Numance, de Miguel de Cervantès


3 février 2015 - 18h00
Salon Roger Blin, Odéon 6e

En présence de Jean Canavaggio
Texte lu par Martin Juvanon du Vachat



Encerclés en 133 av. J.-C. par les légions de Scipion, les défenseurs de Numance ont préféré le suicide à la reddition, privant le général romain de son triomphe. Tel est le sujet qu’à son retour des bagnes d’Alger, dans les années 1580, Cervantès a porté à la scène, dix ans avant l’apparition de Lope de Vega et l’avènement de la Comedia nueva. Ce faisant, il n’a pas seulement proposé à l’Espagne de Philippe II, alors au faîte de sa puissance, l’exemple de la «science guerrière» de Scipion et, au-delà, celui de Rome dont elle se voulait l’héritière : à travers le sacrifice des habitants de la cité celtibère, il a exalté une aspiration essentielle à l’indépendance, à la justice et à la liberté.