Avec
Bruta, Carolina Bianchi, Chico Lima, Fernanda Libman, Joana Ferraz, José Artur, Larissa Ballarotti, Marina Matheus, Rafael Limongelli
« Je ne suis pas la protagoniste de cette pièce. La protagoniste de cette pièce est morte. Mon travail consiste donc à expérimenter toutes les formes possibles de résurrection. »
Premier volet de la Trilogia Cadela Força. Hantée par le destin tragique de la performeuse italienne Pippa Bacca — violée et assassinée alors qu'elle réalisait une performance pacifiste à travers les Balkans —, Carolina Bianchi exhume les fragments d'une histoire de l'art traversée par les viols et les féminicides. Face à cette généalogie d'artistes exposées à la violence, la metteuse en scène et autrice entreprend une enquête vertigineuse, plongeant elle aussi dans les limbes de sa propre mémoire traumatique. Dans le sillage des gestes radicaux des performeuses dont elle s'inspire, elle met son corps en première ligne. Chaque soir, elle ingère le Boa Noite Cinderela — un puissant cocktail sédatif utilisé au Brésil par certains violeurs pour endormir leurs victimes. Sous son effet, elle abandonne sa conscience, conviant le public à descendre avec elle en enfer ; son écriture se fraie alors un chemin dans cet espace interstitiel entre la vie et la mort, ce cauchemar où resurgissent les femmes et les artistes dont elle cherche la trace.
Générique
conception, texte, mise en scène, scénographie
Carolina Bianchi
dramaturgie, partenaire de recherche
Carolina Mendonça
direction technique, musique originale, son
Miguel Caldas
réalisation du décor, design graphique
Luisa Callegari
costumes
Tomás Decina, Luisa Callegari, Carolina Bianchi
collaboration artistique générale
Tomás Decina
traduction pour le surtitrage
Larissa Ballarotti, Luisa Dalgalarrondo, Joana Ferraz, Marina Matheus (EN), Thomas Resendes (FR)
vidéo du karaoké
Thany Sanches
entraînement du corps et de la voix
Pat Fudyda, Yantó
dialogue sur la théorie et la dramaturgie
Silvia Bottiroli
régie plateau et assistanat de production
AnaCris Medina
production
Metro Gestão Cultural (Brésil), Carolina Bianchi Y Cara de Cavalo
coproduction
Festival d’Avignon, KVS – Koninklijke Vlaamse Schouwburg / Bruxelles, Maillon/Théâtre de Strasbourg – scène européenne, Frascati – Amsterdam
avec le soutien de
Theater der Welt, Fondation Ammodo – Pays-Bas, DAS Theatre Master Program, 3Package Deal of the AFK – Amsterdams Fonds voor de Kunst, Kaaitheater
Carolina Bianchi, La mariée et Bonne nuit Cendrillon, Trilogie de chiennes, I, 2024 ; The Brotherhood, II, 2025 ; A Cordial Light, III, 2026, traduit du portugais par Thomas Resendes ; et The Magnificent Tremor, 2026, Les Solitaires Intempestifs
cinq dates
06.02.1984 Porto Alegre, Brésil – J’entends l’appel du retour.
2016 J’écris : Je cherche des artistes de sexe masculin qui s’intéressent aux arts de la scène, physiquement disponibles et intéressés par des expérimentations poétiques autour de certains aspects de ce que nous pouvons appeler masculinité – pour une résidence artistique axée sur un certain nombre de pratiques performatives et des exercices que j’ai créés, nécessitant une intense physicalité et imagination. La résidence dure une semaine et aura lieu tous les après-midis à l’Oficina Oswald de Andrade, dans le quartier Bom Retiro, à São Paulo. Une trentaine de personnes seront sélectionnées. À partir de cette expérience, je proposerai à quinze artistes d’intégrer le spectacle LOBO [LOUP], que je mettrai en scène, et dont la première est prévue en 2017/2018, à São Paulo. Important : être disponible pour participer à toutes les rencontres et savoir que, dans ce travail, tous les corps seront nus.
20.09.2020 Départ pour l’Europe. Parfois, je pense que je suis plus jeune que je ne le suis réellement. Angoisse totale, hiver, solitude brutale, presque pas d’argent. Mon amie Carolina Mendonça prend un train depuis Bruxelles, elle me rejoint à Amsterdam pendant les quelques jours sans confinement. Nous allons commencer le travail de ce qui deviendra plus tard le premier chapitre de la Trilogie des Chiennes. Quand je la vois, je la prends dans mes bras très, très longtemps et, à genoux, comme une enfant, je lui demande de ne pas se dire au revoir.
06.07.2023 Première de A Noiva e o Boa Noite Cinderela, premier chapitre de la Trilogie des Chiennes au Festival d’Avignon. Jour de la mort de José Celso Martinez Corrêa, fondateur du Teatro Oficina à São Paulo et l’un des plus importants metteurs en scène de l’histoire du théâtre brésilien (j’aimerais ouvrir ici un portail temporel car cette date mène directement à une autre date – le 18 août 2018 – jour de la première de Lobo [Loup] au Teatro Oficina, avec une distribution de trente performeurs. Entre un immense squirt du théâtre pendant que je baisais avec une langouste, les vomissements de certaines personnes dans le public et les émotions à fleur de peau, Zé Celso était là, simplement, il voyait tout. Puis un message audio sur mon téléphone qui se terminait par “à vous, mon amour éternel”).
12.07.2026 Je présente pour la première fois, en une seule séquence, les trois spectacles qui constituent la Trilogie des Chiennes au Festival d’Avignon : A Noiva e o Boa Noite Cinderela, The Brotherhood et A Cordial Light. Je suis accompagnée des artistes qui forment avec moi ce que nous appelons « Cara de Cavalo », une compagnie de théâtre qui fonctionne toujours de la même manière depuis plus de dix ans, et dont les artistes sont aussi mes amis les plus chers. Durant ces dix heures, je dors et je me réveille sur scène. Expérience hallucinatoire. Je pense : Demain, qu’écrirai-je à propos d’aujourd’hui ? Pendant dix heures, j’essaie de rester éveillée après avoir ingéré un mélange de sédatifs et d’alcool – le “bonne nuit Cendrillon” comme on l’appelle au Brésil. Si je survis, vous me verrez sur scène dans ce théâtre – l’Odéon – à Paris, à l’automne de cette même année. Si je ne survis pas, vous verrez un double, un alter ego qui aura appris mes répliques et mes gestes, et qui aura sûrement plus d’aisance sur scène que moi, ce qui peut être une grande chance pour le spectateur, selon les différents points de vue ou les opinions personnelles. Peu importe lequel des deux destins s’accomplira. Ce qui m’importe, c’est qu’avant que tout ne commence, sur scène et en cercle, l’équipe et moi, nous nous prenons dans les bras et, les yeux humides pleins de vie, nous disons : Axé.
Infos pratiques
durée 2h10
les mercredis à 19h30
déconseillé aux moins de 18 ans
en portugais, surtitré en français
surtitled in English every day