5 décembre 2015-3 janvier 2016 / Berthier 17e
spectacle pour tous, à partir de 8 ans

Pinocchio

d’après Carlo Collodi de Joël Pommerat

avec Myriam Assouline, Sylvain Caillat, Pierre-Yves Chapalain, Daniel Dubois, Maya Vignando

Durée

1h15

Lieu

Berthier 17e

Tarifs

de 10€ (- de 15 ans) à 36€. Tarif accompagnateur (un par enfant) : 22€

Pour toi je vais
être le pantin
le plus intelligent
du monde.

Trahir ses promesses, tenir sa parole

Qui donc est-il, ce Pinocchio dont a rêvé Joël Pommerat et qu’il destine d’abord aux enfants ? Un être effaré, naïf, ravi – donc plongé, ajoute-t-il, dans «un état profondément théâtral». Il a bien des défauts. Il a aussi dans sa manche plus d’un atout pour nous séduire. Né d’un seul coup sans prendre le temps de mûrir, il ignore tout des lois de la patience et du travail. Il n’est pas venu au monde pour s’y ennuyer, mais pour y vivre le mieux possible. Être pauvre, très peu pour lui. Bref, c’est une tête de bois – un bois pas toujours très poli. Ni très sincère... Mais parfois, pour grandir, il faut commencer par le nez. Et après tout, «cette histoire extraordinaire et véridique à la fois» sert justement à faire sentir que «rien n’est plus important dans la vie que la vérité»... Créé à l’Odéon en mars 2008, cet envoûtant Pinocchio comble tous ses publics.

Pommerat le fait d’abord surgir d’un arbre, après un orage, comme un esprit de la nature. Il n’est alors qu’une voix impatiente de venir au monde, une silhouette qui rôde et récrimine dans l’ombre d’un rideau en attendant de rejoindre un corps. Pinocchio a soif d’être là, soif si intense qu’elle s’incarnerait presque dans la première bûche venue. Son besoin fou et foisonnant de vivre et de se sentir vivre se traduit et se multiplie en appétits de son corps tout neuf : boire, manger, exercer sa langue, ses oreilles, ses yeux, et puis se dégourdir, bien sûr, agiter les mains et les pieds, arpenter le monde entier pour y trouver de quoi s’éblouir et s’émerveiller. La soif d’être là est aussitôt soif de mouvement, de voyage – bougeotte et curiosité, comme si Pinocchio, sans le savoir, brûlait de fuir à toutes jambes les racines dont il est issu.

Dans son long périple vers lui-même, comment parvient-il à son vrai visage ? En naissant, Pinocchio ne paraît guère avoir d’autres ambitions que celles de ses pulsions, qui risquent de le dévoyer dès ses premiers pas. Sans doute se résigne-t-il très vite à aller à l’école, mais cette décision, loin d’être sage, témoigne au contraire de l’énergie de ses désirs. C’est en effet pour se donner les moyens de les assouvir que la marionnette consent d’abord à l’éducation, dans le seul but de devenir riche. Aux yeux de Pommerat, pourtant, cette fascination de la possession ne suffit pas à définir tout entier l’être de Pinocchio. L’avidité – le besoin d’avoir – n’est ici qu’un aspect obsédant, envahissant, d’un appel plus profond (et dont la voix est constamment menacée d’être couverte par le fracas des désirs ordinaires). Que survienne en effet sur le chemin de l’écolier la tentation d’un merveilleux spectacle, que résonne la voix d’une diva baignée de lumières chatoyantes et qui est comme la promesse de la fée à venir, et il vendra aussitôt son livre d’étude pour satisfaire cet autre besoin, aussi pressant que la faim ou la soif : le besoin de beauté.

Cela étant, le père de Pinocchio est pauvre. Or pauvreté et beauté ne semblent pas faites pour s’entendre – surtout, sans doute, au regard d’un enfant. D’un côté, Pinocchio voudrait être riche pour lui-même, mais aussi pour son père, pour cet homme qui s’est privé d’un manteau pour lui acheter un livre de classe. D’un autre côté, il ne peut avouer la pauvreté de ce père, car il lui faut proclamer hautement, à la face de ce monde dont il a si faim – qu’il n’est pas, lui, de ceux qui se laissent posséder. Chez notre vaillant petit pantin, la fierté – l’aspiration à être reconnu pour quelqu’un de valeur, et qui est digne d’exister – n’est pas le moins impérieux des besoins. Par honte du pauvre père, l’amour du fils pour lui ne se laisse donc pas exprimer. Et faute de faire place à la simplicité d’un tel aveu, Pinocchio se montre agressif, insolent, contraint de faire le malin, comme on dit – jusqu’au mensonge qui le défigure...

