rester, comme s’il n’avait pas vu avec quelle douceur attentive la petite Louisette, la fille de sa logeuse, veillait sur lui à mesure que les journées se faisaient plus courtes... Ainsi commence Une année sans été, la première pièce qu’a publiée Catherine Anne en 1987. De ses cinq personnages – deux hommes, trois femmes – aucun n’a plus de vingt ans. L’intrigue est simple et hasardeuse. Les rencontres se font en tâtonnant, les amitiés se nouent puis se défont, les sentiments se dessinent tant bien que mal tandis que les questions se bousculent, maladroitement, cruellement.
Pour son coup d’essai, Catherine Anne (qui dit de son texte qu’il fut «librement inspiré par la vie et l’œuvre de Rainer Maria Rilke») a réussi une pièce habitée par la fragilité violente de la jeunesse. Car il n’est question que d’elle. Tout ici en parle, et du besoin de s’arracher à la «mort sédentaire» pour trouver sa voie ou s’exposer à son tour au monde, entre besoin d’amour, désir de créer et urgence du mouvement. Joël Pommerat, sensible à cette jeunesse d’un temps révolu, a suffisamment aimé cette pièce pour désirer la mettre en scène. Pour cela, il ouvre une parenthèse dans sa propre carrière de «créateur de spectacles» afin de se mettre au service d’une autre écriture que la sienne. C’est donc à travers sa vision que nous sera révélé ce qu’il advint de la saison manquante – et comment, dans ces destins presque sans histoire, le couperet de la grande Histoire finira par s’abattre.  

 

Pour rejoindre la petite salle des Ateliers Berthier :

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Berthier 17e
France

Une année sans été

04 avril 04 mai

de Catherine Anne

mise en scène Joël Pommerat

avec Carole Labouze, Franck Laisné, Laure Lefort, Rodolphe Martin, Garance Rivoal

Lieu

Berthier 17e

Durée

1h10

Votre venue

Berthier 17e Accès

Tarifs

de 6€ à 30€
En savoir plus

Ouverture à la location le 05/03/2014


Personne ne songe qu'il y a en eux une enfance en train de se perdre.

Fragilité violente de la jeunesse
Une année sans été, cela laisse trois saisons, une par acte, en commençant par l’automne – temps des rentrées, donc des départs et des migrations. Gérard veut écrire, il va partir de chez lui, loin de sa ville natale et des bureaux de son père. Gérard a dix-neuf ans, il est bien jeune pour être prudent : une fois à Paris, il avisera. En attendant, tout à son exaltation, il est aussi lyrique que décidé – mais pour peu qu’on l’écoute vraiment et qu’on prenne garde à son projet, le voilà déjà moins sûr d’avoir fait le bon choix. Celle qui l’écoute si profondément, qui l’interroge et l’encourage dans son français maladroit d’Allemande, est à peine plus âgée que lui. Elle aussi voudrait écrire ; elle non plus ne va pas tarder à s’en aller, mais plutôt du côté de l’Angleterre. Avant de traverser la Manche, Anna viendra cependant rendre visite à Gérard. Dans une rue froide de Paris, il lui raconte sa solitude et lui demande en vain de rester, comme s’il n’avait pas vu avec quelle douceur attentive la petite Louisette, la fille de sa logeuse, veillait sur lui à mesure que les journées se faisaient plus courtes... Ainsi commence Une année sans été, la première pièce qu’a publiée Catherine Anne en 1987. De ses cinq personnages – deux hommes, trois femmes – aucun n’a plus de vingt ans. L’intrigue est simple et hasardeuse. Les rencontres se font en tâtonnant, les amitiés se nouent puis se défont, les sentiments se dessinent tant bien que mal tandis que les questions se bousculent, maladroitement, cruellement.
Pour son coup d’essai, Catherine Anne (qui dit de son texte qu’il fut «librement inspiré par la vie et l’œuvre de Rainer Maria Rilke») a réussi une pièce habitée par la fragilité violente de la jeunesse. Car il n’est question que d’elle. Tout ici en parle, et du besoin de s’arracher à la «mort sédentaire» pour trouver sa voie ou s’exposer à son tour au monde, entre besoin d’amour, désir de créer et urgence du mouvement. Joël Pommerat, sensible à cette jeunesse d’un temps révolu, a suffisamment aimé cette pièce pour désirer la mettre en scène. Pour cela, il ouvre une parenthèse dans sa propre carrière de «créateur de spectacles» afin de se mettre au service d’une autre écriture que la sienne. C’est donc à travers sa vision que nous sera révélé ce qu’il advint de la saison manquante – et comment, dans ces destins presque sans histoire, le couperet de la grande Histoire finira par s’abattre.  

