La Vita ferma

Lieu où l’on voit, le théâtre est une machine à fantômes. Depuis toujours, il fait place aux absents. C’est en termes théâtraux que Lucia Calamaro (triple lauréate en Italie du prestigieux prix UBU) pose la question de La Vita ferma : celle de ces individus que sont les morts, celle de “leur façon d’exister en nous et en dehors de nous”. Calamaro porte sa quête en scène par le biais d’un récit d’apparence toute simple, mettant en avant un couple, Simona et Riccardo, et Alice, leur fille. Leurs tranches de vie, saisies dans un temps qui tantôt se précipite tantôt se fige, alimentent sans pathos une réflexion sur les liens entre douleur et souvenir, autour de la mort de Simona et de sa présence persistante (voire insistante !) au-delà de sa disparition. Mais chez Calamaro, la gravité des “drames de la pensée” n’exclut pas un humour certain, nourri de ressassements obsessionnels et d’intelligence ironique. Sur le plateau d’un blanc éclatant, les couleurs vives des costumes et des meubles sont autant d’indices vitaux de résistance. Les trois acteurs s’interpellent, s’agrippent allègrement avec une tendresse et un appétit de jeu contredisant les signes extérieurs du deuil. Un hommage éloquent à l’amour de la mémoire, à la mémoire de l’amour.

#LaVitaferma

The dead live on.
And not just in our hearts.
Art may help us welcome their company.

Avec le
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Berthier 17e

France

Berthier 17e

07 novembre – 15 novembre 2017 / Durée 2h45, avec un entracte

La Vita ferma
[La Vie suspendue]

regards sur la douleur du souvenir

texte et mise en scène Lucia Calamaro

avec Riccardo Goretti, Alice Redini, Simona Senzacqua

en italien, surtitré en français

Horaires

du mardi au samedi à 20h, le dimanche à 15h.

Durée 2h45, avec un entracte

Votre venue

Berthier 17e
Accès

Tarifs

de 8€ à 36€
En savoir plus

Ouverture à la location par internet le 4 juillet, au guichet et par téléphone le 29 août

  • La Vita ferma | photo © Lucia Baldini
    photo © Lucia Baldini

Lieu où l’on voit, le théâtre est une machine à fantômes. Depuis toujours, il fait place aux absents. C’est en termes théâtraux que Lucia Calamaro (triple lauréate en Italie du prestigieux prix UBU) pose la question de La Vita ferma : celle de ces individus que sont les morts, celle de “leur façon d’exister en nous et en dehors de nous”. Calamaro porte sa quête en scène par le biais d’un récit d’apparence toute simple, mettant en avant un couple, Simona et Riccardo, et Alice, leur fille. Leurs tranches de vie, saisies dans un temps qui tantôt se précipite tantôt se fige, alimentent sans pathos une réflexion sur les liens entre douleur et souvenir, autour de la mort de Simona et de sa présence persistante (voire insistante !) au-delà de sa disparition. Mais chez Calamaro, la gravité des “drames de la pensée” n’exclut pas un humour certain, nourri de ressassements obsessionnels et d’intelligence ironique. Sur le plateau d’un blanc éclatant, les couleurs vives des costumes et des meubles sont autant d’indices vitaux de résistance. Les trois acteurs s’interpellent, s’agrippent allègrement avec une tendresse et un appétit de jeu contredisant les signes extérieurs du deuil. Un hommage éloquent à l’amour de la mémoire, à la mémoire de l’amour.

#LaVitaferma

The dead live on.
And not just in our hearts.
Art may help us welcome their company.

Avec le

En vidéo

Autour du spectacle

Générique

traduction et surtitrage Federica Martucci
assistante à la mise en scène Camilla Brison
décor et costumes Lucia Calamaro
peintures Marina Haas
directeur technique Giovanni Marocco
lumières Fabio Tomaselli
assistante de production Giusi Salidu
accompagnement et diffusion international Francesca Corona

production Sardegna Teatro, Teatro Stabile dell’Umbria/Terni Festival
en coproduction avec Odéon-Théâtre de l'Europe, Festival d'Automne à Paris
en collaboration avec Teatro di Roma et La Chartreuse – Centre national des écritures du spectacle
avec le soutien de Angelo Mai et PAV

La Vie suspendue suivi de L’Origine du monde, de Lucia Calamaro, est publié aux éditions Actes Sud-Papiers, trad. fr. Federica Martucci, octobre 2017

Metteur en scène

Lucia Calamaro

Dramaturge, metteur en scène, comédienne, Lucia Calamaro a vécu son enfance à Rome, son adolescence à Montevideo, ses années d’études à Paris. Après un diplôme d’art et d’esthétique à la Sorbonne, elle retourne en Uruguay et participe à plusieurs spectacles avant de fonder à Rome en 2003 la compagnie Malebolge, qui lui permet de donner forme à sa propre écriture scénique. En 2008, elle crée Tumore et en 2012, L’Origine du monde, portrait d’un intérieur qui remporte trois prix UBU, dont celui du Meilleur texte original italien (spectacle présenté au Théâtre de la Colline en 2015, dans le cadre du Festival d’Automne). Lucia Calamaro enseigne la dramaturgie à l’école Paolo Grassi de Milan depuis 2014. La Vita ferma a été créé en septembre 2016 au festival de Terni.

Extrait

Simona (touche la main de Riccardo) : Je suis froide ?
Riccardo : Un petit peu... disons juste un peu, fraîche, voilà.
Simona : Vu que je suis là, je voulais te poser une question... ça prend combien de temps ?
Non, je voulais dire : il faut combien de temps pour... ?
C’est-à-dire... Riccardo, par rapport à toi... pas par rapport à la mémoire de n’importe qui, d’un animal, d’une mémoire... de l’espèce, voilà... mais par rapport à toi, à comment tu es fait, toi... à ta mémoire à toi... euh... bref... Riccardo, excuse-moi, hein, ne t’énerve pas... mais toi... toi, tu vas m’oublier ?

Lucia Calamaro : La Vie suspendue, acte I (trad. Federica Martucci, Actes Sud-Papiers, 2017)