Dom Juan


Quelle impression étrange, lorsque le travail d'une équipe réussit à donner le sentiment aux spectateurs qu'ils découvrent une pièce archiconnue pour la première fois ! Et ce, en premier lieu, grâce aux acteurs [...] qui jouent la pièce au présent, et non comme si la fin était courue d'avance. C'est élémentaire, mais si rare !
Anne Diatkine, Libération Next, 31 mars 2016

En Dom Juan, Nicolas Bouchaud est saisissant, impérial. Prestance de fauve, noirceur de l’œil, tout en miel et en arrogance, il cajole, fait rire, et terrifie. Lui donne la réplique un Sganarelle d'anthologie, Vincent Guédon, capable de toutes les intensités et de toutes les drôleries. Quand, après que son maître lui a dit n'avoir point l'âme ébranlée par le Commandeur, et qu'il s'écrie : "Ah ! quel homme ! quel homme !", on perçoit son effroi, son admiration, sa secrète envie, et avec lui on tremble. Le reste de la troupe est au diapason : un régal. (...) Ne le ratez pas !
Jean-Luc Porquet, Le Canard enchaîné, 20 avril 2016

Dans le sublime décor d'échafaudage céleste éclairé de lustres-planètes (...) alternent burlesque et gravité. Chaque scène est réglée comme un numéro de cirque, marqué d'une pointe noire de désespoir. Le metteur en scène mixe avec audace son théâtre de bois, de sable et de plumes avec des éclairages de concert-rock et des musiques de film. Dom Juan est "road-movie" ou série à épisodes serrés, et la fable n'en est que plus belle.
Philippe Chevilley, Les Échos, 29 mars 2016

 

Avec Tartuffe, note Jean-François Sivadier, Molière était «  allé trop loin » ; avec Dom Juan, il va plus loin encore. Par ce nouveau coup de folle audace, Molière invente sa version de l’un des derniers mythes qu’ait produits la littérature de l’Occident. Dom Juan, avec Hamlet, avec Faust, compte parmi les grandes figures inaugurales de la modernité. Il y entre à grands pas, marchant ferme sur ces «  deux jambes »  que sont « le  rire et l’effroi ».  Son siècle est celui qu’a ouvert Galilée, autre héros cher au metteur en scène. Désormais, la croyance n’est plus affaire de soumission à une autorité, spirituelle ou temporelle, mais de rationalité argumentée. L’existence n’a plus à se conformer aux commandements d’aucun Commandeur : elle est faite pour être explorée, par toutes les voies. À la crédulité superstitieuse, simple réflexe conditionné, se substitue la libre réflexion du libertin. Dom Juan s’y voue avec une insolence, un appétit, une allégresse extraordinaires. Et ce « tour du monde », dans cette pièce à rebondissements, capricieuse et romanesque, « ressemble surtout à un tour sur lui-même », à l’état des lieux d’un sujet résolu à « tenter d’épuiser le monde et de s’épuiser lui-même pour se sentir vivant ».  Improvisateur romanesque et sauvage, le Dom Juan de Nicolas Bouchaud, fidèle compagnon théâtral de Sivadier, saccage tout sur sa route, toutes les convenances éthiques et esthétiques. Les lois sont des liens, mais qui ne ligotent que leurs victimes consentantes. Dom Juan ne s’engage qu’au dégagement, à la variation indéfinie, au voyage sans limites et sans retour (il est significatif que la seule fois qu’il tient parole, il cause sa perte sur une poignée de main). Tant pis pour les autres.

Dom Juan viole, Dom Juan séduit. Il fuit, il combat. Lâche, brave, subtil, brutal voire criminel, peu lui importe. Il ne craint rien, et surtout pas la contradiction ni même le ridicule. Il lui suffit d’être soi et fidèle à soi. L’hypocrisie, qu’il découvre en fin de parcours, n’est qu’une arme de plus dans sa panoplie. Pourquoi donc devrait-il être sincère envers quiconque ? Tout devoir n’est qu’une dette, et Dom Juan ne s’en reconnaît aucune. C’est l’éternelle illusion des pères que de croire que leurs fils leur doivent le jour ; c’est la sempiternelle naïveté des créanciers qui les persuade que leurs débiteurs sont tenus de les rembourser ; c’est l’immortelle bêtise des valets que d’espérer de leurs maîtres qu’ils leur régleront leurs gages avant que le rideau ne tombe. Et que dire des pauvres épouses qui se fient aux belles promesses de leurs maris ?