 

Pour rejoindre la petite salle des Ateliers Berthier :


  • Une année sans été | photo Elisabeth Carecchio

    photo Elisabeth Carecchio

  • Une année sans été | photo Elisabeth Carecchio

    photo Elisabeth Carecchio

  • Une année sans été | photo Elisabeth Carecchio

    photo Elisabeth Carecchio

  • Une année sans été | photo Elisabeth Carecchio

    photo Elisabeth Carecchio

  • Une année sans été | photo Elisabeth Carecchio

    photo Elisabeth Carecchio

  • Une année sans été |

Générique

Scénographie, lumière Eric Soyer
Assistant lumière Renaud Fouquet
Responsable construction À travers Champs - Thomas Ramon
Création costumes et accessoires Isabelle Deffin
Musique originale Antonin Leymarie
Son François Leymarie
Recherche sonore Yann Priest
Assistante mise en scène et coach en allemand Bettina Kühlke
Dramaturgie Marion Boudier
Collaboration artistique Saadia Bentaïeb, Philippe Carbonneaux, Marie Piemontese
Direction technique Emmanuel Abate
Régie lumière Renaud Fouquet
Régie son Yann Priest
Régie plateau Lorenzo Graouer, Sylvain Caillat

Création le 8 janvier 2014 à l’Hippodrome – Scène nationale de Douai.

Production : Compagnie Louis Brouillard

Coproduction : Théâtre National de Bruxelles, Odéon – Théâtre de L’Europe, Les Théâtres de la Ville de Luxembourg, CNCDC- Centre National de création et de diffusions culturelles de Châteauvallon, L’Hippodrome - Scène nationale de Douai, Saint-Valéry en Caux - Le Rayon Vert, Théâtre d’Arles - Scène conventionnée pour des écritures d’aujourd’hui.

Une année sans été a bénéficié de résidences de création à la maison des métallos, au T2G - Centre Dramatique National de Gennevilliers et au Théâtre Paris-Villette.

La Compagnie Louis Brouillard reçoit le soutien du Ministère de la Culture/Drac Ile-de-France et de la Région Ile-de-France. Joël Pommerat est artiste associé au Théâtre National de Bruxelles.

Le texte de Catherine Anne est publié aux Éditions Actes Sud-papiers

Metteur en scène

Joël Pommerat

Joël Pommerat est né en 1963 à Roanne.
Il fonde en 1990 la compagnie Louis Brouillard et crée depuis ses propres textes, dont Pôles et Treize étroites têtes (CDN des Fédérés, 1995 et 1997), Mon ami et Grâce à mes yeux (Théâtre Paris-Villette, 2001-2002), Qu’est-ce qu’on a fait ? (CDN de Caen, 2003), Au monde (créé en 2004 au TNS avant de partir en tournée en France et à l’étranger), Le Petit Chaperon rouge (Brétigny-sur-Orge, 2004), D’une seule main (Thionville, 2005). Les Marchands (TNS, 2006 ; Grand prix de littérature dramatique, 2007). Entre les deux volets de Je tremble (1) et (2), Pommerat présente son Pinocchio en 2008, puis deux spectacles qui valent à Louis Brouillard deux Molières des compagnies consécutifs : Cercles / Fictions aux Bouffes (2010) et Ma Chambre froide aux Ateliers Berthier (ce dernier spectacle, qui vaut également à Pommerat le Molière 2011 de l’auteur francophone vivant et le prix Europe pour le théâtre / nouvelles réalités, se voit par ailleurs décerner le Grand prix du syndicat de la critique).
Depuis, il a créé Cendrillon (Théâtre National, Bruxelles, 2011), La Grande et fabuleuse histoire du commerce (Comédie de Béthune, 2011), La Réunification des deux Corées (Odéon, 2013, reprise en 2014), et mis en scène un texte de Catherine Anne : Une année sans été, présenté aux Ateliers Berthier en avril 2014.  À l'automne 2015 il crée Ça ira (1), fin de Louis, au Théâtre Nanterre-Amandiers.

