Anaïs Nin


7 octobre 2013 - 20h00
Grande Salle

Parfois je pense à Paris non comme une ville mais comme un havre. Protégé, fermé, abrité, intime. Le bruit de la pluie de l'autre côté de la fenêtre, l'esprit et le corps enclins à l'intimité, aux amitiés, aux amours. Encore une journée intime et abritée d'amitié et d'amour, une alcôve. Paris intime comme une chambre. Tout conçu pour l'intimité. Cinq à sept c'était l'heure magique des rendez-vous d'amour. Ici c'est l'heure des cocktails.
New York est tout le contraire de Paris. On se soucie bien d'intimité ! On ne porte aucune attention à l'amitié et à son développement. Rien n'est fait pour adoucir la dureté de la vie elle-même. On parle beaucoup du « monde », de millions, de groupes, mais aucune chaleur entre les êtres. On persécute la subjectivité qui est le sens de la vie intérieure ; on désapprouve celui qui se soucie de croissance et de développement personnel.



Septembre 1940, Journal t.3, éd. Stock



Née à Neuilly en 1903, Anaïs Nin, cubaine par son père, danoise par sa mère, grandit dans un milieu cosmopolite. Le père, pianiste de concert réputé, abandonne sa famille lorsque Anaïs Nin a 11 ans. La mère décide alors d'aller vivre en Amérique avec ses trois enfants. La jeune Anaïs commence alors à écrire une longue lettre destinée à son père pour le convaincre de rejoindre sa famille. Cette lettre devient son journal qu'elle tiendra de façon assidue jusqu'à sa mort. Elle quitte l’école à l’âge de 14 ans, travaillant alors comme mannequin. En 1923, elle épouse un riche banquier d’origine irlandaise. Le couple s’installe à Paris et la jeune femme reçoit des artistes dans sa demeure de Louveciennes, en banlieue parisienne. Elle est l'amie ou la maîtresse de nombreux écrivains dont Antonin Artaud, Henry Miller (dont elle finance et préface le roman Tropique du Cancer), Lawrence Durrell ou le psychanalyste Otto Rank, dont elle sera l'assistante à New York entre 1934 et 1935. Lors du déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, Anaïs Nin quitte à nouveau Paris et retourne s’établir à New York. Écrivain marginale et avant-gardiste, elle connaît enfin la renommée avec la parution du premier tome de son Journal, en 1966. Elle meurt d'un cancer à Los Angeles en 1977.



Catherine Millet est critique d’art et directrice de la rédaction d’art press, revue à la fondation de laquelle elle a participé en 1972. Elle est l'auteur de plusieurs ouvrages dans le domaine de l'art contemporain. Son récit La Vie sexuelle de Catherine M., publié au Seuil en 2001, a été traduit dans une quarantaine de langues. En 2008 elle publie chez Flammarion Jour de souffrance, où elle raconte son autre vie, celle où s'effondre de manière étrange et imprévue un pan de son existence, et répond à la question   "Comment avez-vous fait avec la jalousie ? ", posée par les lecteurs de son précédent livre. En 2012 et 2013 plusieurs événements et publications ont marqué l’anniversaire des 40 ans d’art press, en particulier un album rétrospectif aux éditions de La Martinière et trois journées de rencontres, conférences et concerts à la Bibliothèque Nationale de France.


Comédienne polyglotte issue du Conservatoire national d'art dramatique de Paris et formée par les américains Blanche Salant et Paul Weaver, Amira Casar a travaillé avec des cinéastes aux univers poétiques et personnels aussi divers que Werner Schroeter, Carlos Saura, Catherine Breillat, les frères Larrieu, Tony Gatlif, Thomas Gilou, Eléonore Faucher, Anne Fontaine, la plasticienne Sophie Calle, Eran Riklis, Guy Maddin, Arnaud des Pallieres ou Wolfgang Becker. Elle s'apprête à tourner avec Bertrand Bonello. Pour la télévision son interprétation de Dora Maar, la muse de Picasso, lui a valu le prix de la meilleure actrice au Festival de la fiction de la Rochelle en 2010. Au théâtre, elle s'est produite sur des scènes internationales et au Théâtre de l'Odéon dans Suis-je encore vivante ? de Grisélidis Real et dans Les enfants de Saturne, mis en scène par Olivier Py.