Hôtel Feydeau

Vers 1907, sans crier gare, Feydeau change de manière. Depuis quinze ans, ses spectacles ne désemplissent pas. Son règne sur le boulevard est tout à fait incontesté. La critique même, tentée d’abord de faire la fine bouche devant ces œuvres d’un genre « mineur », a fini par rendre les armes. Personne n’agence avec autant de soin diabolique les intrigues les plus délirantes, où chaque détail s’explique par la cascade de conséquences catastrophiques qui finiront par en découler. Personne n’aligne comme lui les répliques les plus bouffonnes, mais en veillant toujours à les inscrire dans un mouvement dramatique qui en justifie le surgissement, car « le théâtre », comme il l’écrit lui-même en 1905, « avant tout, c’est le développement d’une action ». Et pourtant, à quarante-cinq ans, sans raison apparente, Feydeau remet son titre en jeu.

D’après une tradition familiale, tout s’est joué pendant une fin de semaine trop pluvieuse chez des amis. Feydeau a préféré garder la chambre, s’est fait apporter de quoi écrire, et aurait composé Feu la mère de madame en deux jours. Montée quelques mois plus tard, la comédie en un acte s’ajoute à la liste de ses succès. Il y a de quoi. L’horrible nuit de Lucien et d’Yvonne est une bombe comique inoubliable. Mais cette fois-ci, fini les enchaînements virtuoses, les rebondissements ouvertement absurdes. Place au gros plan. Le canevas paraît ne reposer sur presque rien. Il suffit à Feydeau d’un mari qui rentre un peu trop tard d’un bal costumé en Louis XIV, d’un valet un peu abruti qui frappe à la mauvaise porte pour annoncer une triste nouvelle. Le reste est affaire de verve (« Ah ! non ! tu ne vas pas vomir! je ne t’ai pas épousé pour ça ! »), de peinture de caractères (acariâtres, égoïstes, minables, bien entendu) et d’invention, seconde après seconde, de détails qui s’accumulent jusqu’à l’explosion. Quelques mois plus tard, en septembre 1909, Feydeau quitte le domicile conjugal pour prendre ses appartements à l’hôtel Terminus, ce qui avait le mérite de la clarté.

C’est donc au Terminus que Feydeau achève son dernier cycle théâtral, visiblement inspiré par la crise de son couple :  cinq variations en un acte sur la guerre éternelle qui sévit dans certaines intimités matrimoniales. On y croise, entre autres, des pots de chambre de toutes tailles, une épouse piquée sur la croupe par une guêpe, Georges Clemenceau (hors champ), un macaroni agressif et toutes sortes de maux d’estomac, dont « l’entérite relâchée »... Feydeau songea à les réunir lui-même sous un titre générique : Du mariage au divorce. La maladie ne le lui permit pas.

Georges Lavaudant a déjà brillamment prouvé son amour du vaudeville. Une première fois du côté de Labiche, avec Un Chapeau de paille d’Italie (TNP, 1993). Puis du côté de Feydeau, avec Un Fil à la patte (Odéon, 2001). Plutôt que présenter l’intégralité de ses dernières comédies, il en a tiré les éléments d’une traversée rapide de cet univers crépusculaire, mêlant à des extraits des pièces citées divers autres fragments, dont le début d’une comédie inachevée. On peut anticiper un grand numéro de cirque cauchemardesque : très provocateur, très spirituel, entre clownerie à la manière noire et haute voltige verbale. Une danse à couteaux tirés entre adversaires irréconciliables : homme contre femme, enfant contre parents, maîtres contre domestiques – tous contre tous et sauve qui peut.