Les textes de Joël Pommerat sont édités chez Actes Sud-Papiers.
Ils sont  traduits en anglais, allemand, coréen, croate, espagnol, grec, italien, roumain, russe et suédois.

Sur Joël Pommerat et son travail :
Théâtres en présence  Actes Sud-Papiers/Collection Apprendre - mars 2007
Joël Pommerat, troubles de Joëlle Gayot et Joël Pommerat - Editions Actes Sud - août 2009

À l'Odéon :
- Pinocchio, d'après Carlo Collodi, création mars 2008 (reprise décembre 2010, reprise décembre 2015)
- Le Petit Chaperon rouge, d'après le conte populaire, décembre 2010
- Ma Chambre froide, création mars 2011 (reprise juin 2012)
- Cercles/Fictions, mai 2012
- Cendrillon, d'après le conte populaire, novembre 2011
- La Réunification des deux Corées, janvier 2013, reprise en décembre 2014
- Au monde et Les Marchands, septembre 2013
- Une année sans été,  avril 2014

 

Extrait

GÉRARD. Mon père est dans son bureau.
MLLE POINT. Non monsieur. Monsieur est absent. Nous sommes jeudi.
GÉRARD. Jeudi...
MLLE POINT. L'après-midi du jeudi monsieur s'absente.
GÉRARD. Monsieur s'absinthe.
MLLE POINT. S'absente monsieur.
GÉRARD. Chaque jeudi.
MLLE POINT. Oui monsieur.
GÉRARD. Je ne savais pas. Bien. Très bien. Dites-lui. Dites-lui adieu. Son fils part.
ANNA. Vous partez ?
GÉRARD. Oui. Je vais à Paris. Pour travailler. écrire. Mon père comprendra. Dites-le-lui.
MLLE POINT. Bien monsieur.
GÉRARD. Je cavale vers la ville éblouissante. J'échappe à la crasse tenace des années passées. Croyez-moi ! je dois partir loin très loin. Vouloir tout est là ! Mademoiselle Point fermez vos yeux éberlués. Votre étoile file. Vite. Serrez le poing. Faites un vœu. Dites : «Je suis l'impératrice d'Europe !» Vous verrez vous la serez.
MLLE POINT. Impératrice d'Europe...
GÉRARD. Vous restez ici. Vous additionnez des chiffres. Dehors l'été fulmine. Vous croyez mener une vie sédentaire. C'est un suicide, une mort sédentaire. Il faut partir partir partir.
ANNA. Difficile partir.

Catherine Anne : Une année sans été, I, 1 (Actes Sud-Papiers, 1999, p. 9)

 

Tournées

Théâtre de la Foudre, Scenationale du Petit-Quevilly/Mont-Saint-Aignan, Petit-Quevilly

Mercredi 15 Janvier 2014 / 20h00
Jeudi 16 Janvier 2014 / 20h00
Vendredi 17 Janvier 2014 / 20h00
Site du théâtre

Théâtre d'Arles, Arles

Jeudi 23 Janvier 2014 / 19h30
Vendredi 24 Janvier 2014 / 20h30
Site du théâtre

La Coursive, La Rochelle

Mercredi 5 Février 2014 / 20h30
Jeudi 6 Février 2014 / 19h30
Vendredi 7 Février 2014 / 20h30
Site du théâtre

L'apostrophe-Théâtre des Arts, scène nationale de Cergy-Pontoise et du Val-d'Oise, Cergy-Pontoise

Mardi 18 Mars 2014 / 20h30
Mercredi 19 Mars 2014 / 21h00
Vendredi 21 Mars 2014 / 20h30
Site du théâtre

Le Granit, scène nationale, Belfort

Jeudi 27 Mars 2014 / 20h00
Vendredi 28 Mars 2014 / 20h00
Site du théâtre

Autour du spectacle