Jongleur, joueur, acteur, Dom Juan selon Sivadier est un «  corps offert comme un espace de projection à toutes les interprétations ». Un peu clown aussi, car « la comédie commence toujours dans la rencontre malheureuse de la théorie et de la pratique ». Faisant de la scène « une arène » où jouer ses tours avant sa mise à mort, Dom Juan serait insaisissable s’il n’y avait la statue du Commandeur au bout de sa route. Mais il n’est même pas sûr que « le  convive de pierre »  maîtrise tout à fait ce diable d’homme. Car le feu de la damnation consume Dom Juan, mais n’efface pas les paroles qu’il a prononcées... Et la machine infernale qu’est le théâtre de « la bande à Sivadier » est là pour en attiser les flammes – au présent, soir après soir.

Odéon 6e

Place de l'Odéon Paris 75006 France

Odéon 6e

14 septembre – 04 novembre 2016 / Durée 2h30

Dom Juan

de Molière

mise en scène Jean-François Sivadier

avec Marc Arnaud, Nicolas Bouchaud, Stephen Butel, Vincent Guédon, Lucie Valon, Marie Vialle

Horaires

20h du mardi au samedi / 15h le dimanche

Durée 2h30

Votre venue

Odéon 6e
Accès

Tarifs

de 6€ à 40€
En savoir plus

Ouverture à la location par internet le 29 août, au guichet et par téléphone le 31 août.

Un grand texte. Une superbe équipe animée par un metteur en scène passionnant et passionné : Jean-François Sivadier, qui revient à Dom Juan vingt ans après une première approche. Une troupe intense, solidaire et engagée, forte de plusieurs années de travail en commun, emmenée par un protagoniste flamboyant : Nicolas Bouchaud, avec à ses côtés Vincent Guédon, d'ores et déjà qualifié de « Sganarelle d'anthologie ». Un classique plus que décapé : remis à neuf et à nu, jonglant avec « le rire et l'effroi ». Un spectacle applaudi partout où il est passé, fidèle au génie de Molière : comique et critique, brillamment provocateur, d'une folle et nécessaire liberté.

  • Dom Juan | Dom Juan, photo © Jean-Louis Fernandez
    Dom Juan, photo © Jean-Louis Fernandez
  • Dom Juan | Dom Juan, photo © Jean-Louis Fernandez
    Dom Juan, photo © Jean-Louis Fernandez
  • Dom Juan | Dom Juan, photo © Jean-Louis Fernandez
    Dom Juan, photo © Jean-Louis Fernandez
  • Dom Juan | Dom Juan, photo © Brigitte Enguerand
    Dom Juan, photo © Brigitte Enguerand
  • Dom Juan | Dom Juan, photo © Brigitte Enguerand
    Dom Juan, photo © Brigitte Enguerand

Dans le cadre des Bibliothèques de l'Odéon

Un peu, beaucoup, passionnément Don Juan

Rencontre avec Jean-Charles Darmon, professeur de littérature, spécialiste du XVIIe siècle.

Mardi 4 octobre / 18h00 / Odéon 6e − Salon Roger Blin

 

Et rencontre avec l'équipe artistique à l'issue de la représentation ce même mardi 4 octobre.

Dans le cadre des Bibliothèques de l'Odéon

De la séduction

Rencontre avec Vincent Delecroix, romancier et philosophe.
Repartant de la figure de Don Juan, entre Molière, Mozart et Kierkegaard, nous nous demanderons s’il ne faut voir dans la séduction que ruse et tromperie ou une dimension incontournable de la relation amoureuse.

Jeudi 13 Octobre 2016 / 18h00 − Salon Roger Blin

À lire

Entretien avec le metteur en scène Jean-François SIvadier

Dans quelles circonstances avez-vous abordé la pièce pour la première fois ?
J'ai découvert la pièce, je veux dire de l'intérieur, « physiquement », quand j'ai terminé la mise en scène que la disparition brutale de Didier-Georges Gabily avait laissée inachevée, en 1996... Il y a 20 ans...