Odéon 6e
Place de l'Odéon Paris 75006 France

Hôtel Feydeau

06 janvier 12 février

d’après Georges Feydeau

mise en scène Georges Lavaudant

création

avec Gilles Arbona, Astrid Bas, Lou Chauvain, Benoit Hamon, Manuel Le Lièvre, André Marcon, Grace Seri, Tatiana Spivakova

Lieu

Odéon 6e

Durée

1h25

Horaires

du mardi au samedi à 20h, le dimanche à 15h, relâche exceptionnelle le dimanche 8 janvier

Votre venue

Odéon 6e Accès

Tarifs

de 6€ à 40€
En savoir plus

Accessibilité

 audiodescription mardi 24 janvier / 20h
dimanche 29 janvier / 15h

surtitrage en français dimanche 22 janvier / 15h
mardi 31 janvier / 20h

La Fondation Etienne et Maria RAZE a pour ambition le développement de l’autonomie des aveugles et des malvoyants par une aide matérielle et un partage de valeurs humaines.


Quelques variations d’une drôlerie sauvage sur le couple bourgeois comme jeu de massacre. Plus féroce que jamais, le maître du vaudeville y détaille les étapes menant de la première grossesse jusqu’aux ultimes soubresauts des unions en déconfiture. Georges Lavaudant a puisé dans les dernières comédies de Feydeau les éléments d’une traversée crépusculaire et hilarante : entre cauchemar et haute voltige verbale, homme contre femme, enfant contre parents, maîtres contre domestiques – tous contre tous et chacun pour soi.

Vers 1907, sans crier gare, Feydeau change de manière. Depuis quinze ans, ses spectacles ne désemplissent pas. Son règne sur le boulevard est tout à fait incontesté. La critique même, tentée d’abord de faire la fine bouche devant ces œuvres d’un genre « mineur », a fini par rendre les armes. Personne n’agence avec autant de soin diabolique les intrigues les plus délirantes, où chaque détail s’explique par la cascade de conséquences catastrophiques qui finiront par en découler. Personne n’aligne comme lui les répliques les plus bouffonnes, mais en veillant toujours à les inscrire dans un mouvement dramatique qui en justifie le surgissement, car « le théâtre », comme il l’écrit lui-même en 1905, « avant tout, c’est le développement d’une action ». Et pourtant, à quarante-cinq ans, sans raison apparente, Feydeau remet son titre en jeu.

D’après une tradition familiale, tout s’est joué pendant une fin de semaine trop pluvieuse chez des amis. Feydeau a préféré garder la chambre, s’est fait apporter de quoi écrire, et aurait composé Feu la mère de madame en deux jours. Montée quelques mois plus tard, la comédie en un acte s’ajoute à la liste de ses succès. Il y a de quoi. L’horrible nuit de Lucien et d’Yvonne est une bombe comique inoubliable. Mais cette fois-ci, fini les enchaînements virtuoses, les rebondissements ouvertement absurdes. Place au gros plan. Le canevas paraît ne reposer sur presque rien. Il suffit à Feydeau d’un mari qui rentre un peu trop tard d’un bal costumé en Louis XIV, d’un valet un peu abruti qui frappe à la mauvaise porte pour annoncer une triste nouvelle. Le reste est affaire de verve (« Ah ! non ! tu ne vas pas vomir! je ne t’ai pas épousé pour ça ! »), de peinture de caractères (acariâtres, égoïstes, minables, bien entendu) et d’invention, seconde après seconde, de détails qui s’accumulent jusqu’à l’explosion. Quelques mois plus tard, en septembre 1909, Feydeau quitte le domicile conjugal pour prendre ses appartements à l’hôtel Terminus, ce qui avait le mérite de la clarté.

C’est donc au Terminus que Feydeau achève son dernier cycle théâtral, visiblement inspiré par la crise de son couple :  cinq variations en un acte sur la guerre éternelle qui sévit dans certaines intimités matrimoniales. On y croise, entre autres, des pots de chambre de toutes tailles, une épouse piquée sur la croupe par une guêpe, Georges Clemenceau (hors champ), un macaroni agressif et toutes sortes de maux d’estomac, dont « l’entérite relâchée »... Feydeau songea à les réunir lui-même sous un titre générique : Du mariage au divorce. La maladie ne le lui permit pas.

