Soudain l'été dernier

« Soudain l’été dernier », que s’est-il passé à Cabeza de Lobo, une modeste station balnéaire espagnole où le poète Sebastien Venable, un riche américain, passait des vacances et où il a trouvé la mort dans des conditions mystérieuses ? 
Faut-il en croire la version affreuse qu’en donne l’unique témoin, sa cousine Catherine ?
Une histoire – comme le dit son frère – qu’on ne peut raconter « à des gens civilisés dans un pays moderne et civilisé » !
Est-ce le délire d’une malade mentale, comme l’affirme Violette, la mère de Sébastien, qui a déjà fait interner Catherine pour qu’elle cesse de salir la mémoire de son fils ? Pour sa mère, la personnalité ascétique de Sébastien est sans rapport avec celle que Catherine décrit...
Qui était Sébastien ? Que cherchait-il ?  Comment comprendre sa fascination pour cette scène vue sur les plages des Galápagos : ces bébés tortues à peine écloses et courant désespérément vers la mer tandis que des oiseaux carnassiers fondent sur elles et rougissent la plage de leur sang. Auxquels de ces animaux s’identifiait-il ? Aux tortues ou aux oiseaux, aux plus fragiles ou aux plus féroces de ce monde ?
C’est un peu cette énigme que la pièce nous propose de suivre et qu’elle ne résoudra jamais complètement.

Tennessee Williams ne reconnaissait pas son œuvre dans le film de Mankiewicz, avec Catherine Hepburn et Elisabeth Taylor, qui a pourtant rendu sa pièce célèbre. Il le trouvait trop réaliste, et reprochait à Mankiewicz d’avoir pris au pied de la lettre sa métaphore de la « dévoration » alors que pour lui il s’agissait d’une « allégorie » sur la façon dont « les êtres se dévorent entre eux ».
 Il aurait sans doute préféré qu’une part de fantasme demeure, sans doute parce que le fantasme porte parfois plus de vérité que la réalité proprement dite, donne accès à d’autres strates de la réalité... et cela, c’est ce que le théâtre sait faire.
D’ailleurs il insiste pour que le décor ne soit pas réaliste, la villa de Mme Venable étant constituée en partie par une jungle de fougères géantes d’avant la création de l’humanité, la “jungle bien ordonnée de Sébastien”.

C’est cela qu'il m’intéresse de mettre en scène, ce grand poème aux allures de jungle, ces êtres d’effroi, fragiles et violents, en équilibre sur des gouffres, ces forces psychiques qui s’exercent dans l’inconscient des deux femmes, ce jardin du bien et du mal où un psychiatre au surnom faussement rassurant (« Sugar ») tente – comme nous spectateurs – de faire son chemin.

Stéphane Braunschweig

Odéon 6e

Place de l'Odéon Paris 75006 France

Odéon 6e

10 mars – 14 avril 2017 / Durée 1h35

Soudain l'été dernier

de Tennessee Williams

mise en scène et scénographie Stéphane Braunschweig

avec Jean-Baptiste Anoumon, Océane Cairaty, Virginie Colemyn, Boutaïna El Fekkak, Glenn Marausse, Luce Mouchel, Marie Rémond

création

Horaires

du mardi au samedi à 20h, le dimanche à 15h, relâche exceptionnelle le dimanche 12 mars.

Durée 1h35

Votre venue

Odéon 6e
Accès

Tarifs

de 6€ à 40€
En savoir plus

Ouverture à la location par internet le 25 janvier, au guichet et par téléphone le 1er février, et le 22 février 2017 pour les avant-premières.

Accessibilité

audiodescription mardi 21 mars / 20h
dimanche 26 mars / 15h

surtitrage en français dimanche 19 mars / 15h
mardi 28 mars / 20h

La Fondation Etienne et Maria RAZE a pour ambition le développement de l’autonomie des aveugles et des malvoyants par une aide matérielle et un partage de valeurs humaines.

Soudain, l’été dernier, quelque chose s’est rompu. Un poète est mort à l’étranger, loin de chez lui. Et sur sa fin, une rumeur affreuse circule... Pour préserver sa mémoire, sa mère est prête à tout – y compris à faire interner la jeune cousine qui fut la seule à assister au drame. Comment arbitrer le combat sans merci entre les deux femmes ? Qui croire, et comment dénouer les lianes du réel et du désir ? La pièce a frappé Stéphane Braunschweig par « la manière dont la réalité s’y révèle sous les airs du plus terrifiant des fantasmes. » Il explore ici les terres torrides de Tennessee pour la première fois.

