William Shakespeare, «nous sommes de l’étoffe dont les songes sont faits»

La vie comme un songe. Avec Michael Edwards. Animé par Raphaël Enthoven

Samedi 13 Février 2016 / 14h30

Odéon 6e / Grande Salle

Nos divertissements sont finis. Ces acteurs, j'eus soin de le dire, étaient tous des esprits : ils se sont dissipés dans l'air, dans l'air subtil. Tout de même que ce fantasme sans assises, les temples solennels et ce grand globe même avec tous ceux qui l'habitent, se dissoudront, s'évanouiront tel ce spectacle incorporel sans laisser derrière eux ne fût-ce qu'un brouillard. Nous sommes de la même étoffe que les songes, et notre vie infime est cernée de sommeil...

La Tempête, acte IV, scène 1

avec Michael Edwards
animé par Raphaël Enthoven
assisté de Julien Tricard

Lectures par Georges Claisse et Sophie Bourrel

 

Aucun homme n’est en mesure d’affirmer avec une certitude absolue que sa vie n’est pas un songe. Il suffit d’y « songer » un instant, pour en douter. Si convaincu soit-on de l’existence du monde qui nous entoure, demeure un doute, un intervalle, un minuscule abîme entre l’objet perçu et la perception qu’on en a… Pourquoi suffirait-il d’ouvrir les yeux pour voir vraiment ? Et si nous rêvons nos vies, est-ce si grave ? Qu’y a-t-il de dangereux, à finalement se laisser couler dans le bain du rêve ? Et si le songe nous éloigne du monde, est-ce que la rêverie n’est pas un moyen de nous en rapprocher ? C’est ce fossé, entre rêve et réalité qu’il s’agit de creuser, en s’interrogeant sur le dispositif conceptuel (cartésien) qui lui a donné naissance, et sur les trouvailles théâtrales et poétiques auquel son irrésolution donne le jour (ou la nuit)…

 

Michael Edwards, né à Barnes en 1938, est un poète, critique littéraire, traducteur et professeur franco-britannique. Il est membre de l'Académie française depuis le 21 février 2013 et Knight Bachelor depuis 2014.
Dans son cours au Collège de France consacré à "Shakespeare, le poète au théâtre " (janvier/avril 2008), il déclarait :

Le théâtre est le seul genre littéraire qui soit matériel, visible, audible, et choisir l’espace théâtral, où œuvre, comédiens et spectateurs sont plongés dans le monde immédiat des sens, permet à Shakespeare de voir se dérouler en un milieu concret toute la poésie dont il est capable et tout ce qu’il imagine, jusqu’aux rêves les plus éthérés. Son imagination s’exerçant toujours, du reste, à renouveler la réalité ordinaire, il semblerait que même ses êtres surnaturels habitent plus abondamment que nous le monde naturel : la plainte de la reine des fées dans Le Songe d’une nuit d’été ne cesse d’évoquer la « source caillouteuse », le « ruisseau étoffé de joncs », et ainsi de suite. L’unité de ce Tout qui nous environne et qui nous pénètre est d’autant plus sensible, et les réalités les plus immatérielles d’autant mieux mises en relief.

 

Venez en famille !
Au même moment, Les petits Platons proposent un atelier philosophique pour les jeunes (à partir de 8 ans).
Si vous accompagnez un jeune sur Les petits Platons, bénéficiez d'un tarif réduit (6€ au lieu de 10€) pour assister en même temps en Grande salle à La vie comme un songe par Raphaël Enthoven.

Raphaël Enthoven est professeur de philosophie, animateur de radio et de télévision. Depuis 2007 il présente l’émission Philosophie sur Arte.
Sur France Culture il a produit les Nouveaux chemins de la connaissance de 2007 à 2011 et Le Gai Savoir de 2012 à 2015. En août 2015 il rejoint l’antenne d’Europe 1 pour «La morale de l’info» chaque matin et «Qui-vive ?» le samedi.

 

Philosophie

La vie comme un songe. En s'appuyant sur Descartes, Calderón, Shakespeare, Bachelard ou encore Matrix, Raphaël Enthoven tentera de démêler sur le grand plateau de l’Odéon les fils du rêve et de la vie. L’homme est-il en mesure d’affirmer avec une certitude absolue que sa vie n’est pas un songe ?

En écho à cette question et au même moment, avec les auteurs de la collection Les petits Platons, les enfants de 8 à 12 ans sont eux aussi invités, au salon Roger Blin,  à s’interroger sur le rapport du réel et du rêve, en partant à la découverte des univers imaginés par les philosophes.

«Il y a ceci dans la honte : l’impression que tout maintenant peut vous arriver, qu’il n’y aura jamais d’arrêt, qu’à la honte il faut plus de honte encore». Sur les pas d’Annie Ernaux, avec Marc Crépon et l’École Normale Supérieure, nous consacrerons un cycle à cette émotion complexe.
 

Toute la programmation