Georges Lavaudant a déjà brillamment prouvé son amour du vaudeville. Une première fois du côté de Labiche, avec Un Chapeau de paille d’Italie (TNP, 1993). Puis du côté de Feydeau, avec Un Fil à la patte (Odéon, 2001). Plutôt que présenter l’intégralité de ses dernières comédies, il en a tiré les éléments d’une traversée rapide de cet univers crépusculaire, mêlant à des extraits des pièces citées divers autres fragments, dont le début d’une comédie inachevée. On peut anticiper un grand numéro de cirque cauchemardesque : très provocateur, très spirituel, entre clownerie à la manière noire et haute voltige verbale. Une danse à couteaux tirés entre adversaires irréconciliables : homme contre femme, enfant contre parents, maîtres contre domestiques – tous contre tous et sauve qui peut.


  • Hôtel Feydeau | Astrid bas, Benoît Hamon, Lou Chauvain © Thierry Depagne

    Astrid bas, Benoît Hamon, Lou Chauvain © Thierry Depagne

  • Hôtel Feydeau | Benoît Hamon, Lou Chauvain, Grace Seri © Thierry Depagne

    Benoît Hamon, Lou Chauvain, Grace Seri © Thierry Depagne

  • Hôtel Feydeau | André Marcon, Tatiana Spivakova © Thierry Depagne

    André Marcon, Tatiana Spivakova © Thierry Depagne

  • Hôtel Feydeau | Benoît Hamon, Manuel Le Lièvre, Lou Chauvain, Astrid Bas © Thierry Depagne

    Benoît Hamon, Manuel Le Lièvre, Lou Chauvain, Astrid Bas © Thierry Depagne

  • Hôtel Feydeau | Grace Seri, André Marcon, Gilles Arbona © Thierry Depagne

    Grace Seri, André Marcon, Gilles Arbona © Thierry Depagne

  • Hôtel Feydeau | Manuel Le Lièvre, Grace Seri, Gilles Arbona, André Marcon © Thierry Depagne

    Manuel Le Lièvre, Grace Seri, Gilles Arbona, André Marcon © Thierry Depagne

  • Hôtel Feydeau | Tatiana Spivakova, Manuel Le Lièvre, Astrid Bas, Grace Seri © Thierry Depagne

    Tatiana Spivakova, Manuel Le Lièvre, Astrid Bas, Grace Seri © Thierry Depagne

  • Hôtel Feydeau | Tatiana Spivakova, Benoît Hamon © Thierry Depagne

    Tatiana Spivakova, Benoît Hamon © Thierry Depagne

  • Hôtel Feydeau | Astrid Bas, Gilles Arbona, Manuel Le Lièvre © Thierry Depagne

    Astrid Bas, Gilles Arbona, Manuel Le Lièvre © Thierry Depagne

  • Hôtel Feydeau | Astrid Bas, Lou Chauvain, André Marcon, Manuel Le Lièvre, Gilles Arbona © Thierry Depagne

    Astrid Bas, Lou Chauvain, André Marcon, Manuel Le Lièvre, Gilles Arbona © Thierry Depagne

  • Hôtel Feydeau | André Marcon, Manuel Le Lièvre, Gilles Arbona, Benoît Hamon, Tatiana Spivakova © Thierry Depagne

    André Marcon, Manuel Le Lièvre, Gilles Arbona, Benoît Hamon, Tatiana Spivakova © Thierry Depagne

Entretien / Scènes imaginaires

Georges Lavaudant, portrait d'un artiste
Entretien avec Arnaud Laporte.
Réalisé par Blandine Masson.
Lectures par Isabelle Adjani, Ariel Garcia-Valdès...
lundi 30 janvier / 20h

Les Bibliothèques de l'Odéon

RÉSERVER

À (ré)écouter

En 2012, au micro de Jean-Claude Raspiengeas, Georges Lavaudant racontait ses projets de théâtre

Feydeau et les acteurs

[...] Quant à l’acteur, tenu comme dans un carcan, il lui est quasiment impossible de rater un « effet ».  Il lui reste tout de même à apporter l’essentiel, c’est-à-dire la vie, aux défroques dans lesquelles il se glisse.

