10-15 novembre 2015 / Odéon 6e
en espagnol et suédois, surtitré

Primera carta de San Pablo a los Corintios

Cantata BWV 4, Christ lag in Todesbanden. Oh, Charles ! d’Angélica Liddell

avec Victoria Aime, Angélica Liddell, Ugo Giacomazzi en alternance avec Borja López et Sindo Puche

Durée

1h25

Lieu

Odéon 6e

Tarifs

de 6€ à 40€

Ouverture à la location le 30/09/2015 par internet, et le 07/10/2015 aux guichets et par téléphone.

Yo pido milagros
Tú los haces.


Moi j’attends
des miracles
Toi tu les réalises.

Secrète, nocturne et ténébreuse

Angélica Liddell a toujours fait salle comble à l’Odéon. L’intensité de sa présence, son engagement en scène n’ont pas d’équivalent. Elle nous revient, toujours dans le cadre du Festival d’Automne, avec un second volet de sa trilogie du Cycle des résurrections et y interroge sa relation intime au sacré, «seule transgression possible car il va à l’encontre de tout calcul de la raison». La foi et l’amour sont tous deux prérationnels, ils nous mettent en contact avec des zones originaires de l’humain antérieures à la distinction entre le juste et l’injuste ou à la fondation du pacte social. Ils précèdent toute morale, excèdent toute possibilité d’expression ; tout au plus, écrit Liddell, relèvent-ils de régions appartenant «à la révélation – au fait de retirer le voile – parce qu’elles constituent le noyau de la vie secrète, nocturne et ténébreuse, incompréhensible». La scène devient dès lors le lieu où advient cette zone «irreprésentable», insensée aux yeux des sages, où «se lient l’amour et la foi, corroborés par la folie».
Trois lettres entre confession et déclaration sous-tendent «l’espace tragique» de ce spectacle «où sont réunis Dieu, l’amour et la mort». Quelques versets de la Première épître aux Corinthiens de Saint Paul y rappellent la position absolument transcendante que l’apôtre assigne à l’amour, dont la puissance fait voler en éclats toute logique intramondaine. Mais les premiers mots à résonner, en langue suédoise,sontceux que Marta écrit à Tomas dans Les Communiants de Bergman, pour avouer à ce pasteur qui a perdu la foi : «j’ai prié pour me voir confier une mission digne de ma force, et j’en ai reçu une : cette mission, c’est toi». Angélica Liddell la fait suivre de sa propre «Lettre de la Reine du Calvaire au Grand Amant». Toutes les frontières rassurantes posées par l’entendement rationnel – entre chair et esprit, humain et divin, ciel et terre, liberté et soumission – sont emportées par un élan mystique, au mépris de «toutes les lois que nous devons respecter dans la vie». L’amour extrême, excès par-delà toute limite, fait palpiter le cœur de cette création, que la violence spirituelle irrigue comme un sang noir.  

 

Certaines scènes de ce spectacle peuvent heurter la sensibilité des plus jeunes, il est déconseillé aux moins de 16 ans

scénographie et costumes Angélica Liddell
lumière Carlos Marquerie
son Antonio Navarro
traduction en français Christilla Vasserot

figurantes : Carine Baillod, Emmanuelle Coutelier, Yaya, Sonia Noya, Murielle Tenger
et aussi une figurante par soirée : Eléonore Baron, Hélène Beilvaire, Moïra Dalant, Zélinda Fert, Saskia Maitrepierre, Marie Mottet, Catherine Richon, Louise Roux, Juliette Andréa Thierrée


production déléguée Atra Bilis Teatro / Iaquinandi, S.L.
coproduction Théâtre de Vidy, Odéon-Théâtre de l’Europe, Festival d’Automne à Paris, 68° Ciclo di Spettacoli Classici al Teatro Olimpico di Vicenza – Comune di Vicenza, Fondazione Teatro Comunale Città di Vicenza, La Bâtie– Festival de Genève, Theater Chur, Künstlerhaus Mousonturm, Bonlieu Scène nationale Annecy

avec le soutien de la Communauté de Madrid et du Ministère de l’Éducation, de la Culture et des Sports – INAEM

avec le Festival d’Automne à Paris

créé le 19 mars 2015 au Théâtre de Vidy


certaines scènes de ce spectacle peuvent heurter la sensibilité des plus jeunes, il est déconseillé aux moins de 16 ans
 

Avec le

Liddell Angélica

Angélica Liddell est née à Figueres (Espagne) en 1966. Après des études de psychologie et d’art dramatique, elle fonde au début des années 1990 la compagnie Atra Bilis (la «bile noire» en latin, considérée par la médecine antique comme étant la source du génie et de la mélancolie). Auteure, metteure en scène, performeuse, elle a signé depuis une vingtaine de pièces.
C’est en 2010 que le public de théâtre francophone découvre Angélica Liddell au Festival d’Avignon : elle y présente deux pièces coups de poing, El año de Ricardo et La Casa de la fuerza, spectacle présenté à l’Odéon-Théâtre de l’Europe en mars 2012, un an avant Todo el cielo sobre la tierra (El síndrome de Wendy). Elle est entrée dernièrement dans une série de pièces intitulée «Le cycle de la résurrection», dont font partie You Are My Destiny (Lo stupro di Lucrezia) présenté à l’Odéon-Théâtre
de l’Europe en décembre 2014, Tandy et Primera carta de San Pablo a los Corintios.
Angélica Liddell a reçu le Lion d’argent Théâtre lors de la Biennale de Venise 2013. En France, ses œuvres sont publiées chez Théâtrales ou aux Solitaires Intempestifs, dans des traductions de Christilla Vasserot.