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Bible du spectacle

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Quelle impression étrange, lorsque le travail d'une équipe réussit à donner le sentiment aux spectateurs qu'ils découvrent une pièce archiconnue pour la première fois ! Et ce, en premier lieu, grâce aux acteurs [...] qui jouent la pièce au présent, et non comme si la fin était courue d'avance. C'est élémentaire, mais si rare !
Anne Diatkine, Libération Next, 31 mars 2016

En Dom Juan, Nicolas Bouchaud est saisissant, impérial. Prestance de fauve, noirceur de l’œil, tout en miel et en arrogance, il cajole, fait rire, et terrifie. Lui donne la réplique un Sganarelle d'anthologie, Vincent Guédon, capable de toutes les intensités et de toutes les drôleries. Quand, après que son maître lui a dit n'avoir point l'âme ébranlée par le Commandeur, et qu'il s'écrie : "Ah ! quel homme ! quel homme !", on perçoit son effroi, son admiration, sa secrète envie, et avec lui on tremble. Le reste de la troupe est au diapason : un régal. (...) Ne le ratez pas !
Jean-Luc Porquet, Le Canard enchaîné, 20 avril 2016

Dans le sublime décor d'échafaudage céleste éclairé de lustres-planètes (...) alternent burlesque et gravité. Chaque scène est réglée comme un numéro de cirque, marqué d'une pointe noire de désespoir. Le metteur en scène mixe avec audace son théâtre de bois, de sable et de plumes avec des éclairages de concert-rock et des musiques de film. Dom Juan est "road-movie" ou série à épisodes serrés, et la fable n'en est que plus belle.
Philippe Chevilley, Les Échos, 29 mars 2016

 

Avec Tartuffe, note Jean-François Sivadier, Molière était «  allé trop loin » ; avec Dom Juan, il va plus loin encore. Par ce nouveau coup de folle audace, Molière invente sa version de l’un des derniers mythes qu’ait produits la littérature de l’Occident. Dom Juan, avec Hamlet, avec Faust, compte parmi les grandes figures inaugurales de la modernité. Il y entre à grands pas, marchant ferme sur ces «  deux jambes »  que sont « le  rire et l’effroi ».  Son siècle est celui qu’a ouvert Galilée, autre héros cher au metteur en scène. Désormais, la croyance n’est plus affaire de soumission à une autorité, spirituelle ou temporelle, mais de rationalité argumentée. L’existence n’a plus à se conformer aux commandements d’aucun Commandeur : elle est faite pour être explorée, par toutes les voies. À la crédulité superstitieuse, simple réflexe conditionné, se substitue la libre réflexion du libertin. Dom Juan s’y voue avec une insolence, un appétit, une allégresse extraordinaires. Et ce « tour du monde », dans cette pièce à rebondissements, capricieuse et romanesque, « ressemble surtout à un tour sur lui-même », à l’état des lieux d’un sujet résolu à « tenter d’épuiser le monde et de s’épuiser lui-même pour se sentir vivant ».  Improvisateur romanesque et sauvage, le Dom Juan de Nicolas Bouchaud, fidèle compagnon théâtral de Sivadier, saccage tout sur sa route, toutes les convenances éthiques et esthétiques. Les lois sont des liens, mais qui ne ligotent que leurs victimes consentantes. Dom Juan ne s’engage qu’au dégagement, à la variation indéfinie, au voyage sans limites et sans retour (il est significatif que la seule fois qu’il tient parole, il cause sa perte sur une poignée de main). Tant pis pour les autres.

Dom Juan viole, Dom Juan séduit. Il fuit, il combat. Lâche, brave, subtil, brutal voire criminel, peu lui importe. Il ne craint rien, et surtout pas la contradiction ni même le ridicule. Il lui suffit d’être soi et fidèle à soi. L’hypocrisie, qu’il découvre en fin de parcours, n’est qu’une arme de plus dans sa panoplie. Pourquoi donc devrait-il être sincère envers quiconque ? Tout devoir n’est qu’une dette, et Dom Juan ne s’en reconnaît aucune. C’est l’éternelle illusion des pères que de croire que leurs fils leur doivent le jour ; c’est la sempiternelle naïveté des créanciers qui les persuade que leurs débiteurs sont tenus de les rembourser ; c’est l’immortelle bêtise des valets que d’espérer de leurs maîtres qu’ils leur régleront leurs gages avant que le rideau ne tombe. Et que dire des pauvres épouses qui se fient aux belles promesses de leurs maris ?

Jongleur, joueur, acteur, Dom Juan selon Sivadier est un «  corps offert comme un espace de projection à toutes les interprétations ». Un peu clown aussi, car « la comédie commence toujours dans la rencontre malheureuse de la théorie et de la pratique ». Faisant de la scène « une arène » où jouer ses tours avant sa mise à mort, Dom Juan serait insaisissable s’il n’y avait la statue du Commandeur au bout de sa route. Mais il n’est même pas sûr que « le  convive de pierre »  maîtrise tout à fait ce diable d’homme. Car le feu de la damnation consume Dom Juan, mais n’efface pas les paroles qu’il a prononcées... Et la machine infernale qu’est le théâtre de « la bande à Sivadier » est là pour en attiser les flammes – au présent, soir après soir.