La suite

Rencontre avec l'équipe artistique

à l’issue de la représentation
mardi 10 janvier 2017

entrée libre

Bible du spectacle

Bible du spectacle

Dossier d'accompagnement

Dossier d'accompagnement

En vidéo

Générique

d'après Georges Feydeau : Feu la mère de madame, On purge bébé !, Léonie est en avance, Mais n’te promène donc pas toute nue !, Cent millions qui tombent   

Mise en scène, adaptation, lumière Georges Lavaudant
dramaturgie Daniel Loayza
décor, costumes Jean-Pierre Vergier
son Jean-Louis Imbert
Maquillage, Coiffure, Perruque : Sylvie Cailler, Jocelyne Milazzo
chorégraphie Francis Viet
collaborateur artistique Moïse Touré
assistante à la mise en scène Fani Carenco
assistante aux costumes Géraldine Ingremeau
régisseur général cie LG Théâtre Laurent Cauvain
administrateur cie LG Théâtre Elias Oziel
chargée de production cie LG Théâtre Juliette Augy-Bonnaud

production Compagnie LG Théâtre, Odéon- Théâtre de l’Europe, Théâtre de l’Archipel-Scène Nationale de Perpignan           
avec la participation artistique du Jeune Théâtre National        
agent du spectacle Les Petites Heures     

avec le soutien du Cercle de l’Odéon

 

 

Metteur en scène

Georges Lavaudant

Après vingt années de théâtre à Grenoble, avec la troupe du Théâtre Partisan d'abord, puis à la codirection du Centre Dramatique National des Alpes (à partir de 1976), et de la Maison de la Culture de Grenoble (en 1981), Georges Lavaudant devient codirecteur du TNP de Villeurbanne en 1986. Sa première mise en scène au TNP, en 1987, fut Le Régent de Jean-Christophe Bailly. Georges Lavaudant poursuivait ainsi la démarche commencée au début des années 70 à Grenoble : présenter des auteurs contemporains en alternance avec des classiques. Des textes de Denis Roche (Louve basse), Pierre Bourgeade (Palazzo Mentale), Jean-Christophe Bailly (Les Cépheïdes et Pandora), Michel Deutsch (Féroé, la nuit...), Le Clézio (Pawana) et, depuis peu d'années ses propres pièces : Veracruz, Les Iris, Terra Incognita (présenté au Théâtre de l'Odéon à l'hiver 1993), Ulysse/Matériaux, entrecroisés avec le théâtre de Musset, Shakespeare, Tchekhov, Brecht, Labiche, Pirandello, Genet...

Ses mises en scène, créées principalement à Grenoble jusqu'en 1986, puis à Villeurbanne jusqu'en 1996, ont vu également le jour à la Comédie Française (Lorenzaccio, Le Balcon, Hamlet) à l'Opéra de Paris (Roméo et Juliette de Gounod) ; à l'Opéra de Lyon (L'enlèvement au sérail de Mozart, Malcolm de Gérard Maimone, Rodrigue et Chimène de Debussy) et, au-delà des frontières, à Mexico : Le Balcon, Pawana ; à Montevideo : Isidore Ducasse/Fragments ; à Bhopal : Phèdre ; à Hanoï : Woyzeck ; à Saint-Petersbourg : "Reflets".