 

Je regarde les lieux du haut desquels je sauterais dans le vide et cela fait que mon corps ait l’odeur du sang. Ton Image fait que mon corps ait l’odeur du sang. L’origine de la tragédie est l’origine même de la vie : l’énigme. Ta vie est une énigme, dit Tirésias à Œdipe, l’énigme est ce qui nous fait marcher de manière irréversible vers la mort. Le désir de connaissance donne forme à l’angoisse, et l’énigme se sert de l’amour pour nous emporter jusqu’aux rives du massacre, l’amour est cette violence inexplicable, le pouvoir par le biais duquel sont transgressés l’ordre social et la loi, c’est lui qui trace la route de notre destin, l’amour est ce qui nous met en contact avec le prérationnel, avec quelque chose de plus profond que les sentiments, il nous met en contact avec la vibration primitive de l’esprit, avec ce qui ne peut encore être nommé. Le Christ, Charles Manson ou Toi, l’amour ne distingue entre aucun des trois, car l’amour est la folie de Dieu, et la faiblesse de Dieu, et la soumission se transforme en offrande, et il n’y a pas de jugement moral possible. À la fin du jour tes enfants viennent, une faucille à la main, et l’un après l’autre ils me coupent le cou. Ils ne savent pasque j’ai dans mon corps ton sexe mutilé, et je ressens plus de plaisir avec la mort que celui qu’on peut recueillir dans tous les bordels du monde.  

 

Carta de la Reina del Calvario al Gran Amante

Necesito saber que no estoy equivocada.
Todo esto no puede estar solamente
dentro de mí.

Tal vez estoy intentando salvar aquello
que no debe ser salvado,
algo torcido que hasta las aves dejarían
morir nada más nacer.
Es posible que haya sembrado entre espinos.

Me siento como uno de esos perros
con enfermedades en la piel.
Soy tan insignificante, tan fea,
que ni siquiera con un navajazo en la
cara podrían ultrajarme, ni siquiera
cubriéndome de escupitajos.
No se distinguiría mi cara del esputo.

Para que te hagas una idea,
soy una pocilga en la que están a punto
de prenderle fuego a todos los cerdos,
la colilla de un borracho, el mechero de
un idiota, el descuido de un retrasado...
Yo, que deseo arder como la santas,
ardo como una cerda, a manos de los retrasados.

Esta mañana, desde el autobús,
veía las cosas bellas de la tierra,
potros mamando, almendros en flor,
lomos de hermosos animales,
y he pensado, ahí está la respuesta,
Dios no ha creado la belleza para mí.
Cada vez que me asomo a mirarla me
castiga, como si le cosieran la boca a un hambriento.

Pero es precisamente el concepto de
castigo lo que me ayuda a vivir.
Y merecerlo.

Angélica Liddell (extrait du spectacle)

 

Lettre de la Reine du Calvaire au Grand Amant

J’ai besoin de savoir que je ne me trompe pas.
Tout cela ne peut pas être seulement à l’intérieur de moi.

Peut-être suis-je en train d’essayer
de sauver ce qui n’a pas à être sauvé,
quelque chose de tordu que même
les oiseaux laisseraient mourir à la naissance.
J’ai peut-être semé parmi les épines.

Je me sens comme un de ces chiens
avec une maladie de peau.
Je suis tellement laide et insignifiante
que même avec un coup de canif en
pleine face, même en me couvrant de
crachats, on aurait bien du mal à
m’outrager. On ne distinguerait pas
mon visage du crachat.

Pour te donner une idée,
je suis une porcherie où l’on va brûler
tous les porcs,
le mégot d’un ivrogne, le briquet d’un
idiot, l’inattention d’un attardé...
Moi qui désire brûler comme les saintes,
je brûle comme une truie aux mains des attardés.

Ce matin, depuis l’autobus,
je voyais les belles choses qui sont sur terre,
des poulains en train de téter, des
amandiers en fleur, l’échine élégante des animaux,
et j’ai pensé : la réponse est là,
Dieu n’a pas créé la beauté pour moi.
Chaque fois que je la regarde, il me
punit, c’est comme coudre la bouche d’un affamé.

Mais ce qui m’aide à vivre, c’est
justement l’idée du châtiment.
Et de le mériter.

Angélica Liddell (texte français de Christilla Vasserot)
 

Le Maillon, Strasbourg

Mardi 1 Décembre 2015 / 20h30
Mercredi 2 Décembre 2015 / 20h00
Jeudi 3 Décembre 2015 / 20h00
Le Maillon

Theater Chur, Chur, Suisse

Samedi 30 Janvier 2016 / 20h00 Theater Chur

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