C’est ainsi que dès le début des aventures de ce Pinocchio, le besoin de beauté, le besoin de fierté, sont également présents et actifs, au point d’entraîner parfois sur des voies mauvaises. Comment notre héros retrouvera-t-il le droit chemin ?  Il faut le voir faire pour le croire, pour sentir avec lui quelle est sa vérité et combien il en coûte parfois de la découvrir, à l’issue des mille invraisemblances d’«une histoire à dormir debout» si plaisamment qualifiée de «véridique»... Car il s’agit, dans le théâtre de Pommerat, non pas de prêcher des leçons, mais de montrer et partager des expériences. L’existence qu’on a reçue est-elle une dette qu’on doit régler ? Peut-on devenir grand tout en restant libre ? Faut-il parfois trahir ses promesses pour mieux tenir sa parole ? Ces questions que le jeune public se pose sans toujours les formuler, Pommerat sait les lui rendre concrètes, à travers la fantaisie de situations qui les rendent pourtant vécues, sensibles. Et chaque enfant, chaque soir, en réinvente pour soi-même les réponses, en suivant le courageux pantin tout au long de ses aventures, en route vers l’humanité.  

collaboration artistique Philippe Carbonneaux
scénographie et lumière Éric Soyer
collaboration à la lumière Renaud Fouquet
costumes Marie-Hélène Bouvet
collaboration aux costumes Élisabeth Cerqueira
& Jean-Michel Angays
compositions musicales Antonin Leymarie
son François Leymarie, Grégoire Leymarie
& Yann Priest


production Compagnie Louis Brouillard
coproduction Espace Malraux – Scène nationale de Chambéry et de la Savoie, Centre Dramatique Régional de Tours, Théâtre de Villefranche – Scène conventionnée Rhône Alpes, La Ferme
de Bel Ébat – Guyancourt, Théâtre Brétigny – Scène conventionnée du Val d’Orge, Gallia Théâtre – Scène conventionnée de Saintes, Théâtre National de Bordeaux Aquitaine, Les Salins – Scène nationale de Martigues, Théâtre du Gymnase – Marseille, CNCDC – Châteauvallon, MC2 : Maison de la Culture de Grenoble, Cavaillon – Scène nationale, Automne en Normandie, CDN de Normandie – Comédie de Caen

la Compagnie Louis Brouillard est conventionnée et reçoit le soutien du Ministère de la Culture / DRAC Île-de-France et de la Région Île-de-France

Joël Pommerat est associé au Théâtre National – Bruxelles et à l’Odéon-Théâtre de l’Europe. Il fait partie de l’association d’artistes de Nanterre-Amandiers

les textes de Joël Pommerat sont édités chez Actes Sud-Papiers

créé le 8 mars 2008 aux Ateliers Berthier de l’Odéon-Théâtre de l’Europe


 

Pommerat Joël

Joël Pommerat est né en 1963 à Roanne.
Il fonde en 1990 la compagnie Louis Brouillard et crée depuis ses propres textes, dont Pôles et Treize étroites têtes (CDN des Fédérés, 1995 et 1997), Mon ami et Grâce à mes yeux (Théâtre Paris-Villette, 2001-2002), Qu’est-ce qu’on a fait ? (CDN de Caen, 2003), Au monde (créé en 2004 au TNS avant de partir en tournée en France et à l’étranger), Le Petit Chaperon rouge (Brétigny-sur-Orge, 2004), D’une seule main (Thionville, 2005). Les Marchands (TNS, 2006 ; Grand prix de littérature dramatique, 2007). Entre les deux volets de Je tremble (1) et (2), Pommerat présente son Pinocchio en 2008, puis deux spectacles qui valent à Louis Brouillard deux Molières des compagnies consécutifs : Cercles / Fictions aux Bouffes (2010) et Ma Chambre froide aux Ateliers Berthier (ce dernier spectacle, qui vaut également à Pommerat le Molière 2011 de l’auteur francophone vivant et le prix Europe pour le théâtre / nouvelles réalités, se voit par ailleurs décerner le Grand prix du syndicat de la critique).
Depuis, il a créé Cendrillon (Théâtre National, Bruxelles, 2011), La Grande et fabuleuse histoire du commerce (Comédie de Béthune, 2011), La Réunification des deux Corées (Odéon, 2013, reprise en 2014), et mis en scène un texte de Catherine Anne : Une année sans été, présenté aux Ateliers Berthier en avril 2014.  À l'automne 2015 il crée Ça ira (1), fin de Louis, au Théâtre Nanterre-Amandiers.

Les textes de Joël Pommerat sont édités chez Actes Sud-Papiers.
Ils sont  traduits en anglais, allemand, coréen, croate, espagnol, grec, italien, roumain, russe et suédois.

Sur Joël Pommerat et son travail :
Théâtres en présence  Actes Sud-Papiers/Collection Apprendre - mars 2007
Joël Pommerat, troubles de Joëlle Gayot et Joël Pommerat - Editions Actes Sud - août 2009

À l'Odéon :
- Pinocchio, d'après Carlo Collodi, création mars 2008 (reprise décembre 2010, reprise décembre 2015)
- Le Petit Chaperon rouge, d'après le conte populaire, décembre 2010
- Ma Chambre froide, création mars 2011 (reprise juin 2012)
- Cercles/Fictions, mai 2012
- Cendrillon, d'après le conte populaire, novembre 2011
- La Réunification des deux Corées, janvier 2013, reprise en décembre 2014
- Au monde et Les Marchands, septembre 2013
- Une année sans été,  avril 2014

 

Lecture de Pinocchio

des extraits du roman de Carlo Collodi, à partir duquel Joël Pommerat a écrit son spectacle, seront lus par Thibault de Montalembert.
À écouter en famille avant de découvrir le spectacle !

Samedi 28 Novembre 2015 / 15h00 / Odéon 6e / Salon Roger Blin

 

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  • Pinocchio | photo © Elisabeth Carecchio

    photo © Elisabeth Carecchio

  • Pinocchio | photo © Elisabeth Carecchio

    photo © Elisabeth Carecchio

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    photo © Elisabeth Carecchio

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