En 1995 et 1996, il a créé Lumières (I) "Près des ruines" et Lumières (II) "Sous les arbres", spectacles conçus par Jean-Christophe Bailly, Michel Deutsch, Jean-François Duroure et lui-même. Il met en scène les comédiens du Théâtre Maly de Saint-Petersbourg dans l'adaptation russe de Lumières: Reflets, présenté à l'Odéon en 1997. La même année, il met en scène la création mondiale de Prova d'orchestra de Giorgio Battistelli à l'Opéra du Rhin.

Georges Lavaudant a été directeur de l'Odéon-Théâtre de l'Europe de mars 1996 à mars 2007.

Il y crée :

- Le Roi Lear, de Shakespeare (1996)
- Bienvenue, de Lavaudant (1996)
- Reflets, de Jean-Christophe Bailly (1997)
- Ajax et Philoctête, de Sophocle (Petit Odéon, 1997)
- Histoires de France, en collaboration avec Michel Deutsch (1997)
- La noce chez les petits bourgeois et Tambours dans la nuit de Bertolt Brecht (1998)
- L'Orestie, d'Eschyle (1999)
- Fanfares (2000)
- Un Fil à la patte, de Feydeau (2001)
- La Mort de Danton, de Büchner (2002)
- El Pelele, de Jean-Christophe Bailly, mai 2003
- La Cerisaie, de Tchekhov, janvier 2004
- Hamlet [un songe], adapté de Shakespeare, en avril 2006, pour la réouverture de l'Odéon après travaux
- Cassandre, d'après Christa Wolf, musique de Michaël Jarrell, en décembre 2006

et y reprend certaines de ses mises en scène récentes :

- Un chapeau de paille d'Italie, d'Eugène Labiche (1997)
- La dernière nuit, de Lavaudant (Petit Odéon, 1997)
- Pawana, de Jean-Marie Le Clézio (1997)
- Les Géants de la Montagne, de Pirandello (1999, en catalan)
- La Rose et la hache (2004, 2007)
- Les Cenci, d'après Antonin Artaud, musique de Giorgio Battistelli, en avril 2007

Depuis 2007, il poursuit son travail dans le cadre de sa compagnie avec la même curiosité, qui le conduit d’Antonio Lobo Antunes au Cyrano de Rostand (2013 – à peu près son centième spectacle), de Marie NDiaye à Arthur Miller, de Stanislas Rodanski à Georges Feydeau.

 

Auteur

Georges Feydeau

(1862-1921)
Auteur dramatique français, fils du romancier Ernest Feydeau. Georges Feydeau renouvelle la forme du vaudeville, par la précision mécanique des situations (chiquenaude initiale, quiproquos, rebondissements en cascade...), jointe à l'efficacité cocasse de son style.
Dès l'adolescence , il écrit des monologues, puis des pièces qu'il lui arrive d'interpréter lui-même. Il obtient son premier succès avec la troisième d'entre elles, Tailleur pour dames (1887). Au cours des années suivantes, il présente une demi-douzaine d'autres oeuvres, qui ne parviennent cependant à convaincre ni le public, ni les critiques.
Enfin, en 1892, Monsieur chasse remporte un triomphe. Suivent Champignol malgré lui et Le système Ribadier, qui ouvrent la voie à une série de classiques du vaudeville : Un fil à la patte et L'Hôtel du libre échange (1894), La dame de chez Maxim (1899), La Duchesse des Folies-Bergère (1902), La puce à l'oreille (1907), Occupe- toi d'Amélie (1908).

Feydeau prend par la suite ses distances avec le vaudeville, pour composer des farces conjugales en un acte dont le comique féroce et poignant lui a peut-être été inspiré par l'échec de son mariage avec Marianne Carolus-Duran. Citons Feu la mère de Madame (1908), On purge Bébé (1910), Mais n'te promène donc pas toute nue ! (1911)...
Le comique des pièces de G. Feydeau n'exclut pas une certaine vérité dans laquelle la bourgeoisie fin de siècle et le monde interlope parisien se reconnaissent et retrouvent leurs fantasmes et leurs désirs inassouvis. Si la morale est presque toujours sauve, elle le doit visiblement à la seule convention théâtrale.

