Avec
Sophie Lenoir, Stéphane Roger, Erge Yu, hackedepicciotto : Danielle de Picciotto, Alexander Hacke, Adrien Castillo, Baptiste de Laubier
« Dans ce monde d’adultes chiants qu’est généralement la culture, le Zerep est resté cet orchestre d’enfants malades, chantant pour la lune, les loups et les morts. » (Pacôme Thiellement)
À quel âge cesse-t-on de croire aux monstres ? Y a-t-on jamais cru ? Y croit-on encore ?
Le 21 avril 1934, le London Daily Mail livre à ses lecteurs une photographie en noir et blanc : une créature au long cou émerge des eaux d’un lac perdu dans le nord de l’Écosse. L’image fait le tour du monde, nourrit fantasmes et théories saugrenues, érige le monstre du Loch Ness en légende. Derrière l’objectif – et à l’origine du canular –, un certain Robert Wilson : non pas l’illustre metteur en scène, mais un autre faiseur d’images, gynécologue de son état, photomonteur à ses heures perdues.
Forte de cette improbable homonymie – qui attire soudain Nessie aux abords du théâtre – et animée du même goût pour la supercherie, Sophie Perez s’embarque à son tour vers les marécages du Loch Ness, entraînant dans son sillage toute la compagnie du Zerep. Depuis près de trente ans, la metteuse en scène et plasticienne fabrique un bestiaire théâtral proliférant, qui fait voler en éclats tout esprit de sérieux au profit d’une inventivité sans bride, recousant les formes hétéroclites et les engeances les plus dissemblables. Au-delà de la légende du Loch Ness, c’est tout un imaginaire gothique qu’elle entreprend de réveiller.
Dans le sillage des affabulateurs des Highlands, Sturbzep tient de la farce et du cabinet de curiosités : s’y heurtent pêle-mêle bestioles archaïques et chimères contemporaines, créatures hideuses propres à enflammer l’imagination des plus sages, engeances capables d’ébranler les esprits les plus rationnels. Embourbé jusqu’au cou dans la tourbe vaporeuse, le public est convié à l’euphorie du mensonge. Car point de canular sans incrédules pour y croire. Sturbzep propose aux plus téméraires de plonger dans la fable les yeux grands ouverts, à céder à la malice des pièges – pour mieux en voir les ressorts, et en goûter les pouvoirs.
Générique
film réalisé par Umberto Toselli, Sophie Perez en collaboration avec Baptiste de Laubier. Avec la participation de Gilles Gaston-Dreyfus. Textes de Pacôme Thiellement / Sophie Perez
conception, mise en scène, scénographie
Sophie Perez
assistanat à la mise en scène, scénographie
Baptiste de Laubier
textes
Pacôme Thiellement, Sophie Perez, Witold Gombrowicz, Francis Picabia
costumes
Sophie Perez, Corine Petitpierre
musique
hackedepicciotto
création lumière
Fabrice Combier
création son
Félix Perdreau
régie générale
Frédéric Pierre
régie plateau
Adrien Castillo
régie lumière
Vincent Chrétien
construction décor, sculptures et masques
Eugénio Giorgetta et les ateliers Silvano Santinelli Scenografie, Dan Mestanza, Adrien Castillo, Baptiste de Laubier, X-treme créations (pour la réalisation gonflable)
réalisation costumes
Anne Tesson, Jeanne-Laure Mulonnière
administration, production
Julie Pagnier assistée de Flora Courouge
production
Compagnie du Zerep
coproduction
Arsenic – Centre d’art scénique contemporain / Lausanne, tnba – Théâtre national Bordeaux Aquitaine, Odéon Théâtre de l’Europe, Charleroi danse, MC93 Maison de la Culture de Seine-Saint-Denis – Bobigny, Les Subs – Lieu vivant d’expériences artistiques / Lyon, Maison du Théâtre d’Amiens Métropole, Théâtre Saint Gervais – Genève, Agora – Cité internationale de la danse Centre chorégraphique national Occitanie dans le cadre du programme résidences Accueil studio, TAP – Scène nationale de Grand Poitiers, Le Quai – centre dramatique national Angers Pays de la Loire, Comédie de Caen – centre dramatique national de Normandie, Les Ateliers Médicis Montfermeil, Dance Reflections by Van Cleef & Arpels
avec le soutien du CDNO – centre dramatique national Orléans
projet soutenu par la Fondation Antoine de Galbert, la Fondation Jan Michalski
avec l’aide de la DRAC Ile-de-France au titre du Fonds de production, l’Adami, la SPEDIDAM, l’Union européenne / Goethe-Institut
avec l’aide de l’Adami, de la SPEDIDAM, de l’Union Européenne / Goethe-Institut
avec le soutien de La Ménagerie de Verre – Paris, Centre chorégraphique national de Caen en Normandie, Centre National de la Danse – Pantin, Le Carreau du Temple – Paris, La Chaufferie – Compagnie DCA / Saint-Denis (accueil en résidence)
La Compagnie du Zerep est soutenue par la Direction régionale des affaires culturelles d’Île-de-France. Action financée par la Région Île-de-France.