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Mardi 4 octobre / 18h00 / Odéon 6e − Salon Roger Blin

 

Et rencontre avec l'équipe artistique à l'issue de la représentation ce même mardi 4 octobre.

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Repartant de la figure de Don Juan, entre Molière, Mozart et Kierkegaard, nous nous demanderons s’il ne faut voir dans la séduction que ruse et tromperie ou une dimension incontournable de la relation amoureuse.

Jeudi 13 Octobre 2016 / 18h00 − Salon Roger Blin

À lire

Entretien avec le metteur en scène Jean-François SIvadier

Dans quelles circonstances avez-vous abordé la pièce pour la première fois ?
J'ai découvert la pièce, je veux dire de l'intérieur, « physiquement », quand j'ai terminé la mise en scène que la disparition brutale de Didier-Georges Gabily avait laissée inachevée, en 1996... Il y a 20 ans...

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De la séduction

Rencontre avec Vincent Delecroix, romancier et philosophe.
Repartant de la figure de Don Juan, entre Molière, Mozart et Kierkegaard, nous nous demanderons s’il ne faut voir dans la séduction que ruse et tromperie ou une dimension incontournable de la relation amoureuse.

Jeudi 13 Octobre 2016 / 18h00 − Salon Roger Blin

À lire

Entretien avec le metteur en scène Jean-François SIvadier

Dans quelles circonstances avez-vous abordé la pièce pour la première fois ?
J'ai découvert la pièce, je veux dire de l'intérieur, « physiquement », quand j'ai terminé la mise en scène que la disparition brutale de Didier-Georges Gabily avait laissée inachevée, en 1996... Il y a 20 ans...

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Bible du spectacle

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Générique

collaboration artistique Nicolas Bouchaud, Véronique Timsit
scénographie Daniel Jeanneteau, Jean-François Sivadier, Christian Tirole
lumière Philippe Berthomé
costumes Virginie Gervaise
maquillages, perruques Cécile Kretschmar
son Eve-Anne Joalland

production déléguée Théâtre National de Bretagne – Rennes
coproduction Compagnie Italienne avec Orchestre, Odéon-Théâtre de l’Europe, MC2: Grenoble, Châteauvallon – Scène Nationale, Le Grand T – Théâtre de Loire-Atlantique, Printemps des Comédiens – Montpellier

durée 2h30

avec le soutien du Cercle de l’Odéon

 

 

 

 

Metteur en scène

Jean-François Sivadier

Issu de l’école du TNS, Jean-François Sivadier travaille d’abord comme comédien. En 1996 il écrit et met en scène Italienne avec orchestre au Cargo à Grenoble. C’est son premier spectacle accueilli à l’Odéon, dans le cadre du Festival Paris quartier d'été, en juillet 1996. Au TNB, où il est artiste associé depuis 2000, il a créé Le Mariage de Figaro de Beaumarchais (2000) ; La Vie de Galilée de Brecht (2002 et 2014) ;  La Mort de Danton de Büchner (2005) ; Le Roi Lear de Shakespeare (d’abord présenté au Festival d’Avignon 2007) ; La Dame de chez Maxim de Feydeau (2009) ; Noli me tangere, dont il signe le texte (2011) ; Le Misanthrope, de Molière (2013) ;  ces trois derniers spectacles ont été accueillis à l’Odéon.
Grand prix du Syndicat de la critique en 2004, Sivadier aime s’entourer d’une même bande de comédiens, au service d’un théâtre direct, collectif, dont les enjeux sont partagés chaque soir avec les spectateurs.
À l’opéra, il a mis en scène depuis 2004 des œuvres de Puccini, Berg, Mozart, Bizet, Verdi ou Monteverdi. Ses textes sont publiés aux Solitaires Intempestifs.

À l'Odéon :
- Italienne avec orchestre, de Jean-François Sivadier, juillet 1996
- La Dame de chez Maxim, de Feydeau, 2009
- Noli me tangere, de Jean-François Sivadier, Ateliers Berthier, 2011
- Le Misanthrope, de Molière, 2013
- Dom Juan, de Molière, 2016

Extrait

Sganarelle  — Je veux savoir un peu vos pensées à fond.
Est-il possible que vous ne croyiez point du tout au Ciel ?
Dom Juan — Laissons cela.
Sganarelle — C’est-à-dire que non. Et à l’Enfer ?
Dom Juan — Eh.
Sganarelle — Tout de même.
Et au diable, s’il vous plaît ?
Dom juan — Oui, oui.

Molière : Dom Juan