Représentations à l'Odéon :
- Le Ruban, de G.Feydeau et M.Desvallières (1894).
- La dame de chez Maxim, en 1938, avec Spinelly et Marcel Simon, le comédien attitré de Feydeau.
- Un Fil à la patte (1943).
- Feu la Mère de Madame (1950).
- Première représentation de Le Dindon (1951).
- Occupe- toi d'Amélie, dans une mise en scène de J.-L. Barrault, avec entre autres Madeleine Renaud et J.-L. Barrault (1960).
- Mais n'te promène donc pas toute nue, dans une mise en scène de J.-L. Barrault (1961).
- Un Fil à la patte, dans une mise en scène de Georges Lavaudant (2001, reprise 2002).
- La Dame de chez Maxim, dans une mise en scène de Jean-François Sivadier (2009).
- Hôtel Feydeau, un montage de textes par Georges Lavaudant (2017)

Extrait

Clarisse. En somme, toi, quoi ? tu es un étranger pour moi ! Tu es mon mari, mais c’est une convention ! Quand je t’ai épousé, – je ne sais
pas pourquoi...
Ventroux, s’incline, puis. Merci.
Clarisse, sans s’interrompre. ... je ne te connaissais pas ; et, crac, du jour au lendemain, parce qu’il y avait un gros monsieur en ceinture tricolore devant qui on avait dit « oui », c’était admis ! tu me voyais toute nue. Eh ! ben, ça, c’est indécent.
Ventroux. Ah ! tu trouves !
Clarisse. Tandis que mon fils, quoi ? C’est ma chair ! C’est mon sang ! Eh ben !... que la chair de ma chair voie ma chair, il n’y rien d’inconvenant ! (Se levant.) À part les préjugés !
Ventroux. Mais c’est tout, les préjugés ! C’est tout !
Clarisse, passant devant lui, avec hauteur. Pour les esprits mesquins, oui ! Mais, Dieu merci ! je suis au-dessus de ça !

Georges Feydeau : Mais n’te promène donc pas toute nue !

 

 

 

 

Tournées

La Comète, scène nationale , Châlons-en-Champagne

Lundi 27 Février 2017 / 20h30
Mardi 28 Février 2017 / 20h30
en savoir plus

Théâtre de l’Archipel, scène nationale , Perpignan

Jeudi 5 Octobre 2017 / 20h30
Vendredi 6 Octobre 2017 / 20h30
Samedi 7 Octobre 2017 / 20h30
en savoir plus

Autour du spectacle

Entretien / Scènes imaginaires

Georges Lavaudant, portrait d'un artiste
Entretien avec Arnaud Laporte.
Réalisé par Blandine Masson.
Lectures par Isabelle Adjani, Ariel Garcia-Valdès...
lundi 30 janvier / 20h

Les Bibliothèques de l'Odéon

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À (ré)écouter

En 2012, au micro de Jean-Claude Raspiengeas, Georges Lavaudant racontait ses projets de théâtre

Feydeau et les acteurs

[...] Quant à l’acteur, tenu comme dans un carcan, il lui est quasiment impossible de rater un « effet ».  Il lui reste tout de même à apporter l’essentiel, c’est-à-dire la vie, aux défroques dans lesquelles il se glisse.

La suite

Rencontre avec l'équipe artistique

à l’issue de la représentation
mardi 10 janvier 2017

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Bible du spectacle

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Avant-premières

Dates et heures Ouvertures de location Tarifs uniques à 50%
4 et 5 janv / 20h 21 décembre 20€ / 14€ / 9€ / 7€

Les avant-premières de l'Odéon, ce sont 6000 places à moitié prix. 
Dès le mois de janvier 2017, et pour tous les spectacles programmés sur une période longue, nous proposons deux avant-premières à moitié prix.
En savoir plus