Avec
Stéphanie Aflalo, Isabelle Mouchard (distribution en cours)

est-ce que tu voudrais que deux personnes soient un vide 


oui 


est-ce sûr tu voudrais que ces deux personnes soient toi et moi 


oui 


tu voudrais que je nous débarrasse 


oui


Une fille est morte. Sa mère la pleure. Mais avant cela, deux filles qui s'aiment. Chaque jour, entre le lever et le coucher du soleil, un désir irrépressible de fusion : absorber l'autre, être absorbée, devenir une seule. Ou plutôt, être « le zéro », une ligne fermée dont les extrémités se rejoignent, la quantité nulle et l'absence.


Hubert Colas porte à la scène le poème dramatique de Laura Vazquez, Zéro, et fait entendre le cycle d'un rêve d'unité que l'altérité, infiniment, défait. Pour accueillir l'écriture si vibrante de cette passion insoluble, le metteur en scène et scénographe invente un espace vide, conçu comme une chambre claire, où s'impriment sur des écrans les visages décuplés des interprètes. Dans cette épure, leurs voix résonnent parmi les traces matérielles d'une vie commune déjà reléguée à l'oubli. Un dispositif trifrontal, où le public devient le dernier témoin d'une troublante reconstitution – celle d'un face-à-face que tout a mené, inexorablement, au néant.

Cast

mise en scène, scénographie 
Hubert Colas 

lumière 
Nils Doucet, Hubert Colas 

son 
Sammy Bichon 

vidéo 
Pierre Nouvel 

collaboration à la scénographie
Andrea Baglione

assistanat à la mise en scène
Hao Yang

régie vidéo 
Morvan Hauray 

régie plateau 
Victoria Pellissier 

production 
Diphtong Cie 

coproduction 
Odéon Théâtre de l'Europe, Théâtre Garonne – scène européenne / Toulouse

avec le soutien du Théâtre des Calanques – Marseille

Laura Vazquez, Zéro, Éditions du Sous-Sol, 2024

cinq dates

1985 Rencontres : Claude Régy, Henri Meschonnic, Tadeusz Kantor, Heiner Müller, Kathy Acker, Bandō Tamasaburō, Yann Kersalé… 

1988 Création de Diphtong Cie, écriture de Temporairement épuisé, création au Théâtre de la Bastille, première publication aux éditions Actes Sud-Papiers. Les Bernardines, Marseille. 

L’an 2000, un siècle s’ouvre, ses espoirs et désespoirs. Sarah Kane, Christine Angot… création de l’espace Montévidéo et du festival actOral. Le 11 septembre 2001, je suis à San Francisco à huit heures quarante-six, un avion de ligne percute l’une des deux tours jumelles du World Trade Center. 

2024 Fin de Montévidéo. Blanc. Petite mort. 

2026 Création du nouvel espace Montévidéo, rue d’Aubagne à Marseille. Vie. 


1973 Île de Ré : Première violence. Dieu était tombé depuis quelques années déjà, il me restait les pierres pour croire dans le chemin de la vie. La peur comme la pluie a fissuré mon âme. 

1975 Paris : Deuxième violence. Je me souviendrais toujours de la rue du Montparnasse. Découverte de l’absence. 

1981 Paris : Troisième violence. Le chemin des troubles et la naissance de l’insécurité. La quête de la disparition commence. Le 9 octobre fin de la peine capitale : « nul ne peut être condamné à la peine de mort ». Écrire. 

1990 Marseille : La source. Installation, vie et peines, chutes et renaissances, violences et pourquoi je t’aime. Je ne suis pas au bout de ma mort. Écrire Écrire Écrire Écrire Écrire Écrire Écrire. 

2026 En pleine face. « Même sans comprendre on peut savoir ce qui est vrai » Laura Vazquez. L’issue ?