  • Soudain l'été dernier | photo © Élizabeth Carecchio
    photo © Élizabeth Carecchio
  • Soudain l'été dernier | photo © Élizabeth Carecchio
    photo © Élizabeth Carecchio
  • Soudain l'été dernier | photo © Thierry Depagne
    photo © Thierry Depagne
  • Soudain l'été dernier | photo © Élizabeth Carecchio
    photo © Élizabeth Carecchio
  • Soudain l'été dernier | photo © Thierry Depagne
    photo © Thierry Depagne
  • Soudain l'été dernier | photo © Élizabeth Carecchio
    photo © Élizabeth Carecchio
  • Soudain l'été dernier | photo © Thierry Depagne
    photo © Thierry Depagne
  • Soudain l'été dernier | photo © Élizabeth Carecchio
    photo © Élizabeth Carecchio
  • Soudain l'été dernier | photo © Thierry Depagne
    photo © Thierry Depagne

« Soudain l’été dernier », que s’est-il passé à Cabeza de Lobo, une modeste station balnéaire espagnole où le poète Sebastien Venable, un riche américain, passait des vacances et où il a trouvé la mort dans des conditions mystérieuses ? 
Faut-il en croire la version affreuse qu’en donne l’unique témoin, sa cousine Catherine ?
Une histoire – comme le dit son frère – qu’on ne peut raconter « à des gens civilisés dans un pays moderne et civilisé » !
Est-ce le délire d’une malade mentale, comme l’affirme Violette, la mère de Sébastien, qui a déjà fait interner Catherine pour qu’elle cesse de salir la mémoire de son fils ? Pour sa mère, la personnalité ascétique de Sébastien est sans rapport avec celle que Catherine décrit...
Qui était Sébastien ? Que cherchait-il ?  Comment comprendre sa fascination pour cette scène vue sur les plages des Galápagos : ces bébés tortues à peine écloses et courant désespérément vers la mer tandis que des oiseaux carnassiers fondent sur elles et rougissent la plage de leur sang. Auxquels de ces animaux s’identifiait-il ? Aux tortues ou aux oiseaux, aux plus fragiles ou aux plus féroces de ce monde ?
C’est un peu cette énigme que la pièce nous propose de suivre et qu’elle ne résoudra jamais complètement.

Tennessee Williams ne reconnaissait pas son œuvre dans le film de Mankiewicz, avec Catherine Hepburn et Elisabeth Taylor, qui a pourtant rendu sa pièce célèbre. Il le trouvait trop réaliste, et reprochait à Mankiewicz d’avoir pris au pied de la lettre sa métaphore de la « dévoration » alors que pour lui il s’agissait d’une « allégorie » sur la façon dont « les êtres se dévorent entre eux ».
 Il aurait sans doute préféré qu’une part de fantasme demeure, sans doute parce que le fantasme porte parfois plus de vérité que la réalité proprement dite, donne accès à d’autres strates de la réalité... et cela, c’est ce que le théâtre sait faire.
D’ailleurs il insiste pour que le décor ne soit pas réaliste, la villa de Mme Venable étant constituée en partie par une jungle de fougères géantes d’avant la création de l’humanité, la “jungle bien ordonnée de Sébastien”.

C’est cela qu'il m’intéresse de mettre en scène, ce grand poème aux allures de jungle, ces êtres d’effroi, fragiles et violents, en équilibre sur des gouffres, ces forces psychiques qui s’exercent dans l’inconscient des deux femmes, ce jardin du bien et du mal où un psychiatre au surnom faussement rassurant (« Sugar ») tente – comme nous spectateurs – de faire son chemin.

Stéphane Braunschweig

En vidéo

Avant-premières

Dates et heures Ouvertures de location Tarifs uniques à 50%
8 et 9 mars / 20h
22 février 2017
20€ / 14€ / 9€ / 7€

Les avant-premières de l'Odéon, ce sont 6000 places à moitié prix. 
Pour tous les spectacles programmés sur une période longue, nous proposons deux avant-premières à moitié prix.
En savoir plus

Générique

traduction Jean-Michel Déprats, Marie-Claire Pasquier
collaboration artistique Anne-Françoise Benhamou
collaboration à la scénographie Alexandre de Dardel
assistante à la scénographie Lisetta Buccellato
costumes Thibault Vancraenenbroeck
lumière Marion Hewlett
Son Xavier Jacquot
vidéo François Gestin
assistante à la mise en scène Amélie Énon

production Odéon-Théâtre de l’Europe

durée estimée 1h45

avec le soutien du Cercle de l’Odéon

Suddenly Last Summer by Tennessee Williams
L’auteur est représenté dans les pays de langue française par Renauld & Richardson, info@paris-mcr
en accord avec Casarotto Ramsay Ltd, London.
Soudain l’été dernier est présenté en accord avec The University of the South, Sewanee, Tennessee

 

Metteur en scène

Stéphane Braunschweig

Stéphane Braunschweig est né en 1964 à Paris. Après des études de philosophie à l'Ecole Normale Supérieure, il rejoint en 1987 l’École du Théâtre National de Chaillot dirigé par Antoine Vitez, où il reçoit une formation théâtrale pendant deux ans.

