Comment les forces qui traversent la langue nous atteignent, nous déplacent, nous ouvrent, nous détruisent ? Il y a dans la langue humaine, et en particulier dans l'écriture, quelque chose qui échappe au choix, à la maîtrise, à l'organisation des phrases. C'est une matière animale, violente, laide et magnifique. Elle nous dépasse et nous la contenons. Poète, romancière et autrice dramatique – lauréate du prix Goncourt de la poésie 2023 pour l'ensemble de son œuvre – Laura Vazquez s'installe à Berthier pour travailler à trois performances et poursuivre une écriture qui ne cherche pas à expliquer le monde, mais à se jeter dans ce qu'il a de plus obscur, de plus vivant et de plus mortel.


Trois propositions, trois formes distinctes autour de la langue humaine :


Le soleil se couche parce qu'il est lourd. Pour cette proposition, Laura Vazquez réunit autour d'elle la metteuse en scène Marie-José Malis, le plasticien Théo Mercier, la réalisatrice et vidéaste Élise Blotière, et la compositrice Rebeka Warrior. Ensemble, ils plongent dans l'ombre, dans l'obscurité, le noir, le dessous de la terre. C'est de là que nous venons. C'est de là que vient la langue.


Le Sentiment de monstre. Dans la continuité de 20 pierres présenté la saison dernière à l'Odéon, Laura Vazquez écrit comme on creuse – excaver le mal enfoui sous les mots, ce mal géologique, archaïque, qui remonterait à la surface et sortirait de nous comme une terrible excroissance. Seule au plateau, elle propose une lecture performance qui tiendrait par la langue.


Je ne sais comment je dure. Sous la forme d'une conférence performée, cinq heures durant, Laura Vazquez entreprend de retraverser une histoire de la langue française. De la fin du Moyen-Âge jusqu'à nos jours, elle remonte le temps long de l'écriture pour en révéler les différentes strates accumulées au fil des siècles, et dans lesquelles nous vivons toujours.

Générique

création, texte, mise en scène 
Laura Vazquez

production 
Odéon Théâtre de l'Europe


Laura Vazquez, 20 pierres, Éditions du sous-sol

cinq dates

 1990 Je parle avec dieu, j'écris de petites prières dans ma tête et avec mes mains sur des feuilles.

1992 Je découvre que la personne qui m'élève ne sait ni lire ni écrire. J'ai un pouvoir trop grand pour moi.

1999 J'abandonne dieu, j'écris des poèmes, des chansons, des histoires.

2005 Premiers épisodes de déréalisations, attaques de paniques, états limites, graves problèmes sans remède. Les livres, les textes n'y peuvent rien.

2017 Mon premier roman La semaine perpétuelle m'enseigne la régularité, l'humilité, le service. Je change.