cinq dates
2000 Cela fait deux ans que la compagnie du Zerep (anagramme de Perez) est créée. Rencontre décisive avec l’immense et précieux Ariel Goldenberg, Il produit et programme les cinq premières pièces du Zerep : Détail sur la marche arrière, Leutti, Laisse les gondoles à Venise, Le coup du cric andalou, Gombrowiczshow.
2006 Nous sommes à New York chez la papesse de l’art contemporain Louise Bourgeois. Elle reçoit tous les dimanches depuis trente ans des jeunes artistes dans son hôtel particulier de Chelsea. Nous sommes venus avec la poupée ventriloque de Charles Aznavour, quelques vases de facture moyenne réalisés par nous-mêmes lors d’un stage de poterie et une croûte trouvée sur le Jeu de Balle à Bruxelles représentant une femme brune qui semble se noyer dans la moutarde. Sophie Lenoir et Stéphane Roger se lancent, la performance est courte, plutôt alambiquée et bizarrement imparable. Sur son canapé, en nuisette, Louise Bourgeois nous sonde avec ses petits yeux pénétrants. Finalement, elle applaudira et décidera, ce jour-là, de mettre des notes : « Je mets un 9/10 pour les Charles Aznavour ». La pythie de Chelsea avait statué et nous lui rendrons hommage dans Enjambe Charles, la pièce à venir.
2009 Gombrowiczshow. Nous voilà embusqués dans l’antagonisme artistique défendu par Gombrowicz. Un antagonisme qui réfute la nécessité d’adéquation convenable entre la forme et le contenu. Mais bon… on ne va pas regarder à la dépense d’énergie contradictoire et bizarrement enlevée : c’est quand même la fête à Witold ; et le quarantième anniversaire de sa mort. Rideau.
2023 La Vengeance est un plat C’est une adaptation de Titus Andronicus de William Shakespeare. Des colonnes en mousse tombent des cintres et il y a un entracte de vingt minutes au bout de trois minutes de spectacle. Le Zerep au grand complet pour l’autopsie d’une pièce incompréhensible, avec Sophie Lenoir, Stéphane Roger, Marlène Saldana, Françoise Klein, Gilles Gaston-Dreyfus, Erge Yu, Adrien Castillo, Baptiste de Laubier, Marie-Pierre Brébant, des textes de Pacôme Thiellement et les musiques de Xavier Boussiron.
2024 Édition de la monographie du Zerep Le théâtre et son double-fond est une sorte de guide raisonné du Zerep et de ses œuvres qui retrace les vingt-cinq ans de frasques scéniques et artistiques de la compagnie.
Infos pratiques
durée 1h20
du mercredi au vendredi à 20h
samedi 29 mai à 18h La Satiété du spectacle + Sturbzep
à partir de 14 ans
surtitled in English every day