En 1988, il fonde sa compagnie, Le Théâtre-Machine, avec laquelle il crée ses premiers spectacles. En 1991, au Centre Dramatique National de Gennevilliers, il les réunit en une trilogie intitulée Les Hommes de neige, pour laquelle il reçoit le Prix de la révélation théâtrale du Syndicat de la critique. Il est dès lors un invité régulier du Festival d’Automne à Paris et commence à présenter son travail dans les grandes capitales européennes (Berlin, Londres, Moscou). En 1992, à l’invitation de Stéphane Lissner, il met en scène son premier opéra au Châtelet.

Stéphane Braunschweig est directeur du Centre Dramatique National/Orléans-Loiret-Centre de 1993 à 1998. Il y crée une dizaine de spectacles qui tournent partout en France et sont accueillis dans les plus grands festivals (Automne à Paris, Avignon, Edimbourg, Istanbul, Rome), et il reçoit pour sa version intégrale du Peer Gynt d’Ibsen le prix Georges Lerminier du Syndicat de la critique. Pendant cette période, il est sollicité à l'étranger, pour l’opéra, notamment à Berlin avec son Fidelio dirigé par Daniel Barenboim, mais aussi à Bruxelles et Venise ; et pour le théâtre, il est invité en Angleterre pour un Measure for Measure de William Shakespeare, au Piccolo Teatro de Milan pour un Mercanto di Venezia du même William Shakespeare, à Munich pour un Woyzeck de Büchner qui lui vaut de recevoir le Bayerischer Theaterpreis (meilleur spectacle de théâtre de l’année en Bavière).

Stéphane Braunschweig est directeur du Théâtre National de Strasbourg et de son école de 2000 à 2008. Il y crée une formation à la mise en scène et à la dramaturgie et confirme le statut de carrefour théâtral européen du Théâtre National de Strasbourg. Parmi ses mises en scène marquantes, Brand d’Ibsen en 2005 et Tartuffe de Molière en 2008 sont couronnés par le Prix Georges Lerminier du Syndicat de la critique. Pendant cette période, il met en scène de nombreux opéras au Festival d’Aix-en-Provence, en particulier un Ring de Wagner en co-production avec le Festival de Pâques de Salzbourg et l’Orchestre Philharmonique de Berlin, dirigé par Simon Rattle. Et en décembre 2008, il crée Don Carlo de Verdi pour l'inauguration de la saison de La Scala de Milan.

Stéphane Braunschweig est directeur du Théâtre National de la Colline de 2010 à 2015. Il s’entoure d’artistes associés (Stanislas Nordey, Célie Pauthe, Caroline Guiela Nguyen). Parmi ses mises en scène, on peut citer son adaptation de Six personnages en quête d’auteur de Pirandello au Festival d’Avignon et tout dernièrement ses Géants de la montagne du même Pirandello, ses créations de l’auteur norvégien contemporain Arne Lygre, ou encore son Canard sauvage, invité par le Festival Ibsen d’Oslo et repris à la Colline en janvier 2016. À l’opéra, il signe notamment des mises en scène pour l’Opéra-Comique (Pelléas et Mélisande de Debussy) et le Théâtre des Champs-Élysées (Idoménée et Don Giovanni de Mozart, Norma de Bellini).

En janvier 2016, Stéphane Braunschweig est nommé à la direction de l'Odéon-Théâtre de l'Europe.

Stéphane Braunschweig, qui a signé une soixantaine de mises en scène et de scénographies tant au théâtre qu'à l'opéra, est également auteur et traducteur. Il a publié aux éditions Actes Sud un recueil de textes et d’entretiens sur le théâtre intitulé Petites portes, grands paysages, et traduit de l’allemand, de l’italien ou du norvégien des pièces de Büchner, Kleist, Brecht, Pirandello et Lygre.

 

Ses mises en scènes à l'Odéon :
Franziska de Frank Wedekind, en janvier 1996
Tartuffe de Molière, en septembre-octobre 2008
Soudain l'été dernier, de Tennessee Williams, en mars-avril 2017
 

Extrait

Catherine.  – Où en étais-je ? Ah oui, à ce déjeuner de cinq heures de l’après-midi dans un restaurant de fruits de mer devant le port de Cabeza de Lobo, situé entre la ville et la mer, et il y avait des enfants nus tout le long de la plage qui était séparée du restaurant par une clôture en fils de fer barbelés, notre table était à moins d’un mètre de la clôture qui tenait les mendiants en respect... Il y avait des enfants nus tout le long de la plage, une bande d’enfants tout nus, affreusement maigres et noirauds, on aurait dit une volée d’oiseaux déplumés, et ils venaient se coller contre le grillage comme s’ils étaient propulsés par le vent, le vent chauffé à blanc qui venait de la mer.

Tennessee Williams : Soudain l’été dernier, trad. Jean-Michel Déprats et Marie-Claire Pasquier

 

 

 

 

Tournées

Théâtre national de Toulouse / Toulouse

29 Mars 2018 - 19h30
30 Mars 2018 - 20h30
01 Avril 2018 - 17h00
03 Avril 2018 - 20h30
04 Avril 2018 - 19h30